ALTERNANCE / FORMATION CONTINUE, ECOLE D’INGÉNIEURS, ECOLES DE MANAGEMENT, EMPLOI / SOCIETE

La CCI Paris Ile de France fait le point sur sa stratégie éducation

Le président de la CCI Paris Ile de France, Dominique Restino, entouré de Muriel Barnéoud, vice-présidente en charge des questions d’éducation et Thomas Jeanjean, directeur adjoint de la CCI en charge de l’éducation

« Il y a deux siècles que nous formons des hommes et des femmes dont les entreprises ont besoin. » Dominique Restino, le président de la CCI Paris Ile de France, est venu faire le point sur les quatorze écoles que gère sa CCI, de HEC à Ferrandi en passant par ESCP, l’Essec ou encore Gobelins Ecole de l’image. En tout 39 000 jeunes en formation initiale dont 16 000 en apprentissage et encore 30 000 en formation continue. « Aujourd’hui nous voulons assurer le développement de nos écoles avec une politique active d’investissements dans des campus nouveaux ou dans leur rénovation », assure Dominique Restino.

Développer l’apprentissage, oui mais de qualité ! « Nous adhérons totalement aux plans de développement de l’apprentissage mais nous aimerions que la qualitatif soit mieux pris en cause. Dans les écoles de la CCI le taux d’échec est de 5% quand il est de 30% au global. Certes cela coûte un peu plus cher au départ mais à l’arrivée nous intégrons mieux », signifie Dominique Restino. « Il faut revenir à des indicateurs d’employabilité et d’insertion professionnelle avec une mobilité d’évaluation homogène. Par exemple nous appliquons exactement la même méthodologie que la Conférence des Grandes écoles (CGE) sur l’emploi sept mois après la diplomation. Nous sommes à 92% contre 89% pour les écoles de la CGE » estime ainsi le directeur adjoint de la CCI en charge de l’éducation, Thomas Jeanjean, qui insiste : « CDI, CDD, salaires il fait objectiver ? Quelle part de rupture de contrat ? Si c’est élevé c’est un sujet de préoccupation majeur. Il faut aussi pouvoir trouver une entreprise à chaque étudiant. C’est aussi la responsabilité de l’Etat de réguler certaines pratiques commerciales ! »

Apprentissage : le coût des installations techniques. Il y a aussi une grosse différence à faire de l’apprentissage dans une formation de management, où il ne s’agit que d’accompagnement humain, et des écoles techniques qui mobilisent des plateaux techniques très coûteux en restant au niveau. « Auparavant les régions finançaient une grosse partie. Aujourd’hui la région Ile de France nous soutient heureusement mais les financements sont de plus en plus difficiles à prendre en charge par les établissements. France Compétences doit mieux mettre en rapport le coût de ses équipements et ses financements », demande la vice-présidente en charge des questions d’éducation, Muriel Barnéoud.

Autre question posée par le président de la CCI : « Pourquoi le un coût contrat est-il pris partout sur le territoire par France Compétences au même niveau quand le coût du foncier est incomparablement plus important en Ile-de-France ? »  Avec la réévaluation des coûts contrat par France Compétences « nous subissons quelques baisses mais gérable mais c’est un gros sujet de préoccupation », conclut Thomas Jeanjean sur ce point crucial qu’est l’apprentissage tout en se félicitant d’une augmentation des financements du diplôme d’ingénieur de l’Esiee. Quant à l’évolution à venir des financements… « Aujourd’hui il faut que la chute des soutiens ne soit pas brutale tout en équilibrant les comptes », répond Dominique Restino.

Développer l’« Erasmus de l’apprenti ». Plus que jamais désireuse de développer l’apprentissage à l’échelle internationale, la CCI rejoint le programme MONA monté par l’association European App Mobility (EAM). L’« Erasmus de l’apprenti » a été créé pour permettre aux apprentis d’avoir une mobilité longue en Europe. Il est doté de 25 millions d’euros, dont 3,5 pour cinq des écoles technologiques de la CCI. « Aujourd’hui la mobilité européenne des apprentis dans ces écoles est quasi nulle alors que nous voulons qu’elle monte à 16% dans les cinq ans », se projette Thomas Jeanjean.

Destination numérique. Si les étudiants ont pu suivre leurs cours à distance dans de bonnes conditions pendant les confinements c’est que la chambre de commerce et d’industrie avait commencé à former l’ensemble de ses enseignants au distanciel depuis 2015. « Il faut imaginer comment des étudiants de notre école de nez, l’Isipca, ont pu travailler à distance sur la création de parfums ou la cuisine chez Ferrandi », rappelle Thomas Jeanjean.

Aujourd’hui il s’agit de capitaliser sur cet acquis pour permettre aux étudiants de travailler indifféremment en distanciel et en présentiel. Ferrandi a par exemple lancé une vingtaine de modules en ligne pour montrer les gestes de la cuisine. L’école de formation de commerciaux de la CCI, Sup de V, lance de son côté des cours en ligne comme en présentiel. Enfin l’Isipca lance un MOOC avec la Cosmetic Valley pour expliquer comment se construit un cosmétique.

Energie et rénovation. Les surcoûts énergétiques ont été estimés pour chaque école de la CCI. A iso-consommation ils vont de 300 000 à 1,5 million d’euros pour 2023 pour une école particulièrement consommatrice comme Ferrandi. « Nous mettons en œuvre des mesures immédiates avec comme idée directrice de ne pas fermer des écoles mais plutôt d’agir sur les comportements », explique Thomas Jeanjean qui veut également « réfléchir à l’utilisation optimale des équipements comme par exemple du chauffage des fours chez Ferrandi ». Missionnée par le gouvernement pour aider les entreprises à améliorer leur bilan énergétique, la CCI travaille également à moyen / long terme sur l’optimisation de ses bâtiments.

Sur les quatorze écoles de la CCI Paris Ile-de-France, cinq sont des EESC (établissement d’enseignement supérieur consulaire), dont ESCP et HEC, l’Esiee a rejoint l’université Gustave-Eiffel et six enfin sont regroupées au sein de la holding éducation dans laquelle pourraient investir des partenaires. « Cela sera fait dans ma mandature de cinq ans », commente Dominique Restino.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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