ECOLES DE MANAGEMENT

« Neoma propose un enseignement à la fois hybride et flexible »

C’est une rentrée en plusieurs épisodes que vivent cette année les étudiants de Neoma.  Pour autant l’école privilégie le présentiel et préserve également les séjours à l’international pour ses étudiants. Delphine Manceau, la directrice générale de Neoma BS, nous explique comment.

Olivier Rollot : Comme tout l’enseignement supérieur, Neoma a vécu au printemps quelques mois entièrement à distance. Comment se profile aujourd’hui la rentrée ?

Delphine Manceau : Neoma propose un enseignement à la fois hybride et flexible, adaptable à l’évolution de la situation sanitaire. Il sera construit autour de 60% de cours en présentiel et 40% en distanciel. S’adapter tout en conservant le présentiel, c’est le choix de la plupart des écoles de management françaises face à des business schools nord-américaines qui font souvent le choix de rester en tout à distance.

Selon une enquête que nous avons menée auprès de nos étudiants après la période de confinement, ils se sont déclarés satisfaits à 75% des cours intégralement à distance mis en place, mais regrettent à 60% qu’il n’y ait pas plus d’interactions. Cette période a montré tout ce que l’enseignement à distance pouvait apporter mais également tout ce qui manquait. Le distanciel et le présentiel ne sont pas des substituts, chacun doit nourrir l’autre ! Et sans oublier toute la vie étudiante à côté des cours, avec certaines questions épineuses comme comment rendre la vie associative active avec les contraintes sanitaires.

Nous avons travaillé à la préparation de cette rentrée hybride tout l’été sans fermer au mois d’août. Pour laisser le temps aux nouveaux étudiants issus de classes préparatoires de s’installer après des choix SIGEM qui n’ont eu lieu que le 12 août, la rentrée des étudiants de première année du programme Grande école (PGE) aura lieu le 21 septembre. Mais elle se fera bien sur nos campus, en présentiel !

Les dates de rentrée varient selon les programmes

O. R : Pour certains c’est la rentrée qui importe. Pour d’autres c’est au contraire la fin de leur cursus. Vos diplômés sont inquiets pour leur futur emploi. Comment les soutenez-vous ?

D. M : Tous nos services sont fortement mobilisés avec, au premier chef, le service Talents et Carrières. Tous travaillent activement avec les entreprises qui ont repris leurs recrutements. Nous avons également participé à l’EFMD Job Fair virtuelle où il y a eu beaucoup d’affluence tant du côté des jeunes diplômés que des entreprises. On assiste aussi à un rebond réel des embauches en stages et en apprentissage.

O. R : Quel bilan financier pouvez-vous déjà tirer de cette crise pour Neoma?

D. M : L’année 2019-20 présente un bilan neutre avec moins de coûts de déplacements et des annulations d’événements qui compensent la réduction du chiffre d’affaires de formation continue. Pour 2020-21, la grande incertitude était la présence ou non des étudiants internationaux. Les chiffres d’inscription au jour d’aujourd’hui sont rassurants, mais nous attendons de voir s’ils vont réussir à venir en France ou commencer leurs cours à distance avant de nous rejoindre. Nous avons aussi lancé il y a quelques jours notre campus virtuel qui permettra de leur proposer des cours mais aussi toutes sortes d’activités étudiantes à distance. En effet, pour ceux qui n’arrivent pas à venir tout de suite, nous leur proposons soit de commencer leur cursus en ligne puis de nous rejoindre plus tard, soit de démarrer leur programme lors d’une seconde rentrée prévue en janvier 2021. Selon le Times Higher Education, un rebond des inscriptions d’étudiants internationaux aura lieu en 2021 après un report de leurs projets d’études à l’international.

Choisir d’intégrer une Grande école nous semble en tout cas une garantie pour l’avenir. En période de crise, les valeurs refuge et les écoles reconnues sont d’autant plus demandées.

O. R : En cette rentrée Neoma réforme son Programme Grande Ecole (PGE). Quels en sont les grands axes ?

D. M : Devenir acteur du monde de demain, se préparer aux nouveaux métiers qui n’existent pas encore, réussir la transition durable : nous articulons cette réforme autour de ces trois axes,devenus encore plus importants après ce que venons de vivre. Ils vont irriguer le programme avec des séminaires et de nouveaux cours. Chaque thématique sera introduite par un séminaire qui permettra aux étudiants de commencer à structurer leur réflexion sur ces sujets complexes. Ensuite, des cours et des conférences animées par des experts viendront compléter ce dispositif.

Autre axe nouveau : le recours au « peer learning ». Cela se fait naturellement de demander des conseils autour de soi quand on est étudiant. Nous voulons aller plus loin en stimulant et en formalisant le processus. Nous voulons créer des paires d’étudiants avec un apprenant et un mentor, accompagnés par l’enseignant. Par exemple les élèves issus de prépas technologiques peuvent aider les autres étudiants pour les cours de comptabilité. Les ECE l’économie, les ECS les statistiques. Nous capitalisons sur la grande variété de nos étudiants !

O. R : Qu’en est-il de vos autres programmes ?

D. M : Les bachelors que nous proposons dans le cadre du concours Sesame (CESEM et GBBA) ont connu un vif succès dans Parcoursup. C’est la confirmation de la forte attractivité de NEOMA à tous les niveaux. Même chose pour le programme TEMA qui réussit cette année son entrée dans Sésame et attire des étudiants de toute la France.

