ECOLES DE MANAGEMENT

Passage de flambeau à Grenoble EM 

Le président de GEM, Pierre Streiff, présente sa nouvelle directrice, Fouziya Bouzerda, entourés de la directrice générale de la CCI de Grenoble, Emmanuelle Rivière, et de Martin Zahner, le directeur du campus parisien de l’école.

« A mon arrivée après six mois à m’imprégner de l’école, j’ai d’abord voulu mettre en action le plan stratégique décidé en 2020. » Pierre Streiff, président de la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble et Grenoble EM depuis fin 2021 a alors voulu remettre à plat le fonctionnement de l’entreprise en constatant que « Loïck Roche était un peu moins intéressé par certaines questions ». Une réorganisation de son poste envisagée mi-juillet Loïck Roche annonçait vouloir quitter l’école pour d’autres projets. D’où une rupture conventionnelle « en toute amitié et sans aucun problème ».

C’est alors, fin juillet, que Jean-François Fiorina – que son directeur général vient de démettre de son poste de directeur général adjoint après des années de mésentente avec son directeur général – vient remettre une démission « sans rapport avec le départ de Loïck Roche ». Pour éviter la panique, la nouvelle de son départ est gardée secrète jusqu’à la rentrée. « Je n’ai limogé personne. Je tiens à le dire contrairement à ce qu’on a pu dire et entendre. J’ai eu un mois d’août très compliqué et j’ai travaillé avec un cabinet de recrutement pour chercher un nouveau directeur général à GEM », se souvient encore le président de l’école, heureux d’avoir trouvé Fouziya Bouzerda tout en se demandant comment « quelqu’un pouvait venir diriger une école tout en mettant en silence le cabinet d’avocat qu’elle avait fondé ».

Spécialiste des transitions. « Très investie » dans la politique lyonnaise, elle fut longtemps adjointe au maire de Gérard Collomb, Fouziya Bouzerda a ensuite dirigé le syndicat des transports lyonnais – 1 milliard d’euros de fonctionnement et autant d’investissement – qu’elle a « accompagné dans sa transition à tous les niveaux ». Elle a également fondé avec le président de l’université Lyon 1 une chaire de transition qui l’a amené à avoir une « sensibilité particulière pour l’enseignement supérieur ». Pour autant elle « n’aurait pas candidaté si on ne lui avait pas proposé le poste » tout en étant « persuadée d’avoir les compétences nécessaires pour accompagner GEM dans sa transition ».

Cadrer le financement. Au cœur de sa feuille de route la nouvelle directrice doit maintenant cadrer le financement d’une école dont le déficit pourrait dépasser les 4 millions d’euros cette année : « Nous avons un nombre de professeurs important, qui n’est pas remis en question au contraire. Nous devons parvenant à l’équilibre budgétaire fin 2024 pour assurer la pérennité de l’école. Ce qui demande de la réorganisation. Mais aucun plan social n’est envisagé ».

Contrairement aux critiques récurrentes sur le niveau trop élevé des loyers qui seraient versés par GEM à sa CCI Pierre Streiff affirme que « les loyers sont plus bas que la moyenne » tout en rappelant que « cinq millions d’euros sont aujourd’hui investis par la CCI dans la rénovation de ses bâtiments dont deux millions pour la gestion de l’énergie et fonctionner beaucoup moins ». Et d’insister : « Ce n’est pas GEM qui porte sa CCI et ne va pas chercher chez GEM de moyens suite à la baisse de ses financements ».

Si aucune augmentation des frais de scolarité n’est programmée face à l’inflation qui explose, Fouziya Bouzerda et ses équipes n’en réfléchissent pas moins à gérer l’augmentation des dépenses d’énergie – qui ont été estimées et atteignent un niveau « important » sans être « considérables » – en étant réactives : « Nous devons garder du lien tout en ayant du télétravail pour la satisfaction du personnel. Reste à savoir comment cela va évoluer avec l’augmentation du cout de l’énergie ».

  • Si une fusion avec emlyon parait désormais devoir été définitivement abandonnée avec l’arrivée de Galileo au capital de cette dernière, ni Fouziya Bouzerda ni Pierre Streiff « n’excluent totalement un rapprochement avec d’autres écoles ».
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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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