ECOLES DE MANAGEMENT, INTERNATIONAL

« Les diplômés de l’Isit peuvent travailler dans tous les secteurs dans lesquels une expertise multilingue et multiculturelle est très recherchée »

Grande école de « management et communication interculturels », l’ISIT compte aaujourd’hui 1100 étudiants. Sa directrice, Nathalie Gormezano, revient avec nous sur le modèle très particulier d’une Grande Ecole, membre de la CGE, mais qui n’entre dans aucune « case ».

Olivier Rollot : L’ISIT fait partie de la Conférence des grandes écoles mais n’entre dans aucune grande catégorie. Est-ce une école de langue, de management, d’interprétation, de communication ?

Nathalie Gormezano : L’ISIT est la Grande Ecole des carrières internationales et propose un premier cycle de trois ans généraliste avant de choisir entre six spécialisations qui vont du « management interculturel » aux « stratégies internationales et diplomatie » en passant par « juriste linguiste ». Depuis la création de l’école en 1957, la traduction et l’interprétation représentent 10 à 15% des débouchés. Dans toutes les filières l’enseignement est toujours pratiqué en trois langues : la langue maternelle et deux autres qui peuvent ne pas être le français pour nos 200 étudiants étrangers. Si c’est le cas nous demandons à nos étudiants de pratiquer également le français en langue de travail.

Bien parler trois langues, c’est porteur dans tous les domaines et nous sommes reconnus, que ce soit au sein de l’Union européenne que de l’ONU, comme l’une des meilleures écoles multilingues du monde.

O. R : Quels métiers exercent vos diplômés ?

N. G : Parmi nos 200 à 250 diplômés ce sont déjà 25 à 30% qui s’expatrient chaque année tout de suite. En France ou à l’étranger, ils exercent aussi bien les métiers traditionnels de l’interprétation-traduction dans les organisations internationales que les métiers de la communication digitale (où tous les développements s’effectuent en multilingues), du marketing/business ou des ressources humaines. Toutes ces formations s’effectuent en interne. Il n’y a que pour le droit où nous sommes partenaires d’universités – Paris Sud et Paris 2 -, et où nous dispensons seulement la partie multiculturelle.

En résumé, nos diplômés peuvent travailler dans tous les secteurs dans lesquels une expertise multilingue et multiculturelle est très recherchée. Tout le monde parle anglais sans forcément se comprendre. Notre spécialité, c’est de faire en sorte que les gens se comprennent vraiment. Résultat : tous nos diplômés trouvent un travail dans les trois mois qui suivent leur diplomation.

O. R : D’où viennent vos étudiants ?

N. G: Ils intègrent l’école à parité après le bac (55% possèdent un bac S et ES et 45% un bac L) et après une classe préparatoire, littéraire essentiellement. Beaucoup sont d’ailleurs ceux qui intègrent une classe préparatoire en pensant ensuite intégrer l’ISIT. 85% sont des filles et encore plus après le bac, beaucoup de garçons intégrant plutôt après une prépa. Enfin chaque année environ 60%3% de nos étudiants sont boursiers.

O. R : L’ISIT a longtemps été située au centre de Paris. Depuis 2015 elle est installée en proche banlieue, à Arcueil. Qu’est-ce que vous a apporté ce déménagement ?

N. G: A Paris nous étions installés sur plusieurs bâtiments alors qu’à Arcueil nous sommes dans un seul bâtiment de 5000 m2. Nous conservons juste 300 m2 à Paris qui sont en voie de rénovation et serviront d’espaces de co-working. Aujourd’hui nous possédons des espaces adaptés à notre pédagogie. Que ce soient des espaces de co-working à réserver ou des salles équipées qui permettent de faire délivrer des cours par des professeurs à l’étranger. Des salles dans lesquelles il est possible de recourir au service d’interprètes pour permettre à nos professeurs étrangers de délivrer leur enseignement dans leur langue. Ce qui est souvent plus efficace ! Nous pouvons ainsi délivrer un enseignement de droit ou de communication dans une première langue alors que les travaux sont toujours à rendre dans une autre. Le multilinguisme de l’ISIT est unique au monde !

O. R : Vos étudiants sont trilingues mais aussi créateurs d’entreprise. Comment expliquez-vous le tropisme entrepreneurial de vos étudiants ?

N. G: C’est une spécificité historique de l’école. 10% de nos diplômés montent chaque année une entreprise et notre Junior entreprise fait partie des 30 meilleures françaises. Je l’explique par leur esprit créatif, international, leur bonne écoute des besoins et du contexte. Sans que ce soit toujours forcément lié aux langues d’ailleurs puisque, dans leurs dernières créations d’entreprise, on compte aussi bien une application pour scanner les tickets de caisse qu’une bourse d’échanges de plats cuisinés…

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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