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« ESCP Europe peut être un véritable « gateway to Europe »: Bertrand Moingeon

Il symbolise la réussite d’HEC dans l’Executive Education avec un chiffre d’affaires multiplié par 15 sous sa direction entre 1998 et 2013. Bertrand Moingeon vient d’être nommé directeur général adjoint en charge de l’Executive Education et des Corporate initiatives de ESCP Europe.

Qu’est-ce qui vous a fait venir à ESCP Europe ?

En 2013 je suis parti en congé sabbatique puis à l’ile Maurice pour y promouvoir le campus d’HEC en Afrique australe, orientale et dans l’Océan indien. Je suis très fier d’avoir été sollicité par le directeur de ESCP Europe, Frank Bournois, dont j’apprécie grandement le leadership et suis totalement aligné sur les valeurs. Venir à ESCP Europe, c’est rejoindre une institution unique avec beaucoup de potentiel. Je suis un européen convaincu. A HEC j’avais créé il y a près de 15 ans l’Institut de l’Europe avec Noëlle Lenoir (ancien Ministre) et je suis passionné par l’ADN européen de ESCP Europe comme par son ambition globale. Son business model est très innovant avec des campus pan-européens et d’excellents partenariats partout dans le monde.

Comment avez-vous développé l’Executive Education à HEC ?

C’est avant tout la mobilisation d’une équipe autour d’une vision. A mon retour d’Harvard où j’avais été professeur visitant, le directeur général de HEC m’a confié une mission d’audit de la formation continue. L’activité était juste à l’équilibre et certaines personnes conseillaient de purement et simplement fermer le centre. J’avais pu constater combien une business school comme Harvard prenait appui sur l’executive education, ce dont j’ai convaincu Bernard Ramanantsoa, alors DG de HEC. J’ai ensuite été élu quatre fois de suite à la direction de HEC Executive Education. Un record de longévité dans cette fonction ! En 2007, je suis devenu DGA tout en conservant ce périmètre car c’est une activité que je trouve passionnante, en lien direct avec les entreprises. J’avais repris en tant que DGA des missions de développement académique, notamment avec la création d’un campus au Qatar.

L’Executive Education doit absolument contribuer au développement des ressources propres des business schools. Surtout aujourd’hui avec un financement classique décroissant. Il doit également être un facteur de notoriété internationale avec la signature de contrats dans de grandes entreprises. Avoir formé des cadres dans de grandes entreprises fait entrer la marque dans leur carte mentale. La première place mondiale que nous avons finalement obtenue dans le classement de l’Executive Education du Financial Times n’était que la résultante de tout notre travail.

Quels objectifs vous donnez-vous maintenant en termes de développement de l’Executive Education de ESCP Europe ?

C’est trop tôt pour en parler. ESCP Europe, de par son ADN européen, peut non seulement être un véritable « gateway to Europe » pour les entreprises souhaitant mieux comprendre la dynamique de notre continent mais elle est aussi tout particulièrement bien placée pour accompagner les entreprises européennes dans leur internationalisation, en mobilisant son corps professoral multiculturel et reconnu pour la pertinence de ses recherches ainsi que son réseau de partenaires de premier plan (Cornell aux USA, Tsinghua en Chine, Ahmedabad en Inde, etc.)

La force de ESCP Europe aujourd’hui c’est aussi la notoriété et la réputation de son EMBA, un flagship avec une logique multisites qui doit beaucoup aux professeurs, à toute l’équipe et tout particulièrement à Valérie Madon qui en a porté le développement durant toute ces années.

 Vous êtes responsables de l’Executive Education sur tous les campus de ESCP Europe, à Turin comme à Berlin, Paris comme Madrid, Londres comme Varsovie. Comment pensez-vous travailler avec toutes ces cultures ?

Je n’imagine pas un modèle unique qui s’impose aux campus localement. Nous allons co-créer sur chaque marché, venir en appui quand cela est demandé. Chaque campus doit avoir son pôle d’excellence et apporter sa pierre à l’édifice fédéral : Turin a la capacité de promouvoir l’offre avec un fort dynamisme commercial dans un pays où les business schools ne sont pas nombreuses, Madrid a vocation à rayonner sur le marché hispanique et valoriser son expertise en e-learning, Berlin est réputé notamment pour ses formations entrepreneuriales, Londres a conçu des formations reconnues dans le management de l’énergie ou encore la créativité, etc. L’ESCP Europe, c’est en fait la démonstration que l’union fait la force !

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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

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