ECOLES DE MANAGEMENT, EMPLOI / SOCIETE

« Ynov s’adapte constamment en fonction de l’évolution des métiers »

Anil Benard-Dende dirige le groupe Ynov depuis la rentrée 2022

C’est le groupe d’enseignement supérieur privé qui monte. En dix ans Ynov a su développer toute une série de formations qui inspirent les étudiants et rencontrent les besoins des entreprises. Directeur du groupe Ynov depuis la rentrée 2022 après avoir été directeur général adjoint de Kedge, Anil Benard-Dende revient avec nous sur un modèle en pleine croissance.

Olivier Rollot : Parlez-nous du groupe Ynov que vous dirigez depuis la rentrée 2022. Un acteur relativement jeune de l’enseignement supérieur puisqu’il a été créé en 2010.

Anil Benard-Dende : Le groupe Ynov propose huit filières de formation, ancrées dans la tech et le digital, et une école qui est la grande école du cinéma et des industries culturelles et créatives : Eicar.
Partout nous avons pour principe de nous adapter constamment en fonction de l’évolution des métiers. C’est d’autant plus facile que nos professeurs sont tous des intervenants professionnels en activités que nous accompagnons dans la pédagogie. Nos directions pédagogiques construisent les programmes avec les responsables de filières pour mettre en adéquation les contenus des formations avec les demandes des entreprises.

En tout nous recevons aujourd’hui plus de 9 500 étudiants sur douze campus à Bordeaux, Paris, Toulouse, Lyon, Nantes, Aix, Sophia avec des ouvertures cette année à Lille, Montpellier et Rennes. Notre rythme de développement est élevé avec plus de 1 000 étudiants supplémentaires par an et correspond aux attentes des jeunes et du marché sur des métiers en forte tension.

Sur tous nos campus, nous proposons toutes nos filières pour délivrer partout la même expérience transversale et active de la pédagogie Ynov.

O. R : Comment définiriez-vous cette expérience Ynov ?

A.B-D : Elle est fondée sur le travail collaboratif en mode projet. Tous les mercredis nos étudiants participent à ce que nous appelons les YDays. Dans le cadre d’un travail peer to peer, encadrés par des étudiants de 3ème à la 5ème année, ils s’attaquent à des projets multidisciplinaires. Dans le cadre de cette pépinière, les projets sont présentés en début de l’année. Les chefs de projet désignés doivent choisir leur projet pour l’année, identifier les profils de compétences à recruter parmi les étudiants des 8 filières, pitcher et convaincre les compétences ciblées à rejoindre le projet et constituer l’équipe qui leur permettra de le livrer au terme de l’année. C’est une expérience professionnalisante passionnante qui met les étudiants en situation de décision tout au long de leur formation

C’est d’autant plus efficace que nos étudiants sont encadrés par 80 mentors qui connaissent parfaitement leurs besoins. Ce sont en effet des étudiants plus expérimentés de nos écoles qui réalisent leur apprentissage après être passés par notre « mentor academy ». Ils mettent ainsi les étudiants dans les meilleures dispositions pour se lancer sans avoir peur d’échouer. Leur écoute est bien complémentaire de celle des intervenants professionnels.

Cette expérience Ynov permet à chacun de se développer dans un environnement engageant et exigeant. Un de nos étudiants, passionné d’Apple, est même depuis dans le top 15 des jeunes développeurs et a échangé avec le président d’Apple, Tim Cook. Son exemple est une inspiration pour tous.

O. R : Pouvez-vous nous donner des exemples de ces projets.

A. B-D : Parmi les très nombreuses missions que j’ai notées je pourrais vous citer ces étudiants qui récupèrent des anciens vêtements pour en créer de nouveaux. Ils ont réalisé des prototypes, estimé des prix et envisagent maintenant de les présenter à des enseignes. D’autres projets ont lieu autour de la robotique et peuvent prendre la forme des Robolympiades ou de compétitions intercampus.

