ECOLE D’INGÉNIEURS

Classement des écoles d’ingénieurs : que disent « L’Usine Nouvelle » et « l’Etudiant »

« L’Usine nouvelle » a prudemment décidé cette année de ne prendre en compte que les données publiques de la Commission des titres d’ingénieurs (CTI) pour publier son Classement des écoles d’ingénieurs. Pour autant ses résultats interpellent notamment par leur différence avec ceux de l’édition précédente.

L’X domine. Si derrière l’inamovible École polytechnique, on ne s’étonne pas du retour en fanfare de CentraleSupélec à la deuxième position (diplôme Centrale) ou de l’arrivée dans le top 5 de Mines Nancy et de Isae-SupAéro c’est la présence dans le top 15 de trois écoles postbac privées (l’Estaca, 8ème, l’Esilv, 10ème et l’Epita, 12ème) qui en surprend plus d’uns. Mais rappelons que l’Esilv était déjà 17ème en 2017, l’Estaca 25ème et l’Epita 26ème. Quant à l’Insa Lyon, souvent première des écoles postbac dans tous les autres classements, si elle plonge à une obscure 22ème place (l’UTC se classant première des écoles postbac) elle n’était déjà que 14ème l’année dernière. Plus surprenant sont par exemple la chute en un an de l’IMT Atlantique (de la 5ème à la 21ème place) ou de l’UTT (de la 10ème à la 27ème place).

La percée des écoles numériques. Des résultats que « Le Figaro Etudiant » a analysé dans un article sur L’étonnant classement de L’Usine nouvelle. Son constat : des écoles tournées vers le numérique, comme Télécom Paristech, l’Esilv ou l’Epita, voient aujourd’hui leurs étudiants se voir proposer des salaires supérieurs – c’est le cas de l’Esilv – à ceux des polytechniciens. Aux questions du « Figaro » Anne-Sophie Bellaiche, rédactrice en chef du service Économie et société de « L’Usine nouvelle », qui a supervisé l’enquête, répond donc : « Notre principe est de se caler sur l’attente des entreprises. On ne regarde pas du tout les mentions au bac et tout ce que l’élève fait avant son école. On se concentre sur ce qui se passe dans les écoles et ce qu’il se passe après ».

Les classements intermédiaires. On comprend mieux le classement final de « L’Usine nouvelle » en se penchant sur les classements intermédiaires :

  • le classement de l’insertion professionnelle donne la victoire à l’Esilv devant l’Isep et l’Epita, l’École polytechnique ne se classant que… 18ème avec un salaire moyen de 44 000 € égal à celui des diplômés de l’Esilv et loin de ceux, records, de Télécom ParisTech (47 500€) ;
  • le classement de l’entrepreneuriat couronne l’Efrei devant l’UTC et l’Insa Lyon ;
  • le classement international voit l’ECPM l’emporter devant l’École polytechnique et CentraleSupélec (diplôme Centrale) ;
  • en recherche c’est l’ESPCI qui rafle la mise en devançant l’École polytechnique et Chimie ParisTech.

Que disait « l’Etudiant » ? Nous vous proposons ci-dessous de comparer le classement des écoles dans les classements de « L’Usine nouvelle et de l’Etudiant et d’établir une moyenne entre les deux pour établir ce « classement des classements ». Et le moins qu’on puisse dire est que les résultats sont spectaculairement différents alors qu’ils partent de la même bas. Si les deux sites s’accordent pour donner la victoire à l’École polytechnique devant le diplôme de Centrale de CentraleSupélec ensuite ils ne s’accordent pas du tout. Dans le haut du tableau cela va jusqu’à des différences de 28 places pour l’Estaca (8ème pour « L’Usine nouvelle », 36ème pour « l’Etudiant ») et même de… 43 places pour Centrale Lille que « L’Usine nouvelle » recale à une obscure 56ème place quand « l’Etudiant » la voit 13ème. Mais le record est atteint par l’Ipsa que « L’Usine nouvelle » classe 99 places plus haut que « l’Etudiant ».

  • « L’Usine nouvelle » classant beaucoup moins d’écoles que « l’Etudiant » – manquent en particulier cette année Mines ParisTech, qui n’a pas voulu livrer certaines données, ou CPE Lyon – dans leur cas seul le classement de « l’Etudiant » a été pris en compte.

  • Les écoles non classées par « L’Usine nouvelle » sont signalées par un * dans le tableau ci-dessus.

 

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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