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Toulouse BS veut recruter plus largement : entretien avec Jacques Igalens, son directeur

Après plusieurs années passées à ne choisir ses élèves qu’en prépa, en licence et au-delà, Toulouse Business School renoue cette année avec le recrutement d’élèves issus de BTS ou de DUT. Retour sur ce revirement comme sur la stratégie de son école avec Jacques Igalens, directeur de Toulouse BS depuis un peu moins d’un an (à retrouver régulièrement sur son blog).

Jacques Igalens

Olivier Rollot : Pourquoi vous remettre à recruter des titulaires d’un BTS ou d’un DUT ? Les élèves de prépas ne vous suffisent plus ?

Jacques Igalens: Notre recrutement en prépas reste excellent et les premiers chiffres que nous avons reçus de la BCE sont très encourageants. Si nous voulons de nouveau recruter des BTS et des DUT cette année c’est parce que je considère qu’il est important d’avoir des étudiants qui passent trois années à l’école si on veut leur donner tout ce qu’elle peut leur apporter. Mon prédécesseur disait que le recrutement sur titre devait se faire soit à bac+2 soit à bac+3 et plus, je dis qu’on peut parfaitement faire les deux.

O. R : On a beaucoup dit que vous alliez intégrer le concours Passerelle pour votre recrutement en admission parallèle. Ce n’est finalement pas le cas.

J. I : Il n’en a jamais été question et nous organisons notre propre concours. Pour autant rien ne dit que nous n’intégrerons pas un jour un concours commun.

O. R : Comment définiriez-vous aujourd’hui l’identité de Toulouse BS?

J. I : D’abord comme une école en plein succès avec des promotions de 750 élèves et des réaccreditations régulières par les plus grands organismes internationaux comme l’AACSB ou l’EFMD pour Equis. Ensuite comme une école internationale possédant de fortes racines régionales, notamment avec l’aéronautique et le spatial.

Nous avons la chance de travailler dans un environnement très porteur à Toulouse avec la recherche et développement la plus dynamique de France (16 personnes sur 1000 y sont employées). Nous avons pu ainsi créer une chaire de recherche dédiée aux activités spatiales et monter de nombreux doubles diplômes avec Sciences Po Toulouse, l’université ou encore l’Université polytechnique de Catalogne.

O. R : Quelle sera votre place dans la future communauté d’universités et d’établissements (ComUE) de Toulouse et de sa région?

J. I : Pour l’instant nous ne pouvons que nous féliciter des actions que nous menons avec le PRES Université de Toulouse et nous suivons sa transformation en ComUE. Avec le PRES nous avons par exemple pu mettre en place des actions à l’internationale, que ce soit pour favoriser l’arrivée d’étudiants étrangers ou pour installer des antennes communes dans plusieurs pays.

O. R : Vous ne vous sentez pas en concurrence avec l’université Toulouse 1 Capitole et son Ecole d’économie ?

J. I : Nous sommes au contraire très complémentaires avec la Toulouse School of Economics qui, comme son nom l’indique, forme des économistes et nous des managers. Nous profitons même de ses compétences pour recruter des enseignants qu’elle a formés et qui viennent enseigner l’économie chez nous. Si on devait parler de concurrence pour nous à Toulouse ce serait plutôt avec l’institut d’administration des entreprises (IAE).

O. R : Impossible aujourd’hui de parler enseignement supérieurs sans évoquer la question des moyens nécessaires. On sait que beaucoup de chambres de commerce et d’industrie (CCI), qui ont les tutelles de la très grande majorité des écoles de commerce, ont des problèmes financiers. Qu’en est-il pour TBS ?

J. I : Notre CCI n’a pas diminué sa subvention et nous nous en félicitons. D’autant qu’il n’est plus question aujourd’hui d’augmenter les frais de scolarité. Notre souci est au contraire de trouver des sources de financement pour aider les familles en difficulté à payer les frais. Notre Fondation nous permet d’accorder des bourses et nous avons également décidé d’aménager les horaires de cours pour permettre aux étudiants qui travaillent pour financer leurs études de le faire dans de bonnes conditions. Nous voulons que tout étudiant ayant réussi à intégrer TBS par la qualité de son travail ait les moyens financiers de nous rejoindre.

O. R : À cet effet vous développez également l’apprentissage.

J. I : Nous avons au total 300 apprentis. Nous voudrions aller plus loin mais la région, qui fixe le nombre d’apprentis, a d’autres priorités. Nous sommes aussi très vigilants à l’évolution de la taxe d’apprentissage dans le cadre de la nouvelle loi.

O. R : Aujourd’hui la mode est au bachelor mais c’est bien à Toulouse qu’ont été créés les premiers bachelors français.

J. I : Nous y avons cru avant tout le monde et le site e-orientations vient d’ailleurs de nous classer à la première place. Pour nous un bachelor doit d’abord conduire à l’emploi. Nous n’interdisons évidemment pas la poursuite d’études mais elle reste marginale. Notre bachelor est en effet toujours très professionnel avec un double cursus. Par exemple nous travaillons avec l’École nationale de l’aviation civile (Enac) pour former des gestionnaires qui ont une forte connaissance de l’aéronautique. Nous pensons encore pouvoir développer ce bachelor, sur notre campus de Toulouse et également de Barcelone, d’autant que nous sommes entrés l’an dernier sur le site admission-postbac.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

1 Comment

  1. Marrant « BS » est ce que je mettais dans la marge les copies que je corrigeais quand j’étais prof dans une université aux USA. Ca voulait dire « baratin (bullshit) ». Enfin, Toulouse, c’est en un seul mot, il faudrait le préciser aux anglosaxons.

    « To lose, bsht » : ça va pas être simple de paraître sérieux à l’international avec un nom comme ça.

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