Le fablab d’Ecam LaSalle
Le Hcéres dresse un bilan globalement favorable d’ECAM LaSalle tout en pointant plusieurs fragilités de gouvernance, d’organisation interne et de modèle économique. Le comité estime que l’établissement « satisfait aux attendus » du statut d’Eespig. L’établissement compte 2 021 étudiants en 2024-2025, contre 1 743 en 2020-2021, avec un taux d’insertion de 93,3 % deux mois après le diplôme.
Après l’abandon en 2022 du projet de fusion avec ECAM Strasbourg-Europe, ECAM LaSalle a revu sa trajectoire. Le rapport souligne un repositionnement réussi autour de deux axes : l’ancrage régional et l’ouverture internationale. L’école s’appuie notamment sur son insertion dans l’écosystème industriel lyonnais, sur l’Institut Carnot Ingénierie@Lyon et sur l’alliance européenne ChallengeEU.
Le rapport insiste sur la montée en puissance du LabECAM, laboratoire interne structuré autour de la mécanique, des matériaux, du génie électrique et de l’automatique. L’activité de recherche est qualifiée de « développement remarquable », portée par une meilleure organisation, des partenariats industriels et une intégration renforcée dans l’écosystème régional. Le comité relève aussi l’efficacité des recherches partenariales, notamment avec de grandes entreprises et dans les transmissions mécaniques. Mais il invite l’école à élargir son horizon : son « positionnement en recherche à l’international » reste, selon le rapport, « à peine esquissé ».
Sur la formation, l’avis est également favorable. ECAM LaSalle est décrite comme une école capable de répondre aux besoins des entreprises grâce à une offre « riche et lisible », mêlant cursus généraliste, alternance, formations en anglais, bachelor, mastères spécialisés et plateformes technologiques. Le rapport souligne que « l’établissement atteint ici pleinement ses objectifs », notamment sur des thématiques comme la cybersécurité, l’énergie, le numérique, le génie industriel ou le lean management. ECAM LaSalle Académie, structure interne d’appui pédagogique, est également identifiée comme un atout pour accompagner les enseignants et renforcer l’approche par compétences.
Le principal point de vigilance concerne l’organisation. Pour le comité, l’organigramme n’a pas suffisamment intégré les conséquences de la séparation avec ECAM Strasbourg ni les nouvelles priorités de l’établissement. Le rapport appelle donc à « revoir l’organisation afin de la faire correspondre au projet stratégique de l’établissement », en clarifiant les responsabilités et les rattachements internes.
Le pilotage financier est jugé robuste, mais le modèle économique inquiète les experts du Hcéres. ECAM LaSalle dépend fortement des frais de scolarité, qui représentent une part majeure de ses ressources, tandis que ses besoins d’investissement restent élevés, notamment pour l’immobilier et les systèmes d’information. Or le comité observe une contraction du résultat d’exploitation et recommande de « travailler la diversification des ressources propres », par exemple via la taxe d’apprentissage, les subventions régionales, le mécénat, les dons, les legs et la recherche partenariale.
Le rapport salue l’attention portée à la vie étudiante, à l’accompagnement et au bien-être. L’école dispose d’une vie associative dense et d’instances dédiées, comme la commission de vie étudiante ou la commission CVEC, où les étudiants représentent 50 % des suffrages. Mais le comité pointe une limite institutionnelle : l’absence d’étudiants avec voix délibérative au conseil d’administration.
Dernier chantier identifié : la politique qualité. ECAM LaSalle s’appuie aujourd’hui fortement sur le référentiel DD&RS, obtenu en 2021 et renouvelé en 2024. Le comité reconnaît l’utilité de cette démarche, mais estime qu’elle ne couvre pas l’ensemble des dimensions stratégiques, financières, académiques et internationales. Il recommande donc de « changer d’échelle » et de construire une véritable politique qualité couvrant toutes les activités de l’école, avec des indicateurs adaptés au plan stratégique 2025-2030.