GEM mise sur sa pédagogie expérientielle

by Olivier Rollot

Alors que les écoles de management repensent leurs modèles pédagogiques face aux mutations économiques et environnementales, GEM revendique plus que jamais la grande orientation de son plan stratégique EAGLE 2030  : apprendre par et sur le terrain. « Nos étudiants sortent des campus, vont à la rencontre des entreprises, en 2026 ce seront l’ensemble de nos 5 000 étudiants qui participeront à des séances de formation hors du campus contre 1 200 cette année », promet le directeur pédagogique de GEM, Philippe Monin pour la rentrée 2026. « L’immersion c’est de faire du monde notre campus », résume Fouziya Bouzerda, la directrice générale de GEM qui plutôt que de monter des verticales différentes en mode « school of » qu’on retrouve de plus en plus dans les écoles de management, entend « aller plus loin sur les dynamiques d’hybridation ».

Une pédagogie hors les murs. Au cœur de son plan stratégique, GEM revendique une « révolution pédagogique » fondée sur une nouvelle répartition du temps d’apprentissage : 60% en milieu académique, 20% dans un environnement artificiel et numérique et 20 % en milieu naturel, au contact du terrain. « Cette pédagogie immersive s’est déjà traduite par des dizaines d’expériences concrètes. Des étudiants ont ainsi travaillé avec l’Association nationale d’étude de la neige et des avalanches, exploré en réalité virtuelle la topographie de stations de montagne, mené des exercices de terrain à Chamrousse ou encore réfléchi, avec Poma, à la diversification du modèle économique de l’entreprise. À chaque fois, l’école cherche à articuler immersion, analyse et formalisation académique », définit Philippe Monin.

L’école veut ainsi sortir les étudiants du campus, les confronter aux entreprises, aux associations, aux salons professionnels et aux grands événements scientifiques de Grenoble et de Paris. Une manière, selon Fouziya Bouzerda, de « renforcer l’engagement et la mémorisation, tout en reconnectant les apprentissages aux réalités économiques et sociales ».

L’IA et la réalité virtuelle entrent dans le quotidien. L’autre pilier de la transformation de GEM est technologique. GEM a par exemple généralisé l’usage de Copilot auprès de ses collaborateurs et de ses étudiants, tout en multipliant les expérimentations pédagogiques liées à l’intelligence artificielle. L’école a inauguré en janvier 2026 son XR Lab, équipé de 24 casques, et y a déjà enregistré environ 2 000 passages sur une cinquantaine de scénarios.

Parmi les usages mis en avant figurent les simulations d’entretiens d’embauche, de négociation ou d’apprentissage des langues, avec retours instantanés sur le langage, les arguments et la posture. Des assistants conversationnels ont aussi été développés pour orienter les étudiants, tandis que des outils permettent désormais de générer automatiquement des QCM à partir des supports de cours.

Au-delà de la pédagogie, l’école teste aussi des agents IA pour cartographier les compétences traitées dans ses programmes, notamment en matière d’intelligence artificielle et bientôt de RSE, ou encore pour accompagner l’orientation et la préparation à certains métiers.

Des étudiants dans le XR Lab de GEM

Géopolitique, énergie et transition au cœur du projet. GEM entend également réaffirmer plusieurs marqueurs académiques. L’école a relancé son ambition en géopolitique avec les premières « Géopolitiques de Grenoble », organisées avec l’IRIS, et avec l’accueil d’un cycle jeune IHEDN réunissant 72 participants sélectionnés sur 400 candidatures.

Autre axe majeur : la transition énergétique et territoriale. L’école a lancé son Institut de l’énergie, dirigé par Karine Safa, avec le soutien de partenaires comme Engie. Cet institut a vocation à renforcer la recherche, la visibilité internationale et l’irrigation des programmes autour des enjeux de souveraineté énergétique. Deux autres instituts sont en préparation, l’un autour des transitions en milieu de montagne, l’autre autour du futur du travail.

Une école ancrée dans son écosystème. GEM continue de faire de Grenoble un argument distinctif. L’école rappelle son insertion dans un écosystème scientifique et industriel de rang mondial, au sein duquel elle revendique un rôle actif, notamment via Giant et le High Level Forum. Cette proximité avec les acteurs de l’innovation nourrit directement sa pédagogie, ses partenariats et son discours de marque.

L’univers de la montagne et du sport reste également un terrain fort d’expression. L’école met en avant son GEM Altigliss Challenge, ses partenariats sportifs, ses étudiants de haut niveau et son implication potentielle autour des futurs Jeux olympiques d’hiver.

L’international change d’échelle. Sur le front international, GEM annonce une accélération nette. Deux ouvertures sont prévues en septembre 2026 : un hub à Londres et un nouveau campus à Dubaï, dans Academic City, avec une offre complète allant du bachelor au MBA. L’école prévoit aussi une expansion en Chine en 2026-2027 et une nouvelle structure au Canada en 2027.

Parallèlement, elle renforce ses alliances académiques avec des institutions comme le MIT, Oxford, Stanford, Sungkyunkwan University ou encore Florida Southern College. « Ces partenariats visent à développer les doubles diplômes, les échanges et des modules immersifs, notamment autour de la deeptech, de l’entrepreneuriat et du sport de haut niveau », confie Dana Brown, directrice des partenariats internationaux et entreprises

Une école en recomposition rapide. À Paris, le campus inauguré en 2023 poursuit sa montée en charge, avec 1 800 étudiants aujourd’hui contre 600 à l’ouverture. L’école y lancera dès la rentrée de nouveaux programmes internationaux, dont un cursus post-bac en quatre ans et des foundation programmes destinés à préparer des étudiants internationaux avant leur entrée dans les diplômes principaux.

GEM s’apprête à engager, dès la fin des oraux de juillet, un vaste chantier de réaménagement de son campus. Cafétéria, espaces étudiants et rez-de-chaussée doivent être restructurés en seulement deux mois, avec un investissement de plusieurs millions d’euros. L’objectif est d’améliorer l’expérience sur site et adapter les lieux à un nouveau modèle pédagogique, plus ouvert, plus fluide et moins centré sur la salle de cours classique.

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