ORIENTATION / CONCOURS

Spécialités du bac : les choix des élèves en 2020

A la rentrée 2020 ce sont 41% des 376 000 élèves de terminale générale qui ont choisi de conserver la spécialité mathématiques, un tiers la physique-chimie ou les sciences économiques et sociales (SES) et 27% les sciences de la vie et de la Terre (SVT) ou l’histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques selon la note de la DEPP À la rentrée 2020, les élèves de terminale précisent leur choix de parcours.  La doublette la plus fréquemment choisie est «mathématiques, physique-chimie», par 20% des élèves.

  • monbacetmoiLe choix des spécialités du bac général est crucial pour intégrer une filière. Le site Monbacetmoi a été créé pour répondre aux questions des lycéens sur leur orientation. Beaucoup de filières ont travaillé pour donner des indications sur les choix de spécialités les plus adaptés. Pour établir un algorithme, HEADway s’est notamment appuyé sur les conseils qu’elles donnent sur Parcoursup pour établir quel choix de « triplettes » de première et de « doublettes » de terminale, ainsi que d’options, était idéal ; très adapté ; possible ou encore peu adapté.

 

Les élèves abandonnent surtout les mathématiques. Des chiffres qui permettent également de calculer le taux d’abandon des spécialités d’une année à l’autre. Comme on le savait déjà c’est la spécialité mathématiques qui connait le plus fort taux d’abandon puisqu’on passe de 68,7% à 41,1% de choix. Des abandons sans doute largement compensés par le choix de l’option «mathématiques complémentaires » destiné prioritairement aux élèves qui ont suivi l’enseignement de spécialité de mathématiques en classe de première et ne souhaitent pas poursuivre cet enseignement en classe terminale. Comme beaucoup le prédisaient la spécialité SVT est également largement abandonnée au profit de la physique-chimie beaucoup plus essentielle pour intégrer les écoles d’ingénieurs.

Des «doublettes» surtout scientifiques. Si les quinze premières doublettes de terminale regroupent près de 90% des élèves de terminale générale à la rentrée 2020, les cinq premières regroupent six élèves sur dix. Trois d’entre elles, qui regroupent 40% des élèves, sont des doublettes «scientifiques» : 20% des élèves ont ainsi choisi «mathématiques et physique-chimie», 13% «physique-chimie et SVT », et 7% «mathématiques et SVT ». Le choix de suivre «histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) et SES» a été fait par près de 15% des élèves de terminale et «mathématiques et SES » (spéciale « écoles de management » ?) par 7%.

La proportion de filles et de garçons dans les doublettes de terminale prolonge celle des choix de spécialités en première. Ainsi, près de neuf élèves ayant choisi «mathématiques et SI » ou «mathématiques et NSI » sur dix sont des garçons. La doublette «mathématiques et physique » demeure cependant largement masculine (64%). À l’inverse, parmi les élèves ayant choisi «humanités et LLCER » et «humanités et SES » plus de huit sur dix sont des filles. Elles sont aussi surreprésentées dans les doublettes «LLCER et SES», «HGGSP et LLCER» et enfin «HGGSP et humanités».

  • Certains élèves ont fait des choix qui ne correspondent à aucune des séries du baccalauréat avant réforme : par exemple environ 11 000 élèves ont choisi d’étudier les SES et les SVT ou 5 000 autres ont choisi l’histoire-géographie et les SVT.

Une orientation toujours très sexuée. Seulement 13% des élèves suivant la spécialité numérique et sciences informatiques (NSI) ou la spécialité sciences de l’ingénieur (SI) sont des filles alors que ces dernières représentent 56% des élèves de terminale générale. Des files qui sont aussi, mais dans une moindre mesure, sous représentées en mathématiques (42% de filles) et en physique-chimie (48%). Inversement, les garçons sont sous-représentés en grec (14% de garçons), «humanités, littérature et philosophie» (20%), latin (24%) et LLCER (28%). Ils sont aussi globalement sous-représentés dans l’ensemble des sept enseignements artistiques: 28% de garçons contre 72% de filles.

