Non classé, POLITIQUE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Une nouvelle pédagogie pour rendre les étudiants plus actifs à la Faculté libre de droit de Lille

C’est une véritable révolution pédagogique que la Faculté libre de droit de Lille (FLD) s’apprête à effectuer : dès l’année prochaine les cours magistraux ne seront plus cette pesante expression d’un savoir tombé du ciel mais un espace d’expression et de dialogue pour quelque 500 étudiants de première année qui auront eu auparavant dix jours pour assimiler les cours.Engager un réel dialogue

Le constat de Carole Blaringhem, qui préside le Conseil académique et pédagogique de la Faculté, est clair: «Les étudiants de la génération Y souhaitent engager un réel dialogue avec leurs professeurs, échanger plus librement et spontanément. En amphithéâtre, la prise de note et le format des cours rend difficile ces échanges». A la FLD on ne viendra donc plus pour apprendre ce qu’on trouve partout sur Internet mais pour approfondir les questions les plus complexes. «Nous le constatons déjà, les étudiants viennent tous en cours avec leur ordinateur et nous font parfois remarquer que notre cours est obsolète en sortant un tout nouvel article de loi. C’est cette capacité qu’ils ont à rechercher de l’information que nous voulons aujourd’hui mieux utiliser », reprend Carole Blaringhem.

Les techniques issues du numérique favorisent cette expression. Au début de tous ses cours Carole Blaringhem commence déjà aujourd’hui par poser des questions sur la plate-forme Moodle. Ses étudiants ont huit minutes pour répondre. «Je sais tout de suite quels sont les points à éclaircir et ceux sur lesquels on peut passer plus rapidement», se félicite une enseignante qui impose les ordinateurs en cours quand tant d’autres rêvent de les interdire. «Interdire cela ne sert à rien, de toute façon ils ont leur smartphones, là ils utilisent leur ordinateur à bon escient». D’autant que, totalement rétifs à la prise de note manuscrite, ces mêmes étudiants se révèlent des champions de l’écriture sur ordinateur.

Des méthodes éprouvées outre-Atlantique

Si elle est persuadée de la réussite d’une méthode que les universités américaines ont adopté depuis bien longtemps et qui commence à se répandre en Europe, et notamment en Suisse, Carole Blaringhem mesure aussi le choc que vont ressentir des élèves de terminale habitués depuis toujours à ingurgiter des cours sans trop se poser des questions: «Pendant les trois premières semaines nous allons leur enseigner les méthodes de travail universitaire et les pousser petit à petit à s’exprimer. Ils ne seront pas obligés de le faire tout de suite à l’oral, des tweets peuvent également être efficaces. Quand ils auront constaté plusieurs fois que leurs enseignants sont intéressés, alors ils n’auront plus peur de prendre la parole».

Encore faut-il que les enseignants jouent le jeu. Et là encore la directrice est confiante: «Nous travaillons depuis deux ans avec des enseignants qui voient bien que, pour eux aussi, cette nouvelle méthode sera porteuse». À cet effet, plusieurs dispositifs pédagogiques innovants ont été mis en place comme le «One Week, One Course», qui permet d’étudier, d’analyser et de mettre en pratique une thématique juridique sur une semaine par le biais de séances de travaux encadrés, ou le «pré-read»: des documents reprenant les principales notions et doctrines remis quelques jours ou semaines avant le cours aux étudiants. «Nous proposerons également plus d’examens qu’avant avec des retours immédiats sur les résultats pour bien suivre nos étudiants et être certains qu’ils travaillent bien comme nous le demandons», conclut une directrice qui amènera petit à petit ces nouvelles méthodes à se diffuser dans toutes les années de sa faculté.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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