ECOLES DE MANAGEMENT

« PSB entend plus que jamais s’appuyer sur l’expertise du réseau Galileo Global Education»

Membre du réseau Galileo Global Education (54 écoles sur 89 campus dans 13 pays en digital, design, création, arts graphiques, arts de la scène), Paris School of Business entend plus que jamais faire jouer les synergies avec les autres écoles du groupe. Son directeur général, Philippe Jamet, revient avec nous sur sa stratégie.

Olivier Rollot : Il y a maintenant quinze mois que vous dirigez la Paris School of Business. Quelle stratégie mettez-vous en œuvre aujourd’hui ?

Philippe Jamet : Même si nous entendons poursuivre notre progression dans les classements des meilleurs écoles de commerces, nous voulons asseoir notre place dans autre une zone d’excellence, en renouvelant l’offre de formation. Pour cela nous entendons plus que jamais nous appuyer sur l’expertise et le potentiel d’hybridation des écoles françaises et internationales du réseau Galileo Global Education. Nous allons ainsi permettre à nos étudiants de construire leur propre parcours augmenté et individualisé.

Nous nous appuyons également sur nos accréditations internationales. Depuis 2020 l’école est accréditée par l’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) et la Business Graduate Accreditation (BGA). Notre Programme Grande Ecole est quant à lui labellisé par l’EFMD Accredited Master et par AMBA, qui accrédite également notre MBA.

O. R : Cette ambition passe également par un déménagement en 2024.

P. J : PSB rejoindra un nouveau campus à la rentrée 2024. Installé au cœur du quartier étudiant historique de Paris, rue Claude-Bernard dans les locaux qui étaient occupés par Agro ParisTech, ce campus de 20 000m2 sera en effet conçu comme une véritable plateforme d’hybridation et de créativité avec les autres écoles du groupe. Nous y occuperons environs un tiers des locaux.

A la rentrée 2024, ce nouveau campus accueillera les étudiants des trois premières années du programme grande école, ainsi que les étudiants en bachelor. Le campus Olympiades continuera d’accueillir des étudiants mais se concentrera davantage sur le cycle master.

O. R : Quel est le statut de PSB ?

P. J : Nous sommes entité de Galileo Global Education, ce qui nous apporte beaucoup de ressources tout en bénéficiant d’un esprit de groupe fondé sur l’entreprenariat et la délégation.

Nous représentons environ un quart du pôle business de Galileo en France avec 4 000 étudiants et un chiffre d’affaires de 43 millions d’euros. Notre statut nous permet d’ailleurs de bénéficier des crédits d’impôt recherche comme une entreprise de recherche, ce qui contribue fortement à renforcer notre potentiel scientifique

O. R : Digital, design, création, arts graphiques, arts de la scène, le groupe Galileo est puissant dans de nombreux domaines mais il lui manque une école d’ingénieurs ?

P. J : Nous travaillons avec des écoles d’ingénieurs qui ne sont pas dans le groupe comme l’Efrei en data management et cyber sécurité. Mais le but de l’hybridation ce n’est pas seulement d’acquérir de la technique. Non, l’hybridation sert essentiellement à acquérir des savoir-faire comportementaux. Capacité à collaborer, interculturalité, émotion ou encore capacités d’expression, ces soft skills les écoles d’art et de création savent les apporter et nous allons miser là-dessus.

Et puis nous avons également la chance d’être membres associés de l’université fédérale HESAM aux côtés du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), des Arts et Métiers ou encore du Cesi. Le Centre Michel Serre d’Hesam est un projet très intéressant auquel nous voulons apporter notre contribution.

O. R : Quelle place la recherche occupe-t-elle aujourd’hui à PSB ?

P. J : Nous avons structuré notre recherche avec une faculté de belle taille, beaucoup d’enseignants possédant leur HDR (habilitation à diriger les recherches), et aujourd’hui le nombre de nos publications progresse. C’est une influence stratégique pour nous même si elle n’irrigue pas encore assez tous nos programmes de formation. Pour être équipe d’accueil de doctorants, nous souhaitons à court terme intégrer le collège doctoral d’Hesam en gestion.

