ECOLE D’INGÉNIEURS, ECOLES DE MANAGEMENT

Passage de relais au Pôle Léonard de Vinci

Sébastien Tran prend la direction générale du Pôle Léonard de Vinci. Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès en deviennent respectivement président et vice-présidente.

C’est une page de l’enseignement supérieur qui se tourne. Forts de leur réussite à l’ECE, Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès prennent en 2013 le direction et la direction général ajointe du Pôle Léonard de Vinci. Un peu moins de dix ans plus tard ils passent le flambeau à leur directeur général adjoint, Sébastien Tran (lire ci-contre), tout en prenant la présidence et la vice-présidence de son conseil d’administration. En dix ans ils auront transformé de fond en comble le pôle, maintenant totalement indépendant du conseil départemental des Hauts de Seine qui l’avait créé sous l’égide de Charles Pasqua.

Sébastien Tran, 45 ans, était jusqu’ici directeur général adjoint et directeur de l’EMLV – dont il conserve la direction. Il est titulaire d’un doctorat en économie industrielle de l’université Paris Dauphine – PSL et d’une HDR en sciences de gestion de l’université de Rouen–Normandie, Sébastien Tran débute sa carrière dans l’enseignement au sein du groupe Sup de Co La Rochelle (désormais Excelia BS) en 2004 puis en devient directeur académique. En 2010, il est nommée doyen de la faculté de l’EM Normandie puis, en 2014, doyen aux affaires académiques de l’ISC Paris, poste qu’il occupera jusqu’en 2017. Cette année-là, il devient directeur de l’Ecole de management Léonard de Vinci (EMLV). En 2019, il est nommé directeur général adjoint du Pôle Léonard de Vinci. Sébastien Tran sera secondé par Alice Evain, secrétaire générale et DRH, qui poursuit ses fonctions et se voit confier le développement immobilier du groupe dans une logique multi-campus.

Le plan stratégique 2022-2027. « Nous allons nous recentrer sur le pilotage stratégique et le développement du Pôle Léonard de Vinci, notamment avec l’ouverture de nouveaux campus, en France et en Europe », confient Pascal Brouaye et Nelly Rouyrès. Tous deux font partie du bureau en charge de la direction du ôle, et notamment du vote de son budget, aux côtés de Bernard de Froment, l’actuel président du conseil d’administration qui devient vice-président et du trésorier, Michel Allard.

A charge maintenant pour le nouveau directeur général, Sébastien Tran, d’accomplir le plan stratégique 2022-2027, « De l’émergence à la référence , qui a été présenté en octobre dernier et prévoit notamment le passage de 8 600 à 12 000 étudiants en cinq ans et la construction d’un tout nouveau campus à Paris en 2025. L’école d’ingénieurs du pôle, l’ESILV, vient quant à elle de s’implanter à Nantes. « Nous avons élaboré ce plan ensemble en nous axant toujours sur les dimensions techniques et numériques qui sont au cœur du projet du pôle », explique Sébastien Tran. Issu d’une formation en économie, la dimension technologique a toujours été très importante pour lui comme en atteste sa thèse de sciences économiques sur l’« Intermédiation électronique et structuration des filières industrielles : le cas des places de marché » : « Les connexions avec le monde des ingénieurs ont toujours été très importantes pour moi. J’ai d’ailleurs enseigné à CentraleSupélec et à l’Efrei ».

Hybride par nature. Créé en 1995, le Pôle Léonard de Vinci est composé de trois établissements d’enseignement supérieur complémentaires : l’EMLV (Ecole de management Léonard de Vinci), l’ESILV (Ecole supérieure d’ingénieurs Léonard de Vinci) et d’une école du digital, l’IIM (Institut de l’internet et du multimédia). « Nous sommes hybrides par nature mais il faut toujours maintenir cette transversalité avec des murs qui ont naturellement tendance à se reconstituer entre les disciplines », insiste Pascal Brouaye, qui considère le pôle comme une « Private International University ». « Le fonctionnement de nos écoles est intégré comme il ne l’est dans aucun autre groupe. Sur nos 8 600 étudiants 1 000 sont inscrits en doubles diplômes ou dans des programmes hybrides », rappelle Sébastien Tran.

Deux fois par an, tout au long de leur cursus, les étudiants des trois écoles travaillent ainsi ensemble dans des hackathons. Une direction soft skills a été créée dès 2015. « Nous mêlons des cultures et nos étudiants apprennent ainsi à travailler avec des profils différents. Ils comprennent ainsi très bien ce que vont leur demander les entreprises », insiste Nelly Rouyrès. Une expérience étudiante qu’on retrouve également dans la vie extra-scolaire, les associations ou les entreprises qui sont portées par les étudiants des trois écoles. Jusqu’au bachelor Technologie et management dispensé conjointement par l’EMLV et l’ESILV et reconnu aussi bien par la Commission des titres d’ingénieur (CTI) que la Cefdg (Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion).

En 2025 le Pôle va quitter ses locaux historiques pour rejoindre un tout nouveau campus. Il s’installera alors dans les locaux rénovés de l’Ecole d’architecture de Nanterre tout en reprenant 10 000 m2 de friches pour y implanter un tout nouveau bâtiment. « Il y aura moins d’amphis et plus de salles modulables. Parce que nous voulons conserver une part de cours en distanciel se pose la question d’où le professeur délivre son cours. De son bureau, d’une salle de cours d’une salle dédiée », s’interroge encore Pascal Brouaye.

Dix ans d’efforts. Si tout cela est possible aujourd’hui c’est après un travail acharné. « En 2003 le Pôle Léonard de Vinci est une très belle idée initiale, possède d’excellents enseignants-chercheurs à l’ESILV et d’excellents enseignants à l’EMLV. L’école d’ingénieurs a intelligemment été axée sur l’informatique. Mais le pôle perd de l’argent chaque année tout en recevant une subvention du conseil départemental », se souvient Pascal Brouaye, qui voit tout de suite, avec Nelly Rouyrés, les synergies possibles entre les écoles. « Nous n’avions pas réussi à nous rapprocher de l’ESCE quand nous dirigions l’ECE au sein du même groupe mais nous nous sommes tout de suite dits qu’il fallait y arriver au sein du pôle, tout simplement parce que c’étaient les attentes des entreprises », se souvient la vice-présidente.

En 2015 le conseil départemental supprime toute aide au pôle et une grande partie des salariés doit être licenciée. Repartie sur des bases plus saines, le pôle peut recommencer à embaucher. C’est le début du renouveau. « Aujourd’hui on nous dit systématiquement que nos équipes sont très engagées dans le projet », assure Pascal Brouaye pendant que Sébastien Tran souligne que « beaucoup nous rejoignent justement pour la transversalité des équipes et des écoles ».

  • Le Pôle Léonard de Vinci possède également un laboratoire de recherche commun aux 3 écoles, le De Vinci Research Center (DVRC), et un Centre d’innovation : De Vinci Innovation Center (DVIC). En 2022, il compte 8 600 étudiants et apprenants (dont plus de 1500 en alternance) et 350 collaborateurs (dont 180 enseignants et enseignants-chercheurs).
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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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