ECOLES DE MANAGEMENT

Admissions dans les écoles de management: que nous apprend le Sigem 2022?

C’est le baromètre de la santé des écoles de management : chaque année elles se classent en fonction des préférences des élèves de classes préparatoires dans le cadre du Sigem, le processus qui permet à chaque élève de choisir leur école. Si HEC bat de toute éternité ses concurrents il suffit qu’un élève de plus que l’année précédente fasse finalement le choix de l’Essec ou de l’ENS Paris-Saclay pour que les conversations s’en saisissent. Alors que pendant longtemps la hiérarchie des écoles a été immuable, la conquête en 2021 de la quatrième place par l’Edhec au détriment de emlyon a provoqué un séisme dans la capitale des Gaules. De même en 2021 Skema a recruté plus d’élèves qu’Audencia dans le match qu’elles se livrent et que Skema espère plus nettement remporter pour se rapproche de emlyon.

  • Alors que 2023 s’annonce comme une année difficile avec la chute des élèves en classes préparatoires ECG enregistrée en 2021, toutes les écoles entendent en tout cas faire une dernière belle année avant la tempête. En 2023 c’est en effet une bonne moitié des écoles qui devrait ne pas faire le plein. Et 2024 ne s’annonce guère mieux avec une baisse des candidatures en ECG de 5,5% sur Parcoursup.

Un taux de remplissage en hausse. Premier constat : le taux de remplissage de l’édition 2022 du Sigem est de 97,8% contre 95,8% en 2021 et 94,3% en 2019. En tout ce sont 7644 élèves qui ont été affectés soit 122 de plus qu’en 2021 (7538 en 2020, 7515 en 2019 et jusqu’à 7574 en 2018). Deuxième constat : le nombre d’écoles qui ne font pas le plein descend à huit quand elles étaient onze en 2021 (contre huit en 2020 et 2018 et dix en 2019. Résultat : le nombre de places vacantes baisse à 255 contre 388 en 2021 en ajoutant les places disponibles dans les neuf écoles (237 en 2020, 451 places en 2019 et 325 en 2018).

Ces huit écoles sont, dans l’ordre de non-remplissage :

  • l’Institut Mines Télécom (IMT) business school à laquelle il manque encore plus d’élèves qu’en 2021 : 88 places restent vacantes contre 59 en 2021 (alors que l’école a réduit de 20 le nombre de places) ;
  • SCBS qui ne recrute plus que 10 élèves et termine donc avec 45 places libres (41 en 2021) ;
  • EM Strasbourg, à laquelle il manque 38 élèves en admission sur les classes préparatoires EC quand ils n’étaient que quatre à faire défaut en 2021 (après avoir fait le plein en 2020 mais pas en 2019) mais aussi six autres en BEL-B/L ;
  • ESC Clermont qui subit un déficit structurel de 31 élèves (ils étaient également 28 à manquer en 2021, 30 en 2020 et 34 en 2019) ;
  • Brest business school à laquelle il manque 24 élèves et en recrute seulement six quand elle était montée à 15 en 2021, c’est dire si la mécanique vertueuse qui semblait d’être enclenché est maintenant grippée ;
  • Inseec Grande école à laquelle il manque certes 12 élèves mais c’étaient 59 places qui étaient vacantes en 2021 pour le même nombre de places ouvertes ;
  • l’EM Normandie (neuf places manquantes contre 22 en 2021 mais neuf places de moins proposées en 2022) :
  • l’Ensae (deux places).

2022 : l’année de Neoma. Si 2020 avait été l’année de l’Edhec – qu’on savait avoir dépassé emlyon dans le choix des préparationnaires sans que cela soit officiel -, et 2021 l’année d’une Skema qui dépassait Audencia et prenait ainsi la 6ème place du « Classement Sigem », 2022 est l’année de Neoma qui dépasse pour la première fois Grenoble EM. Un match particulièrement regardé après les réactions courroucées de cette dernière face aux velléités de Neoma de la dépasser en motivant ses « admisseurs ». Et le résultat est sans appel : 335 candidats ont finalement choisi Neoma plutôt que GEM quand 120 ont fait le choix contraire. En 2021 le match s’était soldé sur une courte victoire de GEM : 160 à 151.

Du côté des leaders la hiérarchie établie en 2021 se confirme :

  • toujours plus au pinacle HEC ne perd encore une fois cette année qu’un candidat au profit de l’ENS Paris-Saclay ;
  • l’Essec et ESCP suivent comme d’habitude mais constatent que, s’il est loin d’y avoir un match avec l’Edhec, elles n’en perdent pas moins respectivement un et cinq candidats qui préfèrent finalement l’Edhec ;
  • l’Edhec enfonce le coin avec emlyon : cette année seulement 35 candidats ont choisi cette dernière quand 334 ont fait le choix contraire (en 2021 le match s’était soldé par un 325 à 88 alors qu’en 2019 ils n’étaient encore que 112 à préférer l’Edhec à emlyon) ;
  • Skema s’impose à la 6ème place et plie le match avec Audencia par 326 à 106 (en 2021 si 268 admis à Audencia avaient finalement opté pour Skema ils étaient 190 à faire le choix contraire). Skema s’impose également en termes de nombre de candidats: 8141 contre 7909 en 2021.
Previous ArticleNext Article
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Send this to a friend