O. R. Justement, à propos de TEMA, les formations hybrides ont le vent en poupe. Pouvez-vous nous définir comment TEMA forme des profils hybrides en sciences et management ?

D. M : TEMA est un programme post-bac en 5 ans tout à fait unique. Son nom vient de l’association entre TEchnologie et MAnagement, puis il a évolué vers la triple compétence autour du management, du digital et de la créativité. TEMA inclut un semestre d’échange hors management, en deuxième année, dédié à la tech ou à la créativité, qui favorise la fertilisation croisée et développe l’habitude des étudiants à travailler avec des spécialistes de ces domaines. Ils peuvent par exemple passer un semestre au sein de l’Epitech, de l’Université de Technologie de Troyes (UTT), de l’ESIGELEC ou du CESI pour les technologies et l’ingénierie, ou alors au sein de l’ESADHaR (Ecole Supérieure d’Art et Design Le Havre-Rouen), à ESMOD ou à l’Ecole de design de Y schools pour un échange plus orienté créativité.

En 5ème année, dans le même esprit, deux double diplômes sont proposés au sein du Mastère Spécialisé « Technologie & Management » de Centrale Supélec ou du programme « Innovation & Entrepreneurship » de l’Université de Technologie de Troyes (UTT) sur son campus de Shanghai.

Autre particularité de TEMA : la pédagogie très innovante et orientée projets, ce qui favorise justement les compétences hybrides.

O. R : Covid-19 ou pas, l’internationalisation reste d’actualité à Neoma. Vos étudiants du programme Grande école (PGE) pourront-ils partir à l’étranger à la prochaine rentrée ?

D. M : Alors que beaucoup d’écoles ont renoncé aux départs à l’international au prochain semestre, 500 étudiants de Neoma pourront quand même partir à l’étranger à la rentrée. Essentiellement en Europe, où nous avons élargi les possibilités avec plus de 120 nouvelles places, mais aussi en Asie dans certains pays qui restent ouverts.

O. R : Vous ne comptez pas ouvrir de campus à l’étranger. Cette immersion internationale dans des établissements partenaires de premier plan est plus que jamais votre modèle ?

D. M : Oui. Avoir plus de 330 partenaires dans le monde nous donne beaucoup de souplesse et d’agilité en fonction des situations locales. On le voit bien dans les circonstances particulières de cette année : nous pouvons élargir notre nombre de places dans les pays qui accueillent les étudiants internationaux pour compenser la fermeture d’autres pays.

Nous voulons aller au bout de ce modèle immersif en nous appuyant sur les partenaires prestigieux que permet notre triple accréditation internationale. Par ailleurs, nos accords avec des lycées français d’excellence en Chine sont toujours d’actualité. Les étudiants s’organisent pour nous rejoindre. Et même s’ils arrivaient quelques semaines plus tard que prévu, cela n’est pas très grave dans le cadre d’un programme qui dure quatre ans.

O. R : Cette année, vous proposez même quatre nouveaux parcours internationaux.

D. M : Les nouveaux parcours « Future in Europe » et « Future in Latin America » reposeront sur le même modèle que « Future in Asia » lancé l’année dernière. Ils proposeront aux étudiants passionnés par une région et une culture de suivre deux semestres académiques dans deux pays différents, ainsi que deux stages sur place. Nous créons également deux parcours internationaux d’expertise : « Global in Finance » et « Global in CSR (Corporate Social Responsability) », qui comporteront deux semestres académiques à l’international, au sein d’universités reconnues pour ces domaines d’expertise, comme BI en Norvège pour le parcours RSE.

O. R : Comment formez-vous vos étudiants pour qu’ils acquièrent la vision internationale et multiculturelle indispensable aux managers aujourd’hui ?

D. M : Notre rôle est de les préparer à des métiers qui seront forcément internationaux même si tous nos diplômés ne vont pas débuter leur carrière à l’étranger. La dimension internationale d’une école recouvre beaucoup d’aspects. L’expérience internationale démarre dès nos campus face à des professeurs internationaux qui ont des références différentes. A NEOMA nous comptons 71% de professeurs internationaux. Et ils viennent du monde entier : les deux pays dont le plus grand nombre de professeurs est issu sont la Chine et la Corée du Sud. Et un professeur coréen qui donne des cours de marketing, c’est forcément différent et enrichissant. Cette expérience internationale se développe ensuite au contact des étudiants internationaux que les élèves, notamment quand ils sont issus de classes préparatoires, n’ont encore que peu côtoyés dans leur parcours scolaire.

O. R : Ensuite vient le temps des stages et des séjours académiques…

D. M : Quand un étudiant part à l’international, son séjour sera d’autant plus positif qu’il vivra une véritable immersion culturelle, qu’il sera dans une université de renom et y suivra les cours de professeurs locaux, au milieu d’étudiants du pays où il réside. Quels que soient nos programmes, nous n’envoyons jamais plus de cinq étudiants dans la même université. L’immersion culturelle et académique est essentielle : il faut vivre une véritable expérience locale. C’est pourquoi nous tenons à nous intégrer au modèle local en travaillant avec des universités de grand renom dans chaque pays.

En retour, nous accueillons sur nos campus un flux similaire d’étudiants internationaux provenant de ces universités, renforçant ainsi la dimension internationale de nos cursus à toutes les étapes.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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