Le dispositif est un peu différent à Eicar. Les étudiants sont amenés à réaliser un court-métrage de A à Z. Ils doivent être réalisateur, vidéaste, preneur de son, etc. pour réaliser leur film. Pour faire ainsi leurs armes, ils bénéficient d’un matériel de professionnels et de plateaux de tournage de premier plan.

O. R : Comment sélectionnez-vous vos étudiants ?

A. B-D : Nous n’avons pas de concours. Tout se fait sur dossier et hors Parcoursup en postbac. Nos équipes travaillent avec les candidats pour les orienter dans des filières les plus en adéquation possible avec leurs profils. Toutes les spécialités du bac général ont leur chance, mais aussi des bacheliers technologiques et professionnels.

Tout notre travail, c’est d’amener nos étudiants au meilleur niveau. Notre niveau d’exigence est élevé en sortie de cursus. Pour faire rapidement progresser nos nouveaux étudiants, nous les faisons travailler dès leur entrée en bachelor en mode projet avec quatre semaines d’Ymmersion. C’est une expérience intense de projets pratiques, de conférences et de complicité. Les Ymmersions permettent de souder tout de suite les équipes autour de projets concrets qui seront ensuite présentés aux parents. Un grand moment de fierté et de partage ! …. Et une bonne préparation avant d’attaquer le programme.

O. R : Suivre son cursus en apprentissage est-il la norme chez Ynov ?

A. B-D : C’est possible dès la troisième année de bachelor et c’est majoritaire chez nos étudiants en mastères. Comme tous, nous avons été touchés par la baisse de certains financements de France Compétences mais aujourd’hui nous nous inscrivons dans des échanges constructifs pour l’avenir.

O. R : Ynov a la particularité d’avoir été fondé par des spécialistes de l’immobilier avant que d’être des spécialistes de l’enseignement. Qu’est-ce que cela change dans votre organisation ?

A. B-D : Nous bénéficions d’un modèle d’infrastructures qui répondent à nos enjeux d’expérience comme de pédagogie. Nos campus sont ainsi ouverts tous les jours de 8 h à 20 h. Le groupe est promoteur des campus comme des résidences universitaires, ce qui nous vaut une grande qualité d’infrastructures. À Ivry, l’école Eicar dispose même d’une vraie salle de cinéma de 250 places.

O. R : De quelles reconnaissances de l’État bénéficiez-vous ?

A. B-D : Être reconnus par Qualiopi, France Compétences et le RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) nous permet de donner un cadre réglementaire et une reconnaissance à nos formations. De plus, nous délivrons nos formations dans des métiers en tension pour lesquels l’importance des certifications est moins prégnante. Nos formations en cybersécurité sont, par exemple, reconnues par l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSSI) et nous avons conclu un partenariat avec le ministère des Armées.

Ce que nous faisons, c’est amener nos étudiants vers l’emploi. À ce titre, il est essentiel de développer la reconnaissance de nos formations dans les entreprises. Aujourd’hui, nous avons plus de mal à recruter des étudiants qu’à leur trouver des emplois !

O. R : Vous êtes à titre personnel un acteur relativement jeune dans l’enseignement supérieur. En 2020 vous avez fait votre entrée chez KEDGE Business School comme directeur général adjoint en charge de la transformation. Vous étiez jusque-là directeur général adjoint de Showroomprivé.com après un passage chez CDiscount. Pourquoi avoir opté pour l’enseignement supérieur ?

A. B-D : Chez CDiscount comme chez Showroomprivé, j’étais en charge des questions de transformation et du développement international. Chez Kedge, j’ai travaillé à la transformation du groupe avec de nouveaux supports digitaux et l’hybridation des parcours. Partout ce sont les mêmes leviers qu’il faut actionner. Aujourd’hui, les fondateurs d’Ynov veulent passer à une échelle de développement supérieure sur des marchés dont j’ai acquis une excellente compréhension de par mes expériences passées.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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