ORIENTATION / CONCOURS

Parcoursup : plongée dans les « attendus »

Nous y sommes. La plateforme Parcoursup s’est ouverte aux vœux des lycéens ce 20 janvier. L’occasion de se plonger dans ses entrailles et de vivre ainsi l’angoissante expérience d’un plongeur au milieu de l’Atlantique qui ne sait au début guère vers quel rivage aller. Se plonger dans les « attendus » des filières de Parcoursup – c’est-à-dire le niveau de compétences requis pour y entrer avec de bonnes chances de réussite – c’est en effet découvrir un univers de bonnes intentions mais aussi de précieux indicateurs. Florilège.

  • A l’occasion du lancement des inscriptions sur Parcoursup HEADway Advisory lance un nouveau site consacré à l’orientation des lycéens : Monbacetmoi

Classes préparatoires : savoir produire un travail approfondi. L’ensemble des classes préparatoires se sont entendues pour estimer que les candidats devaient « posséder des aptitudes à un travail approfondi et des capacités d’organisation ».

Pour entrer en classe préparatoire ECG (économique et commerciale générale) il importe de « s’intéresser en particulier aux sciences humaines et sociales (économie, géographie, géopolitique, histoire et sociologie), et disposer d’un bon niveau de connaissance dans celles de ces disciplines qui auront été étudiées au lycée, ainsi qu’en mathématiques et dans les disciplines constitutives des humanités : lettres, langues, philosophie ». Il faut également « montrer des qualités de réflexion, d’argumentation et de rédaction et raisonner rigoureusement, à l’écrit comme à l’oral ». Question spécialité tout dépend du niveau en maths. Pour candidater en ECG option Mathématiques approfondies, il est par exemple indiqué dans un lycée qu’il faut « avoir fait des mathématiques, en première et terminale, en spécialité et/ou maths expertes. La seconde spécialité, quelle qu’elle soit, est acceptée ». Mais dans cet autre lycée il est seulement précisé qu’un « niveau d’ensemble correct avec de bons acquis dans les sciences humaines et sociales, les disciplines littéraires et les mathématiques est indispensable à la réussite, mais aussi une bonne culture générale, de la curiosité, de la motivation et une bonne organisation ».

Pour postuler une classe préparatoire scientifique il faut bien évidemment « disposer de compétences dans les disciplines scientifiques » mais aussi « s’intéresser aux domaines des mathématiques et des sciences ainsi qu’aux démarches associées (analyse, modélisation, résolution de problème, expérimentation et communication) ». Il importe également de « disposer de compétences de réflexion, d’argumentation et d’expression, écrites et orales, attestées par les résultats dans les classes de première et de terminale ». Côté spécialités tel lycée précise que, pour postuler en PC-SI, il est « vivement recommandé de choisir en première les spécialités Mathématiques et Physique-chimie, plus éventuellement une troisième spécialité scientifique, et de conserver en terminale les spécialités Mathématiques et Physique-Chimie (plus éventuellement l’option Mathématiques expertes) ». Pour autant « d’autres choix de spécialités scientifiques sont néanmoins envisageables, les candidatures seront soigneusement étudiées au cas par cas ». Pour entrer en BCPST tel lycée recommande l’association des trois spécialités SVT – Physique Chimie et Mathématiques en première alors qu’en terminale, trois « doublettes » sont recommandées : SVT-PC (avec option Mathématiques complémentaires), Mathématiques-SVT, Mathématiques-Physique chimie.

Enfin pour entrer en classe préparatoire littéraire il importe globalement de « s’intéresser à l’ensemble des disciplines des humanités et disposer d’un bon niveau dans ces disciplines : lettres, histoire-géographie, philosophie, langues anciennes ou vivantes, arts » (pour postuler en B/L il faut également s’intéresser aux mathématiques) comme de « montrer des qualités de réflexion, d’argumentation et d’expression, à l’écrit comme à l’oral ». Enfin il faut « faire preuve d’une curiosité intellectuelle pour les questions abordées dans les disciplines mentionnées et avoir du goût pour l’accès aux connaissances par toute forme de lecture ».  Question spécialité telle classe préparatoire précise que « les disciplines littéraires sont déterminantes (histoire et géographie, langues vivantes et langues anciennes, lettres, philosophie) ».

Licences : autonomie indispensable ! Beaucoup de similitudes apparaissent dans les attendus de l’ensemble des licences universitaires. Notamment la nécessité de « pouvoir travailler de façon autonome, organiser son travail et travailler en équipe » ou de « s’organiser et à conduire ses apprentissages et à programmer son travail personnel et à s’y tenir dans la durée ».

Pour toutes les mentions de licence scientifique, le lycéen doit logiquement attester a minima une maîtrise correcte des principales compétences scientifiques cibles de la classe de terminale. Mais aussi en communication (« capacité à communiquer à l’écrit et à l’oral de manière rigoureuse »), de méthodologie et de comportement.

