ECOLES DE MANAGEMENT

« Nous voulons doubler nos effectifs d’ici 2025 »: entretien avec Laurent Espine, directeur de l’Idrac BS

Il entend doubler les effectifs du Groupe Idrac en passant de 4000 à 8000 étudiants d’ici 2025, notamment en ouvrant de nouveaux campus. Rencontre avec un directeur très ambitieux pour son groupe, Laurent Espine.

Olivier Rollot : Nous sortons peu à peu de la pandémie. Comment l’Idrac BS l’a-t-elle gérée ?

Laurent Espine : Notre plan stratégique 2016-2021 prévoyait déjà le recours au distanciel avec la création de modules digitalisés asynchrones. Mais nous sentions aussi que 10% de formation distancielle en master était une limite au-delà de laquelle il ne fallait pas aller. Aujourd’hui, après un an et demi de confinement plus ou moins strict on peut estimer que notre recours au distanciel asynchrone s’est plutôt bien passé. Cela a d’ailleurs également replacé l’enseignant au cœur du dispositif. Le recours au digital n’est plus un élément essentiellement économique, vu comme permettant de réaliser des économies pour être clair, mais comme un moyen de réinventer les dispositifs pédagogiques. Aujourd’hui il faut aller encore plus loin en accompagnant mieux les étudiants mais aussi les professeurs qui ont parfois du mal à s’exprimer devant une caméra, sans public.

O. R : L’Idrac sort de la crise dans de bonnes conditions ?

L. E : Nous nous sommes plutôt bien comportés pendant cette crise avec même une progression de nos effectifs en apprentissage. En tout 500 étudiants de plus dans l’ensemble du réseau Idrac dont 200 pour Idrac Lyon. Nos bachelors, nos masters mais aussi nos BTS reçoivent de plus en plus d’étudiants.

Dans ce contexte nous voulons doubler nos effectifs en passant de 4000 à 8000 étudiants d’ici 2025. Le nombre d’étudiants du programme Grande école devrait doubler, celui des étudiants en bachelor passer à 3000.

O. R : Quels sont les grands objectifs de votre stratégie 2021-2025 ?

L. E : La première ambition de notre association est de maintenir un modèle de proximité tout en développant des compétences essentielles aux nouveaux business models. Les premières sont digitales avec une véritable révolution en cours dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Les deuxièmes sont managériales avec une Intelligence artificielle (IA) qui va générer une révolution aussi importante que celle de l’automatisation pour l’industrie dans les années 90. L’IA aura un impact considérable sur la manière de manager en amenant de nouveaux troubles et risques psycho-sociaux que devront apprendre à gérer les managers. Enfin l’impact environnemental va s’imposer avec une clientèle de plus en plus concernée. Tout cela nous le résumons avec notre base line « Devenez remarquable ! »

O. R : Comment l’Idrac va-t-elle avoir les moyens de ce développement considérable que vous mis à votre agenda ?

L. E : Nous avons redéfini trois principes. D’abord l’indépendance de la gouvernance vis-à-vis de fonds de pension. Aujourd’hui nous sommes à l’équilibre financier avant même de toucher de la taxe d’apprentissage et nous pouvons investir. Ensuite nous voulons équilibrer pédagogie et recherche en ancrant les éléments de recherche dans notre projet. Enfin nous tenons à notre ancrage territorial avec nos huit campus. Notre projet ce n’est pas, cela n’a jamais été, de développer seulement un méga campus à Lyon.

O. R : Vous allez créer de nouveaux campus ?

L. E : Nous allons ouvrir en 2023 un nouveau campus à Lille qui est une capitale régionale forte et où le réseau Compétences et Développement, dont nous faisons partie comme 12 autres écoles, est déjà présent. Nous réfléchissons également au Grand Est pour 2024-25 mais là aucune école du réseau n’est présente.

Nous sommes absolument certains d’être l’école des territoires avec 78% de nos étudiants en bachelor comme en PGE issus de département proches. Des étudiants qui restent à 85% dans la ville ou la région de leur campus une fois diplômés.

O. R : A Lyon la compétition est particulièrement dure entre les écoles postbac !

L. E : L’Idrac est une vieille école lyonnaise et les nouveaux arrivants n’ont pas d’impact pour nous dans une ville qui attire de plus en plus d’étudiants.

O. R : A l’international quels sont vos axes de développement ?

L. E : Nous avons aujourd’hui 100 accords de partenariat dans le monde et huit campus – bientôt neuf avec le Canada – associés. Nous proposons également un programme Idrac tout en langue anglaise en 3ème année de bachelor et 4ème année de programme Grande école.

O. R : Ce développement international est-il accompagné par l’obtention d’accréditations internationales ?

L. E : Nous démarrons le processus EFMD Acredited (anciennement Epas) puis nous passerons à l’Amba et enfin à Equis. Nous avons également réalisé le processus BSIS (Business School Impact System) pour nos campus de Lyon et Montpellier. Nous allons maintenant le réaliser au niveau national au 2ème semestre 2021

Les accréditations sont aussi françaises et nous venons d’obtenir la certification Qualiopi pour notre CFA (centre de formation d’apprentis) et notre association.

O. R : C’est particulièrement important pour vous d’être accrédité Qualiopi avec votre positionnement en alternance. Quel pourcentage de vos étudiants suit-il aujourd’hui un cursus en alternance ?

L. E : Plus de la moitié, de 53 à 54%, avec un fort développement cette année à la suite des aides gouvernementales aux entreprises. 8000€ par an pour un apprenti majeur et même 4000€ de plus accordés par la BPI s’il s’agit d’un poste d’apprenti dirigeant.

O. R : Cette faculté à former des apprentis se retrouve dans votre approche pédagogique fondée sur les compétences ?

L. E : Nous apportons effectivement à nos étudiants trois grandes compétences. Métiers, encapsulées dans des titres et des diplômes. Humaines avec des softskills développés dans le cadre de l’alliance HEP Education. D’ouverture avec la possibilité de réaliser des parcours au sein des 12 écoles du groupe Compétences et Développement pour obtenir un bloc de compétences voire même un double diplôme. Chaque année il est ainsi possible d’acquérir une nouvelle compétence ou de persévérer dans la même dans le cadre de « Discovery Weeks ».

Nous allons d’ailleurs bientôt réformer notre programme Grande école pour aller plus loin dans ce processus de double diplomation.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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