ECOLES DE MANAGEMENT

« Être et durer » : l’EM Normandie présente à Oxford son plan stratégique 2018-2021

« Old school, young mind » comme nouvelle base line, un plan stratégique appelé « Être et durer », au sein d’un monde des business schools parfois tourmenté, l’EM Normandie affirme décidément sa volonté de s’inscrire dans la durée. Et elle le prouve. L’école affiche en effet une nouvelle augmentation de ses effectifs pour l’année universitaire 2018-2019. 1 300 nouveaux étudiants intègrent ses programmes de formation initiale diplômante, soit une augmentation de 6% par rapport à l’an dernier. Au total, elle approche les 4 000 étudiants (ils étaient 2 600 en 2013 au début de son précédent plan stratégique) dont 1100 pour son programme Grande école qui a fait le plein cette année en prépa. Depuis 2013 son chiffre d’affaires sera passé de 22,5 à 42 M€ sur cinq campus : Caen, Le Havre, Paris, Oxford et Dublin. Pour répondre aux exigences des accréditeurs, une vingtaine de professeurs ont été accompagnés vers le doctorat.

Oxford. Il y a maintenant quatre ans que l’EM Normandie s’est implantée à Oxford. D’abord dans de petits locaux en centre-ville. Aujourd’hui dans 600 m2 au cœur du campus du City Oxford College qu’elle partage avec des écoles professionnelles britanniques. « Nous avions d’abord regardé à Londres puis exploré Oxford, une ville magique quand on parle enseignement supérieur dans laquelle aucune école française n’était implantée », confie le directeur de l’EM Normandie, Jean-Guy Bernard, qui démarre sa dernière année à la tête de l’école.

Aujourd’hui ce sont 200 étudiants de tous niveaux – ils pourraient être jusqu’à 250 – qui viennent y suivre des cours chaque année. « Ils viennent une année entière, c’est plus efficace que seulement un semestre. Ils peuvent même suivre tout leur cursus ici », précise Jean-Guy Bernard. En plus de la direction, quatre professeurs permanents de l’école sont installés à Oxford et donnent environ un tiers des cours. « Nous voulons mettre en place une pédagogie anglo-saxonne et donc faire appel à des professeurs locaux », commente le directeur du campus, Hendrik Lohse qui pousse ses étudiants à aller suivre le monceau de conférences gratuites qu’organisent les différents colleges d’Oxford.

De quoi convaincre les étudiants français de rejoindre l’école. « Après ma classe préparatoire j’ai vraiment choisi l’EM Normandie pour cette possibilité de partir tout de suite étudier à l’étranger, ce qu’elle est la seule à proposer », confie Julia, étudiante en troisième année tout juste arrivée à Oxford. Brexit aidant l’EM va créer, d’ici deux ans car la procédure est longue, une filiale de droit britannique pour faciliter l’obtention de visas aux étudiants étrangers. « Il y aura surement des tensions, et nous en avons déjà vécues, pour des étudiants non Européens. Or notre campus est ouvert à tous nos étudiants », commente Jean-Guy Bernard dont l’école, association française, n’a pas pu recruter un professeur indien pour venir enseigner à Oxford.

Le Havre, Caen, Paris, Dublin. Un nouveau bâtiment de 12 700 m2 devait voir le jour en 2019 sur les quais du Havre. Un travail plus long que prévu en raison de la présence potentielle de bombes de la Seconde Guerre mondiale a repoussé l’ouverture à 2020. Un investissement de 20 M€ financé par les collectivités dont la moitié par la CCI Seine Estuaire et autant par la société d’aménagement du Havre et la région Normandie. « Nos territoires nous soutiennent et nous ont également permis de nous étendre de 2000 m2 à Caen en 2016 avec le soutien de la CCI locale. »

Quant à Paris le succès de l’école y est tel que l’école a dû louer de nouveaux locaux dans Paris pour atteindre les 3400 m2. Elle attend maintenant que Grenoble EM, avec laquelle elle partage ses locaux rue du Ranelagh, déménage pour occuper tous les locaux. « Nous pourrions doubler nos effectifs sans que cela nuise à Caen et au Havre. Mais nous ne voulons pas être une école parisienne. Cela inquiète des écoles parisiennes mais pensons arriver au même niveau que nos deux autres campus historiques ».

