ECOLE D’INGÉNIEURS

Grade licence : la CTI va évaluer 38 bachelors

La Commission des titres d’ingénieurs (CTI) n’en attendait pas tant. Le processus d’évaluation des diplômes d’établissement de bachelor des écoles d’ingénieurs, en vue de l’attribution du grade de licence, lancé en mai 2020 connaît un véritable engouement. 26 écoles, dont 3 publiques, ont déposé une demande à la date limite du 15 juin. « Le grade de licence va ainsi garantir aux écoles la reconnaissance de ces diplômes de Bachelor en France et à l’étranger. Cette nouvelle procédure d’évaluation représente une garantie pour les étudiants et leurs familles quant à la qualité des formations suivies, ainsi que pour les employeurs et les établissements d’enseignement supérieur », établit la présidente de la CTI et directrice de l’Ensta ParisTech, Elisabeth Crépon.

38 formations issues de 23 écoles. À l’issue des deux premières commission de sélection, 38 formations issues de 23 écoles ont été déclarées éligibles (3 formations de 3 écoles étaient déclarées non-éligibles en raison essentiellement d’un cursus non conforme car structuré sur une seule année). Le bachelor de l’Ecole polytechnique n’est pas concerné car il délivre déjà le grade de licence.

Quatre grands thèmes dominent parmi les dossiers déposés : l’informatique (la moitié des dossiers), la construction, l’agriculture, et l’environnement. Trois projets concernant des bachelor avec une forte connotation « management », une concertation avec la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion (CEFDG) est programmée à la rentrée.

23 écoles (37 formations concernées) vont maintenant devoir déposer un dossier complet pour le 1er septembre 2020 en vue d’une procédure d’évaluation qui se déroulera en septembre et octobre, pour une présentation des dossiers en séance plénière le 18 novembre 2020 (le 38ème dossier déclaré éligible concerne la campagne d’évaluation suivante, 2021-2022).

Le référentiel s’appuie sur l’arrêté du 27 janvier 2020 sur les grades universitaires mais aussi sur le référentiel R&O habituellement réservé à l’évaluation des écoles d’ingénieurs par la CTI. Les six champs d’évaluation du référentiel sont :

  • Mission et organisation (formation/école /établissement). L’école veille à proposer les moyens nécessaires et adaptés pour assurer la formation dans de bonnes conditions. Sont alors évalués le nombre d’enseignants-chercheurs et personnels administratifs et techniques dédiés au Bachelor, les locaux et moyens matériels proposés, etc.
  • Ouvertures et partenariats. L’ouverture sur l’extérieur est une dimension fondamentale qui permet à l’école d’accomplir ses missions avec qualité. Cela passe par la création de synergies via un réseau fort de partenaires académiques et entreprises. Pour participer au développement de l’attractivité et du rayonnement des territoires aux niveaux local et régional, l’établissement développe des synergies avec ses partenaires, notamment par l’inscription dans une politique de site.
  • Contenu de la formation Bachelor. En-dehors des critères fondamentaux (six semestres organisés en UE et validés par un total de 180 crédits ECTS ; un volume d’heures de formation encadrées (face à face pédagogique) inférieur à 2000 heures ; des périodes en entreprises via des stages (minimum de 22 semaines cumulées) ou un contrat en apprentissage), le cursus inclut également une initiation à la recherche et une ouverture à l’innovation et l’entrepreneuriat.
  • La maîtrise des langues est également essentielle (niveau B2 en langue anglaise souhaité) et l’ouverture à l’international largement encouragée tant dans l’accueil d’étudiants étrangers que la mobilité des élèves français. Les écoles sont fortement incitées à rendre obligatoire une expérience à l’étranger dans le cadre de la scolarité d’au moins 4 semaines consécutives.
  • La vie étudiante, notamment dans ses dimensions associatives, citoyennes, sportives et culturelles, est un élément fondamental pour la réalisation des objectifs de formation et y contribue. Afin de favoriser la promotion sociale et d’assurer l’accès aux formations de Bachelor, les écoles ont mis en place des dispositifs pour renforcer la mixité sociale.
  • Recrutement des élèves en Bachelor. Il a vocation à s’effectuer post-Bac via la plateforme Parcoursup pour les recrutements des étudiants et apprentis. Les recrutements peuvent avoir lieu sur concours après Baccalauréat. Ils peuvent aussi se faire sur dossier avec éventuellement des épreuves complémentaires. Des recrutements en 2e année (Bac +1 ou Bac+2) et en 3e année de façon limitée (au maximum un quart de la promotion), sont également possibles.
  • Emploi des diplômés de Bachelor. L’insertion des jeunes diplômés doit être évaluée pour s’assurer de l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. L’école doit assurer un accompagnement des étudiants et jeunes diplômés dans leur professionnalisation.
  • Démarche qualité et amélioration continue. L’école a une exigence de qualité et d’amélioration continue dans la réalisation et les résultats de ces différentes activités. Elle veille tout particulièrement à la transparence de ses processus et à la mise en œuvre de sa stratégie en matière de développement durable.

Le calendrier de la campagne 2020 :

  • Mi-mai 2020 : Appel à « Lettre d’intention » auprès des écoles.
    15 juin 2020 : Date limite de soumission des « Lettres d’intention » par les écoles.
  • Fin juin 2020 : Réponse aux écoles sur la recevabilité des projets.
  • 1er septembre 2020 : Dépôt d’un dossier d’auto-évaluation par les écoles sur les conformités de la formation avec le référentiel Bachelor de la CTI.
  • -oct. 2020 : Evaluation des formations
  • Novembre 2020 : Délibération en séance plénière et avis de la CTI / Passage au Cneser / Décision et notification des résultats aux écoles
  • Décembre 2020 : Inscription des formations dans Parcoursup
  • Rentrée 2021 : Ouverture des formations
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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