ECOLE D’INGÉNIEURS

(Quasi) plein emploi pour les ingénieurs

Sans surprise l’enquête d’IESF 2013 sur l’emploi des ingénieurs démontre leur quasi plein emploi. Pour autant, et contrairement à la Cdefi, IESF par la voix de son nouveau président, François Lureau, ne considère pas qu’il y ait une « pénurie d’ingénieurs en France ».

Une progression régulière des effectif

Entre 2010 et 2013, le nombre d’ingénieurs est passé de 722 000 à 817 000, soit une croissance annuelle de 4,2 % avec une proportion d’actifs ayant un emploi reste stable aux alentours de 92 %. Prenant acte qu’il y a quatre fois plus de jeunes ingénieurs (25-29 ans) que de plus âgés (60-64 ans), François Lureau parle même d’« ingénierisation » de la France alors qu’en moyenne, un homme actif sur 28 (et même 1 sur 17 chez les 25-29 ans ) et une femme sur 107 sont ingénieurs aujourd’hui en France. Parmi les quelques 800 000 ingénieurs comptabilisés par IESF en 2013, 36 800 sont de nouveaux ingénieurs diplômés en formation initiale alors qu’ils n’étaient que 3 250 en 1950.

Manque-t-on vraiment d’ingénieurs ?

Selon IESF, 43 % des ingénieurs pensent que les entreprises trouvent généralement les ingénieurs qu’elles recherchent, 15 % qu’elles rencontreront des difficultés à court ou moyen terme. Parmi les 42 % qui pensent qu’elles rencontrent actuellement des difficultés à recruter des ingénieurs, 37 % estiment que le recrutement dans les NTIC (électronique, télécom, services informatiques etc.) est plus difficile, 13 % dans les domaines mécanique, production, productique, 9 % pour les doubles spécialités.

De plus en plus de doubles diplômes

En quinze ans, les jeunes ingénieurs ont presque triplé leur taux de formation en management-gestion, passant de 3,7 % à 9,8 %. En tout 34 % des ingénieurs possèdent ainsi au moins un second diplôme de niveau égal ou supérieur au master alors que 8 % en possèdent un troisième, voire plus.

La recherche d’emploi

Au cours de 2013, 100 000 ingénieurs ont été recrutés (ils étaient 85 550 l’an dernier), dont 79 % en France (80 % en 2012). Fin 2013, le taux de chômage chez les ingénieurs est d’un peu moins de 4 % (contre 4 % fin 2012), en comptant ceux qui sortent de l’école (ceux-là sont entre 18 et 22% à chercher un emploi dans les trois dernières promotions).  En excluant ceux qui sortent de l’école, le taux de chômage descend à 2,8%.

Les rémunérations

En 2013, en France, pour les ingénieurs diplômés, le salaire médian annuel était de 55 200 € (38 000€ chez les moins de 30 ans).  La moyenne brute annuelle des salaires était de 66 350 € (contre 65 600 € en 2012 et 65 250 € en 2011). Le tout avec de larges disparités selon les secteurs : le salaire médian varie ainsi de 50 000€ dans l’agriculture, sylviculture et pêche à 90 000€ dans les industries extractives en passant par un peu plus de 68 000€ dans l’industrie chimique.

Combien travaillent à l’étranger ?

IESF s’est plus particulièrement penché cette année sur la question des ingénieurs partis travailler à l’étranger. Fin 2013, près de 117 0000 ingénieurs, soit 15,5% des ingénieurs diplômés en France, travaillaient à l’étranger. De 2005 à 2013, la proportion d’emplois d’ingénieurs à l’étranger est passée de 13,2 à 15,5%. Les 5 premiers pays d’emploi restent les mêmes : Suisse (12,6 %), Allemagne (11,5%), USA (8,4 %), Grande-Bretagne (7,8 %) et Belgique (5,8 %).

La proportion maximale d’ingénieurs travaillant à l’étranger (19 %) se rencontre parmi ceux qui ont obtenu leur diplôme depuis 3 à 8 ans. Pour 15 % des nouveaux diplômés, ce travail à l’étranger est leur première expérience professionnelle. Les industries extractives, industries pharmaceutiques, banque assurance, et industries chimiques sont les secteurs les plus concernés par l’expatriation. Si les responsabilités confiées et les activités exercées sont de niveaux comparables à ce qu’elles de France, les salaires sont plus élevés à l’étranger : de 55 200 € en France, le salaire brut annuel médian s’élève à 75 000 € à l’étranger, avec une population d’ingénieurs un peu plus jeunes.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

1 Comment

  1. D’où sortent ces salaires ? Etant moi-même ingénieur, et ayant travaillé dans de multiples entreprises, je peux vous certifier que nous sommes loin de ces niveaux de rémunération.

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