Neoma transforme sa pédagogie et conclut de nouveaux partenariats académiques

by Olivier Rollot

Delphine Manceau explique les évolutions pédagogiques de Neoma entourée d’Alain Goudey et Alexandre Pourchet

« Nous devons former des jeunes diplômés capables de faire face à la complexité et à l’incertitude en distinguant les signaux faible du bruit. Des professionnels capables aussi d’entrainer les autres dans leurs projets » Face à la montée des IA, dans un contexte géopolitique de plus en plus incertain, la directrice générale de Neoma, Delphine Manceau présentait cette semaine les nouvelles orientations de son école. Au programme : renforcement de l’exigence vis-à-vis des étudiants, développement de leur curiosité pour aller « découvrir des mondes qui peuvent être éloignés du management », et surtout la « passion » ! Et de très nombreux nouveaux partenariats avec des universités de premier plan comme Stanford, Columbia, UCLA ou Caltech.

Trois grands axes. Cette volonté passe d’abord par le développement de la faculté. Neoma a ainsi recruté 65 professeurs ces trois dernières années avec 86% de professeurs internationaux. Des professeurs qui sont ceux qui publient le plus de toutes les écoles françaises en nombre d’étoiles.

Autre axe, mettre les campus aux meilleurs standards internationaux avec notamment en janvier prochain l’ouverture du nouveau campus de Reims sur 35 000 m2.

Enfin les humanités sont de plus en plus mises en avant avec de nouveaux cours, un prix et la publication en novembre 2026 d’un numéro spécial de la revue « l’éléphant », spécialiste de la culture générale.

Une transformation globale fondée sur les IA. Ce sont bien sur les IA qui sont au cœur du processus. Après le partenariat avec Mistral, la formation aux IA des professeurs de l’Aphec et une rencontre annuelle « IA et ESR » le directeur général adjoint de Neoma en charge de la transformation numérique, Alain Goudey, propose aujourd’hui une transformation globale de l’école. 15 millions d’euros vont ainsi être investis ces trois prochaines années pour transformer profondément l’école et recruter quinze nouvelles personnes. Sont ainsi développés plusieurs outils IA dont Nemo, un chatbot intégré au site de l’école, capable de répondre aux questions des étudiants avant même leur arrivée sur le campus. L’école développe aussi une « boîte à outils IA » pour ses étudiants et enseignants. « Ce n’est pas naturel pour un humain de parler à une machine. Ça doit s’apprendre », observe Alain Goudey.

Une place singulière donnée aux humanités. La grande singularité de cette stratégie réside dans la place accordée aux humanités. Un an après l’introduction de cours de littérature dans le programme, Neoma annonce l’élargissement du dispositif. Au programme : Fénelon, Frankenstein, Simone Weil ou encore des réflexions sur « l’homme et la machine ». « La littérature, la philosophie, les sciences humaines ne sont pas simplement des suppléments culturels, affirme Alexandre Pourchet, directeur général adjoint en charge des programmes et de l’international. Elles développent exactement ce que l’IA ne sait pas faire : la nuance, l’interprétation, l’empathie, le recul critique. »

Cette orientation se matérialise dans un nouveau parcours baptisé « The Human Edge », construit avec l’université d’Édimbourg et IE University à Madrid.

Hollywood, GOBELINS et UCLA. L’école veut aussi ouvrir ses étudiants aux industries culturelles et créatives. Un double diplôme sera proposé avec GOBELINS, référence française du design et de l’animation. Mais l’annonce la plus spectaculaire concerne UCLA, à Los Angeles. Les étudiants pourront rejoindre la prestigieuse School of Theater, Film and Television. Quatre parcours seront proposés, du semestre d’échange aux doubles diplômes spécialisés dans l’industrie du divertissement.

Doubles diplômes ingénieur-manager. Des partenariats avec l’Institut Agro d’Angers et les Mines d’Alès ouvrent également de nouveaux doubles diplômes ingénieur-manager, notamment autour de l’intelligence artificielle, de l’industrie du futur ou de la viticulture.

Des partenariats internationaux de premier plan. Neoma revendique aujourd’hui 400 partenaires internationaux – un chiffre appelé à rester stable – et collabore avec 75% du top 50 du classement du Financial Times des business schools. Contrairement à certaines écoles qui ouvrent des campus à l’étranger ou créent de nouvelles écoles spécialisées, Neoma privilégie ainsi une logique de partenariats internationaux. « L’avantage de notre modèle, c’est la rapidité. Avant qu’on atteigne le niveau de Caltech en tech, il peut se passer un peu de temps », ironise Delphine Manceau.

Neoma annonce aujourd’hui des accords avec les universités de Columbia, Cornell et l’université de San Diego. L’objectif : connecter la finance aux grands enjeux contemporains — intelligence artificielle, géopolitique, fintech et développement durable. Avec Columbia, les étudiants pourront accéder à des programmes en finance durable, relations internationales ou droit des affaires. Cornell ouvrira des doubles diplômes mêlant finance et intelligence artificielle ou fintech. « La finance ne peut plus se penser sans la géopolitique », souligne Alexandre Pourchet.

La stratégie internationale s’étend enfin aux sciences et aux technologies de pointe. Neoma annonce des partenariats avec Stanford et Caltech, « temple américain de la recherche scientifique ». À Stanford, les étudiants pourront suivre des summer schools parmi « plus de 130 cours » autour de l’innovation, de l’entrepreneuriat ou des sciences. Avec Caltech, l’école lance un programme sur mesure permettant à quinze étudiants de vivre une immersion complète au sein de l’institution californienne. Au total, ces nouveaux accords représentent 156 nouvelles places à l’international et 64 doubles diplômes.

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