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Premiers cycles : un taux d’échec à relativiser

Intitulée Réussite et échec en premier cycle, une toute récente note de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fait pour la énième fois le même constat: à l’université les échecs se produisent essentiellement en première année de licence avec seulement un étudiant sur deux qui passe directement en deuxième année. Mais produit également un chiffre beaucoup plus encourageant: si on retient comme définition de l’échec en premier cycle le fait d’être sorti de l’enseignement supérieur sans diplôme, alors le taux d’échec en France est de l’ordre de 19%, soit dix points de moins que la moyenne des pays de l’OCDE.

Quelles chances pour quels profils en L1 ?

Comme l’explique la DEPP, l’échec à l’université concerne principalement la première année après le bac de licence générale (L1) et touche massivement des bacheliers professionnels «mal préparés par leurs études antérieures à s’engager dans une formation universitaire générale de premier cycle». Si la DEPP ne revient pas dans la note sur les chiffres précis de «l’hécatombe» que connaissent les bacs pros en première année elle estimait leurs chances de réussite à 2, 5% et celle des bacheliers technologiques à 7,4%.dans une précédente note («Parcours et réussite en licence des inscrits en L1 en 2004»).

En tout en 2012-2013, 43,8% des étudiants entrés en 2011-2012 en première année universitaire (IUT et formations universitaires d’ingénieurs inclus) sont passés en deuxième, 29% ont redoublé et 27,2% sont sortis du système universitaire.

Logiquement les filières sélectives à l’entrée s’en sortent le mieux avec un taux de passage le plus élevé dans la même filière en IUT (71,4%) et en formation d’ingénieurs (70,5%), tandis que le taux le plus faible est observé en santé (15,3%). Dans les filières générales, le taux de passage dans la même filière varie de 43,8% en sciences économiques et gestion à seulement 25,5% en AES. Logique quand on sait que 68%des entrants en sciences économiques et gestion sont titulaires d’un baccalauréat général contre 43,2% en AES.

Réussite licence DEPP (2)

Plus d’un quart des entrants quittent l’université après un an d’études. Les taux de sortie sont plus élevés en AES (40,5%), en lettres-sciences du langage-arts (38,5%), en langues (37,6%), qu’en droit-sciences politiques (23,8%). Au total, un entrant en première année sur dix se réoriente vers une autre filière universitaire en cours ou en fin de première année. Dans huit cas sur dix, ce changement de filière s’accompagne d’un redoublement. Qu’ils réussissent ou qu’ils redoublent, près des deux tiers des entrants en première année poursuivent leurs études dans la même discipline.

Mais attention, comme le souligne encore la note «l’étude du passage en deuxième année se fait sur la base des inscriptions. Or, certaines d’entre elles peuvent ne pas se concrétiser par la présence effective de l’étudiant». Certains sont là parce qu’ils n’ont pas été reçus dans la filière sélective qu’ils désiraient, d’autres, de plus en plus nombreux on le sait, uniquement pour toucher leurs bourses. Ainsi en première année de licence générale, le taux de présence aux examens des étudiants était de 81,9% en 2010-2011.

Qui réussir le mieux en L3 ?

73,7% des nouveaux entrants en troisième année de licence générale en 2010-2011 ont obtenu leur diplôme à la session 2011. Les femmes (six étudiants sur dix) ont près de sept points d’avance sur les hommes avec respectivement 76,2% et 69,7% de chance d’obtenir leur licence.

Parmi les bacheliers généraux, les ES sont les plus nombreux à obtenir leur licence en un an (80%) et les L les moins nombreux (76,5%). Un chiffre de dix points supérieurs aux bacheliers technologique (66,3%) et, encore plus, professionnels (59,6%): même une fois franchies le cap des deux premières années, les difficultés demeurent pour les quelques pros rescapés… Pour autant les bacheliers professionnels ne sont pas condamnés à rencontrer des difficultés partout  à l’université: en licence professionnelle leur taux de réussite est juste un peu moins bon que les généraux (86,3% contre 90,2%).

Quelle réussite en DUT et BTS ?

Comme en licence générale, les bacheliers généraux ont en IUT un taux de réussite supérieur de sept points aux bacheliers technologiques (89,7% contre 82,0) et de dix points supérieur aux bacs pros (79,7% d’entre eux – 1,6% des inscrits – obtiennent leur DUT au bout de leur seconde année de formation). Moindre sélection oblige, le taux moyen de réussite au BTS est bien moindre qu’au DUT : 71,8%. Comme partout les généraux réussissent beaucoup mieux (82,6% de réussite en deux ans) que les technos (74,3%) et les pros (54,5%).

Quel taux d’échec final ?

Afin d’avoir une juste mesure du taux d’échec réel, la DEPP s’est penchée sur les jeunes «entrés en sixième en 1995 ayant obtenu le baccalauréat puis entamé des études dans l’enseignement supérieur en sont sortis sans obtenir de diplôme». Ce taux varie nettement selon le bac : la probabilité de sortir sans diplôme de l’enseignement supérieur est de 9% pour les titulaires d’un bac général, 29% pour ceux d’un bac techno et 56% pour un bac pro. Avec un taux d’échec global de 18%, la France se situe en définitive à un niveau très inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, qui est de l’ordre de 30%.

Réussite licence DEPPOlivier Rollot (@O_Rollot)

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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