En gestion, administration économique et sociale (AES) ou encore économie-gestion le lycéen doit également « disposer d’un niveau de mathématiques et de raisonnement conceptuel et logique, ainsi que d’aptitudes à la compréhension, l’analyse et la synthèse ». Il doit « disposer d’un niveau de culture générale et témoigner d’un intérêt pour les questions sociétales » et « avoir un intérêt pour le monde de l’entreprise et les domaines socio-économiques et managériaux ».

Dans les mentions de SHS (sciences humaines et sociales) on insiste également sur la nécessité de « savoir mobiliser des compétences en matière d’expression écrite et orale afin de pouvoir argumenter un raisonnement ». Plus qu’en sciences l’accent est mis sur la nécessité de disposer d’un bon niveau dans au moins une langue étrangère (niveau B). Il s’agit également de « faire preuve de curiosité intellectuelle et plus particulièrement pour les sciences humaines ».

Par ailleurs peu d’indication sont données cette année par les universités sur les choix de spécialités les plus judicieux. Paris-Nanterre est l’une des rares à s’y risquer. Pour sa licence Mathématiques et informatiques appliquées aux sciences humaines et sociales elle précise ainsi qu’il « importe de choisir en première Mathématiques + NSI + SES ou autre spécialité en rapport avec la formation (notamment SI) ». L’option Mathématiques expertes est un « atout à la réussite » pour la double Licence Informatique et Gestion.

Grandes écoles : ouverture requise. Les attendus des Grande écoles postbac sont relativement succincts. Aux attendus requis partout s’ajoute surtout la nécessité d’« ouverture d’esprit » : c’est même la première qualité signalée du côté des écoles de management quand les écoles d’ingénieurs la signalent mais tout en bas de leurs attendus.

Les écoles de commerce insistent donc en priorité sur « l’ouverture et la curiosité » (« notamment en s’intéressant aux enjeux contemporains »), la « capacité à prendre du recul et des responsabilités » et un « intérêt pour la gestion ». Elles recherchent par ailleurs une grande diversité de profils, également attendue par les entreprises, « rendant les attendus nationaux assez larges en termes de parcours scolaire antérieur et de centres d’intérêt ». L’étudiant en école de commerce et de management doit également disposer de compétences en expression écrite et orale, langues étrangères (a minima en anglais) comme en culture générale et humanités.

Les écoles d’ingénieurs exigent évidemment que les candidats disposent de « solides compétences acquises dans les matières scientifiques suivies au lycée, particulièrement en mathématiques, qui pourront être enrichies par des connaissances technologiques ». Comme partout en sciences elles précisent qu’il faut également « disposer de compétences en matière de communication numérique et d’expression écrite et orale afin de pouvoir défendre un argumentaire précis et présenter un projet ». Enfin un niveau minimum en anglais, une bonne culture générale et la capacité à « faire preuve d’ouverture d’esprit et de motivation pour les enjeux sociétaux » sont requis.

Côté spécialités si les écoles de management évitent pour la plupart d’évoquer le sujet il est par exemple précisé dans une école d’ingénieurs qu’il est « conseillé aux lycéens de première suivre l’enseignement de spécialité Mathématiques et au moins un autre enseignement de spécialité scientifique de leur choix ». En terminale il faut conserver l’enseignement de spécialité Mathématiques, complété d’un second enseignement de spécialité scientifique de leur choix ou, « à défaut, deux enseignements de spécialité scientifiques de leur choix, complétés de l’option Mathématiques complémentaires ».

BUT : trois types de compétences attendues. En 2019 les instituts universitaires de technologie (IUT) avaient été les seuls à présenter très précisément les spécialités qu’ils recommandaient pour quasiment tous leurs DUT. Cette année ils sont beaucoup plus prudents pour leurs bachelors universitaires de technologie (BUT) et se contentent de préciser des attendus divisés en compétences générales, techniques et scientifiques et humaines.

Les compétences générales attendues sont en règle générale la maitrise du français (« permettant de communiquer à l’écrit et à l’oral de façon adaptée, de comprendre un énoncé, de l’analyser et de rédiger un raisonnement et une solution »), de l’anglais (« échanger à l’oral, lire et comprendre un texte, répondre aux questions écrites et orales ») mais aussi de culture générale (« savoir s’informer sur les questions d’actualité et savoir les analyser »). Il importe également de « savoir mobiliser ses connaissances et développer un sens critique » et d’être « capable d’évoluer dans un environnement numérique et détenir des connaissances de base en bureautique ».

 Il n’y a pas d’attendus nationaux pour les Sciences Po. Vu leur nombre nous ne vous présentons pas ici les attendus des BTS.

Olivier Rollot (@ORollot)

L’ensemble des attendus du « cadre national des attendus de formation » est consultables au Journal officiel pour :

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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