À quelques pas de La Défense, le nouveau Campus du parc du Pôle Léonard de Vinci (EMLV, ESILV, IIM et de Vinci Executive Education) s’apprête à ouvrir ses portes en septembre 2026. « Nous déménageons du parvis de La Défense pour venir ici dans ce parc et sous le soleil », explique Martin Coriat, le directeur général du groupe, soulignant le contraste entre l’ancien cadre minéral et le nouveau cadre paysager. Un investissement de 116 millions d’euros en crédit-bail sur 20 ans pour le groupe.
Une histoire architecturale qui remonte aux années 1960. Pour comprendre l’origine du projet, l’architecte Francesco Marinelli, fondateur de l’agence It’s, remonte plusieurs décennies en arrière. L’histoire du site débute dans les années 1960 avec l’ambition de créer une « cité culturelle » réunissant différents équipements artistiques et éducatifs. L’école d’architecture construite dans les années 1970 constitue le cœur de cet héritage. Conçue comme un lieu pédagogique ouvert, elle reposait sur une vision alors novatrice d’espaces flexibles favorisant les rencontres. « L’idée, c’était de créer une cité culturelle entourée par des résidences et des équipements d’enseignement », rappelle l’architecte.
Après le départ de l’école en 2004, le bâtiment reste à l’abandon pendant plus de vingt ans. Sa renaissance débute en 2018 lorsque la Métropole du Grand Paris lance un concours international visant à réinventer plusieurs sites stratégiques. Le projet actuel est retenu l’année suivante.

Martin Coriat, directeur général du Pôle Léonard de Vinci, présente son nouveau campus.
Réhabiliter plutôt que reconstruire : un choix environnemental fort. Face à un bâtiment vieillissant et contraint par des dimensions techniques limitées, les équipes choisissent de miser sur la transformation plutôt que la démolition. « Nous avons conservé les 14 % de surface existante et 60 % de la volumétrie », explique Francesco Marinelli. Une stratégie qui répond à un enjeu environnemental majeur : réduire l’empreinte carbone liée à la construction.
Construit par Eiffage, le projet s’appuie sur une architecture mêlant différents matériaux selon leurs propriétés : béton pour l’inertie thermique, acier pour la flexibilité et structures légères pour limiter l’impact sur les fondations. Cette approche permet de créer des espaces modulables capables d’évoluer avec les besoins pédagogiques.
Le lien avec la nature constitue également un fil conducteur. Terrasses végétalisées, continuités paysagères et matériaux réfléchissants ont été conçus pour intégrer visuellement le bâtiment dans son environnement. « Nous avons vraiment voulu renforcer cette relation avec le parc tout autour », insiste l’architecte. Le bâtiment intègre des panneaux photovoltaïques permettant de couvrir une partie de ses besoins en électricité.
Un campus pensé pour accompagner les mutations pédagogiques. Au-delà de la dimension architecturale, le campus se veut un outil pédagogique adaptable. Au centre du dispositif se trouve une agora reliant les principaux espaces : amphithéâtres, learning center, installations sportives et lieux de vie. Ce cœur central illustre l’évolution des modes d’apprentissage. « C’est vraiment un lieu hybride qui facilite les rencontres », souligne Francesco Marinelli. Les espaces sont conçus pour accueillir des formats pédagogiques variés, allant des cours magistraux aux projets collaboratifs.
La modularité des salles permet notamment de regrouper plusieurs espaces pour accueillir des groupes plus importants. Au total, le campus comptera jusqu’à 87 salles d’enseignement, dont certaines pourront être transformées selon les besoins, et deux amphithéâtres de 300 et 200 places.
Un investissement majeur pour accompagner la croissance des écoles. Le projet représente un investissement de 116 millions d’euros et vise à accueillir environ 4 500 étudiants sur une surface utile de 18 000 m². « C’est un campus qui reflète surtout le projet du pôle. Le site incarne également une volonté de transversalité entre disciplines. Ingénieurs, managers et spécialistes du numérique partageront les mêmes espaces, favorisant ainsi des expériences communes autour des activités sportives, associatives ou académiques », explique Martin Coriat. L’objectif est d’accompagner la croissance des différentes écoles tout en anticipant les évolutions technologiques et pédagogiques.
Situé entre la ville de Nanterre, l’université voisine et le quartier d’affaires de La Défense, le campus bénéficie d’un environnement particulièrement dense. « C’est un grand centre d’enseignement supérieur, c’est 70 000 étudiants », rappelle Martin Coriat, soulignant la proximité avec les grandes entreprises implantées à La Défense. Cette localisation doit favoriser les interactions entre étudiants, enseignants et acteurs économiques.
Un campus conçu comme un lieu de vie autant qu’un lieu d’apprentissage. Au-delà des salles de cours, l’accent est mis sur l’expérience étudiante. Espaces associatifs, installations sportives, lieux de travail collaboratif et technologies immersives participent à créer un environnement complet. Le futur campus accueillera notamment une « tech room », espace dédié aux infrastructures technologiques et aux laboratoires. « L’innovation a été pensée vraiment au cœur de la construction même de ce bâtiment », insiste Martin Coriat.
La livraison du campus est prévue pour la rentrée de septembre 2026. À cette échéance, les étudiants quitteront progressivement les sites historiques du groupe pour rejoindre ce nouvel environnement.
- Le Pôle Léonard de Vinci comptera quatre campus en région parisienne : le Campus du Parc, leCampus des Terrasses, le Campus de l’Arche (formation continue etexecutive education) et le Campus Cyber sur lequel le Pôle occupe 400 m2.