UNIVERSITES

« Grenoble IAE a tout pour être demain la Graduate School of Management publique au cœur d’une grande université internationale »

Grenoble IAE, c’est 2000 étudiants, 22000 diplômés depuis sa création en 1956, 71 professeurs permanents et l’adossement à une unité mixte de recherche CNRS, le Cerag. Les instituts d’administration des entreprises, ce sont les écoles de management des universités. Christian Defélix, son directeur, revient sur les spécificités de son IAE.

Christian Defélix

Olivier Rollot : Qu’est-ce qui différencie votre IAE des autres ?

Christian Defélix: Sans doute d’abord une forte recherche appliquée, avec un adossement à l’un des rares laboratoires CNRS spécifiquement dédiés au management, le CERAG, qui accueille pas moins de 90 doctorants. Les enseignants-chercheurs de Grenoble IAE sont de très forts contributeurs de ce centre et de ses 5 axes spécialisés. Sur notre site, nous présentons chaque mois des éléments de recherche de nos professeurs pour valoriser leur travail.

Ensuite, la forte inclinaison internationale, avec des programmes de formation de cadres délocalisés en Chine, au Brésil, en Russie ou en Indonésie. En 2016, nous instituerons un semestre obligatoire à l’étranger pour tous nos étudiants.

Enfin, un très fort travail avec l’éco-système grenoblois, au sein duquel nous formons chaque année par exemple 130 ingénieurs en double-diplôme, et dont nous aidons les initiatives telles que pôles de compétitivité ou French Tech. Aujourd’hui, notre préoccupation est moins de chercher à tout prix à recruter que de préserver la diversité sociale qui est au cœur du modèle des IAE, et de connecter les talents pour susciter l’innovation, qui caractérise Grenoble.

O. R : La formation des ingénieurs au management reste le point fort des IAE ?

C. D : C’était et c’est encore une des belles valeurs ajoutées des IAE ! C’est un vrai élément qualitatif : à Grenoble IAE, ingénieurs déjà diplômés et élèves-ingénieurs en cours de cursus rejoignent non seulement le MAE – master d’administration des entreprises – mais aussi certains de nos masters 2 spécialisés : finance quantitative, systèmes d’information…

Nous cherchons aussi à connecter ces ingénieurs aux autres profils via des projets tels que « IAE Transfert », qui mettent nos étudiants en situation de travailler pour des entreprises.

En outre, aujourd’hui notre objectif est de ne pas envoyer trop vite nos étudiants dans un « tube » conduisant aux masters 2 spécialisés, qui constituent l’essentiel de nos 900 diplômés annuels. Tout en conservant ce point fort (leur insertion professionnelle est en effet très bonne), nous voulons ouvrir aujourd’hui plus de possibilités d’acquérir d’autres compétences en amont de ces M2, car les recruteurs veulent des collaborateurs à la fois spécialisés et ouverts aux problématiques des autres. Nous souhaitons ainsi développer chez nos diplômés une attitude « 3 C » : créative, collaborative, concernée.

O. R : Vous vous définissez comme des concurrents des grandes écoles de management ou comme des compléments ?

C. D : Les écoles publiques de management ont beau ne pas être classées dans la même catégorie que les ESC, elles ont les mêmes débouchés et permettent d’atteindre les mêmes objectifs avec des frais de scolarité très réduits. Dans leurs territoires respectifs, IAE et ESC peuvent néanmoins organiser de belles complémentarités. A Grenoble, nous discutons beaucoup avec Grenoble Ecole de Management : nous sommes concurrents sur certains segments, mais nous souhaitons développer des synergies, comme par exemple dans la formation continue des professeurs ou le service de notre écosystème.

Notre site universitaire à Grenoble est d’une très grande richesse académique, tout en étant dans une des villes les plus attractives de France aux yeux des étudiants. Dans ce contexte, Grenoble IAE a tout pour être demain la Graduate School of Management publique au cœur d’une grande université internationale, apte à connecter les talents pour susciter l’innovation.

Pour résumer notre esprit : nous avons la même insertion professionnelle que les grandes écoles, nous avons des locaux de qualité, nous sommes socialement accessibles, et demain nous serons encore plus ouverts à l’international. Nous venons d’ailleurs d’adhérer à l’AACSB comme à l’EFMD pour cheminer vers les accréditations internationales. Nous avons certes moins de moyens que les grandes écoles privées, mais je demande justement le droit à « l’innovation frugale ». Aujourd’hui il faut faire mieux avec moins, et les IAE sont un modèle d’efficience !

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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