ECOLES DE MANAGEMENT, POLITIQUE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Comment former les acteurs de l’économie de demain : le mode d’emploi de The Shift Project et Audencia

The Shift Project et Audencia y travaillent depuis un an en compagnie d’autres écoles de management, d’IAE France et de Nanterre Université. Ils ont publié cette semaine un rapport Former les acteurs de l’économie de demain dont la couverture résume à elle seul la problématique.

De réels efforts. Alors que seulement 6% des formations en management abordaient les enjeux écologiques dans des cours obligatoires en 2019, les conclusions du rapport établissent que « sous la pression des étudiants, les écoles de management et les Instituts d’administration des entreprises (IAE) ont fait des progrès importants dans la prise en compte de ces sujets ». Mais les experts n’en regrettent pas moins également que, dans un contexte où « la prise en compte des enjeux écologiques par les établissements ne se traduit pas par une augmentation du nombre d’étudiants» et où les entreprises ne « manifestent pas massivement un intérêt appuyé pour le sujet », et alors que l’intégration de ces sujets a un « coût non négligeable », certains établissements tendent à intégrer les enjeux écologiques de « manière superficielle ». Leur « transformation » ne toucherait alors qu’un nombre limité de leurs effectifs « pour ne pas être pénalisés aux yeux des étudiants, mais sans remise en question approfondie et systématique de leurs enseignements ». Ce qu’on appelle du greenwashing…

Des transformations profondes sont nécessaires insiste Christophe Germain, le directeur général d’Audencia : « La transformation vers une économie et une société décarbonées, sobres et résilientes, ne relève pas d’un changement marginal, d’un coup de peinture verte sur nos manières de faire, mais d’un changement de paradigme profond sur la manière de penser et d’organiser notre système productif ».

Des ressources utiles. Le rapport comprend un socle de connaissances et de compétences à destination des enseignants et responsables pédagogique. Ce socle décrit les connaissances et compétences à intégrer dans les cours obligatoires enseignant les fondamentaux de la gestion. Ses connaissances représentent environ 165 heures d’enseignement, dont 48 h (6 crédits ECTS) devraient faire l’objet de cours dédiés aux contraintes physiques et à leurs implications socio-économiques.

Ce socle est complété par des fiches métiers pour les filières marketing, stratégie (dont conseil), contrôle de gestion et achats et logistique, avec les évolutions de ces métiers requises pour la transition écologique, et des connaissances et compétences pour les étudiants se spécialisant dans ces filières. Les métiers de la finance font l’objet d’un rapport dédié qui sera publié le 15 décembre 2022.

Un focus est également proposé sur le numérique qui précise les fondamentaux à enseigner pour mettre en œuvre la sobriété numérique, par exemple la connaissance des impacts du numérique sur les émissions de gaz à effet de serre.

 

+ tab 3 on the width range : Les propositions du Shift Project et d’Audencia pour une évolution du contenu de plusieurs programmes de programme Grande école.

 

Comment mener la transition ? Toute une partie du rapport est consacrée au processus à mettre en œuvre dans les établissements qui passe d’abord par la formation de tous personnels (au moins 10 h de formation pour la direction et le personnel administration et 48 h pour les enseignants). Cette transition doit mobiliser au moins 3% du budget de fonctionnement des établissements pendant au moins 3 ans.

L’Etat est quant à lui appelé à « créer un cadre académique incitatif », par exemple en valorisant l’interdisciplinarité et l’enseignement dans les carrières des enseignants-chercheurs.

Les évaluateurs devraient de leur côté « accorder aux enjeux écologiques un poids supérieur à tous les autres critères».

Plus de 150 professionnels de l’enseignement en gestion ont participé à ce projet, dans plus d’une vingtaine d’établissements

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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