ECOLES DE MANAGEMENT

emlyon et Galileo : mariage heureux ?

La direction de emlyon réunie pour présenter son futur campus : de gauche à droite Guillaume Pepy, Isabelle Huault, Marc-François Mignot-Mahon et Philippe Valentin

« Nous sommes très fiers du travail titanesque que fait Isabelle Huault avec ses équipes après que l’emlyon ait été un peu chahutée. » Président de la Chambre de commerce et d’industrie Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, Philippe Valentin est venu présenter les évolutions de son école en compagnie du président de Galileo Global Education (GGE) et nouvel actionnaire de référence de l’emlyon, Marc-François Mignot-Mahon, aussi inquiet qu’ambitieux  : « Notre modèle des Grandes écoles, que tout le monde nous envie, est en danger. La compétition est devenue féroce face à des universités anglo-saxonnes aux moyens sans commune mesure. Et nous sommes aussi face à la concurrence des Gafam. Nous devons créer une vraie global business university en France et en Europe ». Et y met les moyens :  l’augmentation du capital de 50 millions d’euros consécutive à son entrée au capital porte les capacités d’investissement de l’école à plus de 100 millions d’euros.

Quel partenaire sera Galileo ? Galileo entend apporter sa compétence mondiale à emlyon : à Londres, à Regents’ Park, à Milan, des espaces l’attendent déjà. « Galileo est aussi une structure capable de produire des contenus pédagogiques. Il faut aussi investir fortement dans la recherche de emlyon », reprend le président, qui entend voir emlyon « réaliser des acquisitions avec notamment son propre campus en Amérique du Nord. C’est le sens de notre entrée au capital de emlyon ». Galileo sera également là pour apporter ses compétences digitales grâce à sa plateforme Studi – qui lui a coûté 150 millions d’euros – mais aussi demain dans un ERP (Enterprise Resource Planning) et un Student Information System (SIS) global à tous les établissements.

Très « heureuse » de voir son école « s’arrimer à Galileo » tout en rappelant que la CCI « reste majoritaire », Isabelle Huault, présidente du directoire de l’école, est certaine que « l’anima de l’école, la force de sa recherche, sera préservée comme sa raison d’être ». Isabelle Huault compte également bien « amplifier l’hybridation des programmes avec les écoles du groupe Galileo comme l’Institut Marangoni à Milan, Strate à Lyon ou encore le Cours Florent ». Et d’insister : « Les sciences du management seules ne peuvent pas décrire les grandes transitions ».

Côté développement international, des implantations en Amérique du Nord et en Europe sont prévues. Près de 80 millions d’euros seront consacrée à ce déploiement international, notamment à travers des acquisitions ciblant prioritairement des écoles de management ou d’ingénieurs. L’intégration d’un campus nord-américain et d’un campus européen sont d’ores et déjà à l’étude. L’ouverture d’emlyon à de nouveaux publics internationaux sera réalisée par des investissements dans le digital avec une enveloppe d’au moins 15 millions d’euros.

Galileo actionnaire pérenne ? « Galileo est le bon partenaire, c’est un champion de l’éducation qui succède à un fonds de placement », insiste le nouveau président du conseil de surveillance de l’école et ancien président de la SNCF, Guillaume Pepy, qui insiste : « C’est une mission d’intérêt général de créer une global business university tout en restant une école consulaire. On peut réaliser une mission de service public tout en étant une entreprise ». Il veut maintenant une « gouvernance stable avec une directrice qui restera longtemps en poste » : « Au sein du conseil de surveillance nous ne sommes pas un groupe de béats, nous sommes là pour contrôler ce que fait l’école ». Un président qui sera un « ambassadeur de l’école auprès des entreprises ».

Cette question d’être un actionnaire de référence est au cœur du projet de Marc-François Mignot-Mahon : « Nous ne sommes pas un fond et nous ne sommes pas possédés par un fond. Mon combat a été de ne plus être propriété d’un fond. Aujourd’hui notre principale actionnaire, Thetis, est l’émanation de L’Oréal avec une famille qui est actionnaire depuis 150 ans et n’a pas vocation à vendre. De même le CPIIB appartient à l’Etat canadien et BPI au gouvernement français. L’actionnariat de Galileo est plus stable que les entreprises du CAC40. Nous n’avons jamais cédé d’entreprise depuis la création de Galileo. Nous ne revendrons jamais nos parts ». Et Philippe Valentin de conclure : « Nous sommes partis sur une logique industrielle depuis le début et nous sommes sur le long terme ».

Visite du futur campus en compagnie des équipes dirigeantes et de la gouvernance de emlyon

Le futur campus ouvrira ses portes en septembre 2024 au sein d’un écosystème universitaire qui compte déjà 40 000 étudiants. « On se rapproche aussi de nos étudiants qui vivent déjà pour la plupart près du futur campus », se félicite Teddy Breyton, maître d’ouvrage d’un projet qui a nécessité 120 millions d’euros d’investissement. Si, avec un peu plus de 25 000 m2, la surface totale est à peu près la même que celle dont dispose aujourd’hui l’école à Ecully c’est cette fois-ci dans un seul bâtiment que pourront cohabiter et se rencontrer tous les étudiants. Pour être précis un tiers à la fois puisque le campus peut abriter environ 3 000 des 9 000 étudiants de l’école en situation de cours.

Une centaine de salles de cours, un grand jardin privatif planté de 152 arbres – un par année de l’école – avec un rez-de-jardin qui permet de connecter les deux bâtiments tout en gardant une traversée centrale, mais aussi une grande agora qui sera un lieu événementiel pour répondre aux besoins de la communauté et faire rayonner l’école, ce campus « constituera un véritable levier pour attirer les meilleurs étudiants et enseignants chercheurs au cœur du dynamique écosystème lyonnais ».

  • L’ancien campus deviendra un « campus de la Sécurité européenne ».
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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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