Isabelle Huault, directrice générale de emlyon BS, accueille les professeurs de classes préparatoires de l’APHEC
Réunie en congrès annuel sur le nouveau campus de emlyon business school à Gerland, l’Association des Professeurs des Classes Préparatoires Économiques et Commerciales (APHEC) a dressé un bilan contrasté de la filière pour l’année 2026. Entre stabilisation conjoncturelle des effectifs et fractures géographiques, la filière reste face à des inquiétudes majeures, notamment en raison du choc démographique attendu à l’horizon 2030. L’événement a mis en lumière l’engagement réaffirmé de emlyon bs pour préserver ce continuum d’excellence.
Un bilan annuel contrasté : stabilisation des flux et disparités territoriales. L’analyse des effectifs présentée par le président de l’APHEC, Alain Joyeux, révèle une situation en trompe-l’œil. Après une hausse de 8,3 % à la rentrée 2024, la rentrée 2025 affiche une baisse de 5 % en voie économique et commerciale générale (ECG), partiellement compensée par une hausse de 6 % en voie technologique (ECT). Sur vingt ans, la filière progresse globalement de 24,3 % et la campagne Parcoursup témoigne d’un intérêt persistant des lycéens (plus de 3 000 candidats supplémentaires toutes voies confondues).
Cependant, derrière cette stabilité se cache une polarisation géographique accrue. « Les grands centres urbains maintiennent des taux de remplissage optimaux, tandis que les classes préparatoires situées dans les villes moyennes peinent à recruter. Cette situation fait peser un risque direct de fermetures de sections par les rectorats, menaçant le maillage territorial historique de la filière et son rôle d’ascenseur social », établit Alain Joyeux.
Les inquiétudes sur l’avenir : concentration des vœux et choc démographique. Le congrès a permis de formaliser plusieurs motifs d’inquiétude quant à la pérennité du modèle actuel. Le premier est la concentration des vœux des étudiants sur un nombre restreint d’écoles du haut de tableau. L’APHEC alerte sur le fait que de nombreux préparationnaires, influencés par le classement SIGEM, refusent d’intégrer des institutions pourtant prestigieuses en choisissant de redoubler ou de quitter la filière, menaçant la diversité de l’écosystème.
De plus, l’inscription de cette situation dans le temps long impose une préoccupation majeure : le choc démographique des années 2028-2030. Le recul de la natalité amorcé au milieu de la décennie 2010 va mécaniquement contracter le bassin de recrutement de l’enseignement supérieur.
L’ENGAGEMENT « INDEFECTIBLE » D’EMLYON BUSINESS SCHOOL EN FAVEUR DES CPGE
Face à ces mutations systémiques, emlyon business school a choisi le cadre de ce congrès pour réaffirmer son soutien institutionnel à la filière. Isabelle Huault, directrice générale de l’école, a insisté sur le fait que le recrutement issu des classes préparatoires « constituait la colonne vertébrale du Programme Grande École (PGE) », qui accueille actuellement quelque 650 étudiants issus de plus de 170 classes préparatoires différentes. L’établissement défend ce continuum académique fondé sur l’exigence méthodologique, l’esprit critique et l’adossement à la recherche.
Pour pérenniser ce vivier, emlyon bs déploie deux leviers majeurs à court et moyen terme :
- La justice sociale : En tant que société à mission, l’école étend dès la rentrée 2026 la gratuité totale des droits de scolarité aux étudiants boursiers des échelons 4 à 7 (dispositif jusqu’alors réservé au seul échelon 7), afin de lever les barrières financières.
- La modernisation des concours (horizon 2028) : L’école introduira une épreuve quantitative logico-mathématique adaptée aux enjeux de l’intelligence artificielle (Tech School) et refondra l’épreuve de personnalité pour y intégrer une phase collective évaluant l’aptitude au travail collaboratif.
Par cette posture claire, l’institution lyonnaise confirme que « l’excellence académique portée par les CPGE demeure un actif stratégique non négociable pour les Grandes Écoles françaises ».