POLITIQUE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

« Parcoursup a pleinement fonctionné »

Pour sa conférence de presse de rentrée du 25 septembre, Frédérique Vidal est restée droite dans ses bottes en affirmant « Parcoursup a pleinement fonctionné » tout en admettant que « des ajustements techniques sont nécessaires ». C’était également l’occasion de présenter les chiffres filière par filières.

Revoir le calendrier. La ministre a d’ores et déjà prévu des ajustements. L’affichage du rang du dernier candidat appelé l’année précédente deviendra systématique en 2019, ce qui permettra aux futurs étudiants de mettre immédiatement en perspective leur place sur la liste d’attente. Quant aux conditions d’affichage du taux de remplissage des formations, qui est intervenu tard cette année et qui a suscité des interrogations, elles seront améliorées. Mais c’est surtout le calendrier de Parcoursup qui sera revu : en 2019, la première phrase de la procédure sera donc achevée au plus tard fin juillet. Une mesure de bon sens puisque 97% des candidats avaient déjà accepté la proposition qu’ils allaient conserver jusqu’à la fin de la procédure cette année. En 2019, un candidat ne pourra plus s’inscrire dans une formation tout en conservant des vœux en attente.

Pas de retour à la hiérarchisation ! L’hypothèse d’une hiérarchisation des vœux a posteriori – à laquelle la ministre s’était un temps dite ouverte la semaine dernière – semble définitivement abandonnée. La ministre considère en effet que « hiérarchiser les vœux quelques jours avant la fin juillet ou juste après les résultats du baccalauréat n’aurait que des effets marginaux sur les délais de la procédure ».

Pour autant les étudiants qui « ont une vision très claire de leurs vœux » pourront, après les résultats du baccalauréat, définir par avance la réponse qu’ils apporteront aux différentes propositions qui pourraient leur être faites. En somme une hiérarchisation des vœux réservée à ceux qui le souhaitent ? L’hypothèse de réduire les délais de réponse laissés au candidat, notamment au début de la procédure, reste enfin en suspens.

D’autres chantiers. En 2019 et 2020 de toutes les formations disposant d’une forme de reconnaissance par l’Etat feront peu à peu leur entrée sur Parcoursup. L’occasion de rendre facilement identifiables les formations reconnues par l’Etat ou dispensées par un établissement solide et crédible. « Il m’est intolérable d’imaginer que certaines familles se serrent la ceinture pour financer une formation douteuse conduisant à un diplôme sans grande valeur, alors même que des cursus de qualité existent, publics ou privés », s’insurge Frédérique Vidal.

Un fonds pour la mobilité étudiante sera également mis en place afin de mettre en place et de financer, avec les collectivités territoriales, et notamment avec les régions, les agglomérations et les villes universitaires, des actions très concrètes pour « faciliter sur tous les plans la mobilité : logement, transport, accès aux formations ».

Pour favoriser l’accès des bacheliers professionnels aux STS sera généralisée l’expérimentation qui a conduit cette année 23,2% d’entre eux à accepter une proposition en BTS (les bacheliers technologiques sont près de 19% en plus à avoir accepté une proposition en IUT).

Enfin la ministre a donné son accord à une réflexion sur l’anonymisation des dossiers des candidats à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Filière par filière. Au total, plus de 2,7 millions d’étudiants sont inscrits cette année dans l’enseignement supérieur soit une progression de 2,2% (+ 58 400). Même si les inscriptions en classes préparatoires sont en baisse cette année la filière continue à progresser de 0,5% selon le MESRI avec 86 900 inscrits. Une bien curieuse progression puisqu’ils étaient… 88 700 dans le même document publié en 2017. Soit en réalité une baisse de 2%. Serait-on fâché avec les pourcentages au MESRI ? Les hausses constatées en IUT (+3,2% et 121 600 étudiants), en STS (+2,4% et 272 900 étudiants) ou encore à l’université (+1,8% et près de 1,6 millions) sont elles bien avérées.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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