O. R : A l’international quels partenaires privilégiez-vous ?

P. J : L’épisode Covid démontre, s’il en était encore besoin, que les mobilités internationales doivent entrer davantage dans une logique coût-bénéfice. Il ne s’agit plus de faire du tourisme académique comme cela a pu être le cas. Il faut en accroître la plus-value, non seulement en termes académiques, mais aussi en termes d’hybridation. Nous entendons donc mieux « designer » nos mobilités autour de l’acquisition de nouvelles compétences, avec nos partenaires académiques historiques, bien sûr, mais aussi en s’appuyant sur le réseau Galileo. Par exemple en Allemagne, avec la Macromedia Academy pour des projets de création. Il

Le Covid nous a appris qu’il était possible de compenser en partie les restrictions de déplacements en construisant une véritable « internationalisation à domicile ». Demain il faudra peut-être même considérer un « Metaverse de l’enseignement supérieur ».

O. R : Le programme Grande école de PSB pourrait évoluer ?

P. J : Paris School of Business programme une refonte progressive de son Programme Grande Ecole d’ici 2024. Ainsi, dès la première année, les étudiants seront davantage sensibilisés aux problématiques liées à l’entrepreneuriat, au développement durable et à l’ouverture internationale et interculturelle grâce à une pédagogie immersive (pré-majeures, électifs certifiants, bootcamps, projets, etc.).

O. R : L’apprentissage est très important au sein de PSB ?

P. J : 1700 de nos 4000 étudiants sont des apprentis et jusqu’à 90% en master. Nous opérons principalement au travers du CFA (centre de formation d’apprentis) de Galileo. Nos frais de scolarité étant modérés, le niveau de prise en charge par France Compétence est satisfaisant et le reste à charge pour les entreprises demeure réduit.

Mais nous restons très vigilants sur les évolutions à venir, avec périodiquement des interrogations sur le financement de l’apprentissage dans les Grandes Ecoles. Il est important que la collectivité publique continue à soutenir vigoureusement l’apprentissage dans le supérieur, confortant ainsi la représentation de l’apprentissage comme un système d’excellence global.

O. R : Quelle place occupent les étudiants internationaux au sein de PSB ?

P. J : Aujourd’hui ils représentent un peu plus de 20% de nos effectifs contre un quart avant le Covid. Les frontières se rouvrant, nous ne sommes donc pas loin d’être revenus à l’avant Covid grâce notamment au réseau international de Galileo, même si nous recrutons également en direct. Ainsi nous accueillerons cette année 28 étudiants Thaïlandais dans la spécialisation Luxury Management de notre BBA.

Sur les destinations encore contraintes, par exemple la Chine, nous avons en projet de déployer des formations MSc 100% online. Plus de 100 nationalités sont représentées à PSB

O. R : Vous évoquez l’enseignement à distance. Quelle part faut-il en garder aujourd’hui que le présentiel est redevenu la norme ?

P. J : Avant le Covid nous proposions déjà des programmes en auto-apprentissage et classe inversées que nous continuons à développer. Ce sont des programmes qui ne sont pas toujours adaptés aux étudiants de première année mais conviennent très bien ensuite, notamment aux alternants. Au total nous estimons à 20% de l’ensemble de la maquette pédagogique – c’est-à-dire un jour par semaine – le taux de cours à donner en distanciel.

A cela plusieurs raisons. D’abord laisser cette capacité en veille nous permettra de réagir vite si une nouvelle crise Covid apparait. Ensuite, et surtout, cela correspond aux besoins des entreprises qui ont toujours et de plus en plus recours au télétravail. Nous sommes aussi là pour former des diplômés qui maîtrisent le management des équipes, l’animation d’une réunion ou d’un projet à distance. Nous devons leur conférer de véritables « compétences du distanciel » par une pédagogie utilisant le distanciel.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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