ORIENTATION / CONCOURS

Sciences Po révolutionne son concours d’entrée

« Nous voulons déconstruire le portrait de l’étudiant idéal de Sciences Po. C’est tout l’enjeu de la construction de cette nouvelle procédure d’évaluation. » Explicitée par Bénédicte Durand, la directrice de la formation, la réforme tant discutée des admissions en première année à Sciences Po entre en vigueur en 20221. Finies les épreuves classiques, place à un recrutement très largement sur dossier tout en conservant un oral qui n’est plus « grand ». Autant d’évolutions en phase avec la situation sanitaire actuelle et que l’ensemble de l’enseignement supérieur regarde avec grand intérêt…

Objectif diversité. Avec cette réforme Sciences Po entend recevoir 30% de boursiers dès 2021 (25 à 27% aujourd’hui) et surtout 15% d’étudiants issus de la procédure CEP (Conventions Education Prioritaire en 2023), soit la moitié des boursiers puisque la voie CEP sera réservée aux boursiers. « C’est un objectif, pas un quota. Nous pensons que passer sur Parcoursup va augmenter notre vivier de candidats. De même ne pas avoir à se déplacer fera sauter une barrière mentale. Nous aurons plus de candidats de familles moins favorisées. Nous sommes très confiants sur cet objectif », reprend la directrice.

Dans ce cadre 15% des places vont être peu à peu réservées aux lycéens des CEP classiques mais aussi de lycées ruraux très éloignés du parcours classique. « Nous allons signer de nouvelles conventions avec de nouveaux lycées début 2021. D’abord avec nos lycées partenaires aujourd’hui avec lesquels nous travaillons en amont comme en aval du processus d’admission pour rattraper des handicaps socio-scolaires », explique la directrice des admissions, Gabriella Crouzet.

Et pour intégrer ces Il faudra dorénavant être boursier alors que le pourcentage baissait constamment et n’atteignait plus que les trois quarts des élèves en CEP. « Pour autant il n’est pas question de fermer l’entrée aux non boursiers dans les conventions alors qu’ils y apportent de la mixité sociale. Nous devons trouver un instrument pour amener les candidats non boursiers vers la voie ordinaire », commente Bénédicte Durand.

Les nouvelles épreuves. « Sciences Po s’est articulée avec la réforme du bac en étant intéressé par tous les profils et en accueillant avec un regard équivalent tous les mixtes de spécialités », affirme Bénédicte Durand en prélude à sa présentation des nouvelles épreuves. Inscrits sur Parcoursup tous les candidats passent les mêmes épreuves avec deux voies d’admission.

Les trois premières épreuves sont rassemblées en un dossier qui « montre la diversité des qualités scolaires et extra-scolaires, leur solidité et leur complémentarité ». Il est constitué de trois notes sur 20 :

  • une note pour les résultats du baccalauréat ou de son équivalent étranger ;
  • une note pour la performance académique et la trajectoire de la candidate ou du candidat qui prend en compte toutes les notes obtenues au lycée sur trois ans, mais aussi la progression de l’élève durant son parcours et les appréciations de ses professeurs ;
  • une note pour trois exercices écrits : un texte où l’élève expose ses activités et centres d’intérêts, un autre où il défend sa motivation et son choix pour Sciences Po et un essai personnel.

Pour passer à l’oral, quatrième et dernière épreuve de l’admission, la candidate ou le candidat devra avoir obtenu une note égale ou supérieure à une note minimale, notée sur 60, que le jury de Sciences Po définit chaque année.

  • Les évaluateurs pourront être des enseignants du secondaire comme de Sciences Po. Pour les rédactions des thématiques centrées sur le parcours du candidat seront proposées. Par exemple « Parmi les personnes de votre entourage quelle personne vous a le plus inspiré et pourquoi ?

Le nouvel oral se déroulera entièrement à distance. « Il n’a plus de caractère décisif pour l’admission. Ce n’est plus un couperet. C’est une façon de donner sa chance à tous car nous savons que c’est une épreuve stressante pour laquelle tous les élèves n’ont pas la même aisance ou ne bénéficient pas de la même préparation », assure Gabriella Crouzet. De plus ce nouvel oral est très cadré et n’est plus ouvert au rythme des intentions du jury comme c’était le cas. Le jury doit en effet se reporter à une grille d’analyse beaucoup plus ferme. « Il y avait des arguments pour sa suppression car il serait injuste. Surtout quand on porte une réforme de démocratisation. Nous avons choisi de le garder en régulant sa place », conclut Bénédicte Durand. De plus cet oral est décorrélé du reste du cheminement. Les évaluateurs n’ont accès ni au dossier ni aux résultats du candidat.

L’échange, d’une durée de 30 minutes, se déroule à distance, et comprend trois séquences :

  • la présentation de la candidate ou du candidat ;
  • le commentaire et l’analyse d’une image choisie par la candidate ou le candidat parmi deux au choix ;
  • un échange libre avec les examinateurs pour mieux comprendre la candidate ou le candidat et ses motivations.

À l’issue de l’oral, les quatre notes sur 20 point sont additionnées en une note finale d’admission, sur 80, qui devra atteindre ou dépasser une note d’admission minimale, fixée par le jury de Sciences Po chaque année.

Le calendrier. Les lycéens préparant le baccalauréat français devront candidater sur la plateforme Parcoursup. Pour les lycéens internationaux préparant un diplôme étranger, l’admission continuera de se faire via le système d’admission propre à Sciences Po, avec des résultats annoncés aux candidates et aux candidats au fil de l’eau. Le calendrier :

  • sur Parcoursup, selon le calendrier de la plateforme :
  • de mi-janvier à fin mars : inscriptions ;

courant avril/mai : examen du dossier ;

  • mai : entretien oral et Résultats d’admission.
  • sur la plateforme Sciences Po :
  • à partir de fin novembre : inscriptions ;
  • entre novembre et juin : examen du dossier et entretien oral
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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