Enfin l’école reçoit depuis l’année dernière 80 élèves à Dublin. « Dublin est un recours si le Royaume-Uni se ferme. Notre seul problème c’est le logement qui y est très cher, au même niveau qu’Oxford sans la même qualité avec le développement exponentiel des sociétés high tech. »

Renouveler la pédagogie. Depuis septembre dernier l’EM Normandie a transformé sa pédagogie pour mieux répondre aux attentes de ses étudiants. Des cours de culture générale sont par exemple délivrés dès la première année. Des parcours à la carte sont proposés pour faciliter l’intégration des étudiants arrivés dès le bac et ceux qui intègrent l’école après une classe préparatoire, une double origine qui est une spécificité de l’école. Dans le même esprit d’ouverture les « Grands rendez-vous de l’EM Normandie » sont lancés en octobre en commençant cette année par des conférences consacrées à l’intelligence artificielle (IA). Dans l’esprit de la « student experience » (SX) qui est aujourd’hui au cœur de la réflexion des écoles, une « Spirit Division » va également être créée pour « cimenter une communauté » qui va des étudiants aux alumni. « Nous allons proposer à nos étudiants de vivre une expérience de vie collective, forte et structurante pour leurs études et pour leur future carrière professionnelle », Solène Heurtebis, directrice de l’association Alumni EM Normandie depuis 2013, qui étend son champ d’actions.

Mais c’est bien au cœur du cursus du programme Grande école que se trouve l’évolution la plus notable. « Nous voulons mixer des cours très classiques et d’autre très novateurs. Nous voulons également évaluer de différentes façons », explique Jean-Christophe Hauguel, le directeur général adjoint de l’école. Pour donner du temps à la réalisation de projets les étudiants n’ont depuis la rentrée pas plus de 200 heures de cours par semaine (20 heures par semaine au maximum). « Au moins deux cours classiques sont maintenus par semestre pour que les étudiants restent dans leur « zone de confort » tout en travaillant en pédagogie inversée ou digitale. » A Oxford des cours en tous petits groupes sont organisés. « Je demande à mes étudiants de lire plusieurs livres et essais – en anglais – comme par exemple « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques » de Philip K. Dick -, avant de les commenter ensemble », explique Yoann Bazin, l’un des professeurs de gestion installés à Oxford qui tient beaucoup à cette dimension culture générale : « C’est ainsi qu’on enseigne dans les pays anglo-saxons, aux Etats-Unis comme ici, avec une large part donnée à l’ouverture sur le monde et des choix d’orientation progressifs ». Un modèle qui va si bien à une EM Normandie de plus en plus tournée vers l’international. La durée d’expatriation obligatoire en deuxième année d’études post bac passe ainsi d’un semestre académique à une année complète. Un schéma que l’EM Normandie est la seule des Grandes écoles postbac à proposer.

  • L’EM Normandie a dévoilé la semaine dernière son nouveau logo qui conserve sa forme carrée d’origine, une géométrie qui « met en relief la stabilité de l’école ». Le changement s’opère à travers le choix du monogramme « EM » pour Ecole de Management ; au centre du logo, il « met en évidence son cœur de métier ». Le tout posé au-dessus d’une appellation « business school ». « 1871 », référence à l’année de création de l’EM Normandie (de sa composante la plus ancienne, l’ESC Le Havre) « met en exergue la longévité de l’école » soulignée par une nouvelle baseline : « Old School, Young Mind ».
  • Le logo est décliné en six appellations qui vont de la fondation aux alumni. Toute une campagne va maintenant être lancée sur le thème de l’exploration et du voyage : « Explore Reveal More ». Le tout réalisé entièrement par les équipes de l’école. Enfin est lancée une nouvelle plateforme Internet dans un esprit d’expérience utilisateur avec même un espace de gaming.
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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