ECOLE D’INGÉNIEURS, EMPLOI / SOCIETE

Fête de la science : comment les femmes s’orientent dans les études scientifiques

Réalisée par le cabinet Global Contact pour Orange à l’occasion de la Fête de la science, l’étude «Mutationnelles» s’intéresse à la place des femmes dans les filières scientifiques et techniques. Son constat: le déclin du nombre de jeunes filles qui s’orientent vers les études scientifiques et techniques a enfin été stoppé. Sur les trois dernières années, le nombre d’élèves et d’étudiantes dans les filières scientifiques et techniques a même augmenté de 2009 à 2011. Pour autant, les choix d’orientation n’en restent pas moins très sexués et expliquent la faible représentation des femmes dans beaucoup de filières techniques qui résistent très bien à la crise : alors que le marché de l’emploi perd 2% entre 2008 et 2012 en Europe, les créations d’emplois dans les sciences et technologies ont progressé de 10% dans la même période en France.

Des choix d’orientation toujours stéréotypés

«Malgré ces chiffres encourageants, les femmes restent minoritaires dans les formations scientifiques et techniques (34%), et s’orientent de plus en plus vers des métiers considérés comme plus féminins», regrette Claudine Schmuck, auteure de l’étude. Et même lorsqu’elles choisissent une filière scientifique ou technique, les femmes ne s’orientent que minoritairement vers les secteurs réellement porteurs. «Ces choix s’avèrent pénalisants à la fois au regard de leur employabilité et au niveau des écarts de rémunération. Par exemple, l’agronomie et la chimie continuent à attirer les femmes (elles représentent près de la moitié des effectifs de jeunes diplômés) bien que ces secteurs connaissent un taux de chômage de 8% et que ces secteurs sont ceux où les écarts de salaires hommes/femmes sont les plus élevés en 2013, dépassant 50%», explique encore Claudine Schmuck.

Un phénomène mondial puisqu’avec près de 18% de filles dans l’ensemble des filières scientifiques et techniques en 2011, soit une augmentation de 2,5% depuis 2009, la France se place au premier rang des pays occidentaux. En Allemagne comme dans l’Union européenne, la moyenne de filles est en effet seulement de 14% (et seulement de 9% aux États-Unis).

Les filières qui attirent les filles

Les clivages garçons-filles restent très prononcés au lycée. Elles représentent ainsi moins de 15% des effectifs de l’option science de d’ingénieur et 38% en maths mais… 60% dans l’option Science et Vie de la Terre. Logiquement elles sont donc largement majoritaires dans les DUT génie biologique (66%) ou chimie (54%) mais seulement 7% en génie mécanique et productique. Même observation en STS où elles occupent 90% des places en habillement pour seulement 6% dans les spécialités mécanique ou électricité.

Dans les filières générales à l’université, où elles représentent plus de 56% des effectifs, elles sont 74% en langues et un peu moins de 29% en sciences fondamentales et application.

Si les effectifs sont relativement équilibrés dans les écoles de management, chez les ingénieurs elles sont largement majoritaires en agronomie (66%) pour seulement 13% en automatique et électricité.

Depuis quarante ans, les orientations suivies par les femmes dans les écoles d’ingénieurs sont de plus en plus « sexuées ». En l985 l’informatique, de même que la filière généraliste attiraient une proportion de femmes significative, puisqu’elles représentaient dans chaque cas environ 18% des effectifs. « Une progression cassée brusquement depuis les années 90, années depuis lesquelles réapparaît le même type de clivage que celui observé ailleurs, entre les filières où les femmes deviennent majoritaires et celles où elles représentent moins de 30% des effectifs », explique l’étude.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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