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A quoi servent les SATT ? : l’exemple de Pulsalys Lyon

Créées en 2010 les sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) ont pour but de faciliter la valorisation des connaissances en permettant le dépôt de brevets ou même la création d’entreprises. Sur tout le territoire les 14 SATT Les SATT ont vocation à regrouper l’ensemble des équipes de valorisation des sites universitaires. A Lyon la SATT Pulsalys est, avec celle de Montpellier, l’une des deux SATT à cumuler transfert de compétences et incubation d’entreprises.

Transférer les technologies. « En France nous avons souvent du mal à transformer notre production scientifique alors que tout le monde l’utilise. Nous sommes là pour aider les chercheurs à déposer des brevets, des marques, des logiciels, etc. », remarque Sophie Jullian, la présidente de Pulsalys, une SATT créée en 2013 par l’université de Lyon, le CNRS et la Caisse des dépôts avec une dotation de 57M€ pour dix ans. Ensuite ce sera à la SATT de se financer grâce à un patrimoine de recherche qui doit lui apporter les revenus nécessaires. 2,6 millions ont déjà été générés mais il en faudra au moins 7 pour équilibrer les charges.

50 start up créées. A ce jour Pulsalys a investi 11 M€ dans 105 projets, dont 45% dans la santé, et aider à créer 50 start up (dont 47 sont aujourd’hui toujours actives). NH TherAguix est par exemple une société de biotechnologie qui développe une plateforme technologique de « nanoparticules radio sensibilisantes à administration intraveineuse », comprenez qui se fixent uniquement sur les tissus abimés par la maladie pour permettre un traitement qui épargne les tissus sains. De son côté Arskan propose ses services à travers une plate-forme de réalité virtuelle professionnelle. « L’explosion de la 3D pose des problèmes de bandes passantes que nous aidons à résoudre grâce à une technologie développée au sein du laboratoire lyonnais Liris », explique le fondateur de l’entreprise, Jean-Gabriel Grive. D’autres idées sont encore au stade du projet comme ce test qui permet de prédire les AVC que présente la start up Cardilive à un jury de spécialistes un peu dubitatif…

Une double culture. Une SATT c’est une société privée dont les actionnaires sont publics. « Une double culture importante pour comprendre à la fois le fonctionnement de la recherche publique et les mécanismes d’investissement financier », relève Sophie Jullian, elle-même ingénieur chimiste passé par l’Institut français du pétrole, dont elle était directrice scientifique, et l’Institut de la transition énergétique avant de rejoindre Pulsalys. Tout le souci étant de posséder les compétences nécessaires pour gérer des dossiers dans tous les domaines scientifiques. « Quand une entreprise dépose un brevet elle sait dans quel secteur elle voudra l’employer. Mais une innovation peut avoir beaucoup d’usages différents. A nous de décider quelles utilisations nous privilégions tout en pensant aussi à l’intérêt pour la société toute entière », reprend la directrice. Reste également à décider dans quels pays le brevet doit être déposé.

D’autres structures. Toujours dans l’objectif de développer la recherche ont également été créés des instituts de recherche technologique (IRT) et des pôles de compétitivité. Autant de structures qui ne doivent pas se marcher sur les pieds… « Les SATT sont des généralistes quand les IRT sont des spécialistes d’un seul secteur qui font eux-mêmes de la recherche. Les SATT sont là pour structurer la propriété intellectuelle. Quant aux pôles de compétitivité, ils sont là pour construire des plateformes collaboratives dans un secteur géographique donné », analyse Sophie Jullian.

Un travail avec les acteurs de la Comue. Si elle est encore loin de détenir tous les brevets de la Communauté d’universités et d’établissements (Comue) université de Lyon, Pulsalys n’en travaille pas moins avec tous ses membres, les quatre universités, l’Insa, l’école d’architecture ou encore l’Entpe. « Nous sommes prioritaires pour l’exploitation de tous les brevets qui peuvent être déposés. Ingénieur brevet est un métier que nous professionnalisons pour aider les chercheurs à se concentrer uniquement sur leur métier », conclut Sophie Jullian.

  • Les SATT sont des sociétés par actions simplifiées créées par plusieurs établissements de recherche publics dans le cadre du Programme des Investissements d’Avenir (PIA), au sein de l’action « Valorisation ». 856 M€ ont été affectés à la création des SATT dont une part importante est consacrée à la propriété intellectuelle et à la maturation.
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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