Des choix marqués par les CSP. À la rentrée 2020, si 39% des élèves de terminale générale sont d’origine très favorisée, ils sont surreprésentés dans les deux spécialités les plus choisies, mathématiques et physique-chimie, où la part d’élèves d’origine très favorisée est respectivement de 46% et 45%, pour 17% et 18% d’élèves d’origine défavorisée (pour 21% d’élèves d’origine défavorisée pour l’ensemble des terminales générales). La part des élèves d’origine très favorisée dans la doublette la plus choisie, «mathématiques et physique-chimie» grimpe à 52%, pour 14% d’élèves d’origine défavorisée.

Si la répartition des élèves par origine sociale n’est pas très différente de la moyenne pour l’enseignement HGGSP, la doublette «HGGSP et mathématiques» a, en revanche, un profil bien particulier : 55% des élèves y sont d’origine très favorisée et 14% d’origine défavorisée.

Inversement, deux spécialités ont attiré plus d’élèves d’origine défavorisée que les autres : humanités et LLCER (respectivement 27% et 25%). La combinaison de ces deux spécialités accueille 28% d’élèves d’origine défavorisée. Autre combinaison dans laquelle les élèves d’origine défavorisée sont surreprésentés : «humanités et SES» « (29%) et «SVT et SES» (28%).

Des choix qui évoluent en 2020. À la rentrée 2020, 64% des élèves de première générale ont choisi d’étudier les mathématiques Viennent ensuite les SES pour 44% des élèves, la physique-chimie pour 43% et la SVT pour 39% d’entre eux. Ces quatre matières étaient aussi les plus plébiscitées à la rentrée 2019, mais pas tout à fait dans cet ordre. Si les mathématiques sont toujours les plus choisies, elles le sont un peu moins : 69% des élèves de première générale ont fait ce choix en 2019 contre 64% en 2020.

Les SES étaient en quatrième position, choisies par 39% des élèves ; 44% d’entre eux ont choisi SES en 2020. Les parts des élèves ayant choisi physique-chimie ou SVT sont plus faibles en 2020 que l’année passée (respectivement – 3,4 et – 3,8 points de moins). Parallèlement, deux matières ont été notablement plus choisies en 2020 qu’en 2019 : HGGSP (35% en 2019 et 38% en 2020) et les LLCER (28% et 30%).

On assiste donc globalement à un rééquilibrage des enseignements de spécialité choisis, les enseignements scientifiques (mathématiques, physique-chimie et SVT) l’étant moins en 2020 qu’en 2019 au profit des SES, de HGGSP et des langues. Ce que confirment les choix de triplette puisque les triplettes incluant les mathématiques ont tendance à être moins choisies alors qu’à l’inverse celles incluant les SES progressent.

La hiérarchie globale a ainsi très légèrement évolué entre 2019 et 2020 même si les 18 premières triplettes, qui regroupent à la rentrée 2020 80% des élèves de première générale, sont exactement les mêmes qu’en 2019 (elles regroupaient 82% des élèves en 2019). La triplette «HGGSP, maths, SES», en deuxième position en 2019, devient le troisième choix en 2020, remplacée par «HGGSP, LLCER, SES». La part des élèves ayant choisi «HGGSP, humanités, SES» progresse, passant de 4,5% des élèves à 5,9% en 2020.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

2 Comments

  1. Bonjour, je me permets de signaler une erreur. Dans le 2e tableau vous avez inversé la proportion de la spécialité PC (46,7%) et celle de la spécialité SES (39,2%) en Première en 2019. Vous en déduisez donc à tort que les SES ont été « largement abandonnées » entre la 1ère et le Tle. En fait, les SES sont la spécialité la moins souvent abandonnée en proportion: -16% (alors qu’en moyenne une spécialité perd 1/3 de ses élèves entre la première et la terminale puisqu’il faut en abandonner une sur les trois).

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