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« Tous les futurs bâtiments de TBS Education ont été définis avec les nouvelles normes pédagogiques »

TBS Education va bientôt entamer la construction de son nouveau campus toulousain (lire ci-dessous) mais aussi de ses trois autres campus. De nouvelles implantations qui seront en phase avec le renouvellement de sa pédagogie comme l’explique sa directrice générale, Stéphanie Lavigne.

Olivier Rollot : La stratégie immobilière est au cœur du développement de TBS Education. Ce sont en effet pas moins de 130 millions d’euros que TBS Education va investir dans les cinq ans à venir pour renouveler l’ensemble de son parc immobilier. Dans le détail comment allez-vous procéder ?

Stéphanie Lavigne : Nos quatre campus sont en effet en même temps en voie de renouvellement. A Paris de nouveaux locaux devraient inaugurés d’ici 2023 à une implantation que nous allons bientôt révéler. Il s’agit notamment de mieux recevoir nos étudiants en apprentissage dans la capitale, pour lesquels il est compliqué d’aller suivre leurs cours à Toulouse,  tout en y développant toujours l’Executive Education.

A Barcelone notre implantation dans de nouveaux locaux au sein d’un tout nouveau quartier, tout proche de la mer, est quasiment finalisée. Nous y occuperons 8000 m2 avec une résidence étudiante attenante pour recevoir des étudiants internationaux dès la rentrée de 2022.

A Casablanca nous nous implantons également dans un tout nouveau quartier, central, pour une livraison attendue pour fin 2023 ou 2024.

Enfin notre tout nouveau campus toulousain vient de recevoir son permis de construire. Le Covid, puis des élections municipales reportées, puis un plan d’occupation des sols annulés, lui ont fait prendre deux ans de retard. Il devrait finalement ouvrir ses portes en 2026 dans l’hyper centre de la ville sur 32’000 m2.

O. R : Construire de nouveaux bâtiments vous permet-il également de les concevoir différemment ?

S. L : Tous les futurs bâtiments de TBS Education ont été définis avec les nouvelles normes pédagogiques. Nous investissons beaucoup dans les locaux et les salles pour les rendre plus interactifs. Ces nouvelles normes sont largement définies avec les entreprises. Elles nous aident à réfléchir et notamment à créer des blocs de compétences que nous testons sud des cohortes.

Plus largement nous avons multiplié par sept les ressources humaines que nous consacrons aux questions de pédagogie, digitalisation, communauté apprenante, etc. Nos professeurs ont même remporté un concours d’innovation pédagogique. D’ici cinq ans nous souhaiterons que les étudiants choisissent d’aller à TBS Education également pour ses façon d’apprendre.

O. R : L’hybridation des savoirs, des diplômes, est très importante aujourd’hui. Où en êtes-vous de votre politique d’accords sur un site toulousain qu’on sait particulièrement compliqué ?

S. L : Avec la Comue Université de Toulouse nous collaborons essentiellement sur le recrutement des étudiants internationaux et l’aider au logement. Depuis 20 ans nous avons signé beaucoup d’accords de doubles diplômes avec les acteurs du site, Sciences Po, l’Insa, Isae SupAero, plus récemment Purpan, mais aussi en dehors du site comme avec les Mines d’Albi. A l’international nous avons également beaucoup d’accords, plus de 140, comme avec le Babson College. Nous cherchons aujourd’hui à nous développer dans une logique d’hybridation avec d’autres partenaires.

O. R : En 2021 TBS Education n’a pas fait le plein d’élèves issus de classes préparatoires. Comment se présente 2022 ? Et pour le bachelor avec le nouveau bac?

S. L : Les inscriptions sont en hausse de 1,8%. C’est une filière essentielle mais que nous ne présentons pas directement lors des salons, en confiant la gestion aux professeurs de classes préparatoires.

En bachelor nous ne ressentons pas l’effet du nouveau bac mais bien celui du Covid 19 et d’élèves qui ont parfois besoin de remise à niveau. Même ceux qui ont opté pour la spécialité mathématiques en terminale ne sont pas tout à fait au niveau où on les attend. Ils doivent souvent apprendre à travailler plus efficacement.

Au total nous entendons passer de 5 700 étudiants aujourd’hui à 7 500 en 2026 avec le levier du bachelor et de l’Executive Education. Sans oublier le fait de voir chaque année Toulouse élue meilleure ville étudiante de France.

O. R : TBS Education est devenue en 2021 une « société à mission ». Comment cela se marque-t-il dans son fonctionnement ?

S. L : Ce passage au nouveau statut est un accélérateur de la transformation de l’école pour aligner sa stratégie avec comme « raison d’être » « Grâce à une recherche à impact sociétal TBS Education forme une diversité d’acteurs ouverts et éclairés, qui pourront contribuer au sein de leurs organisations à l’évolution d’une économie responsable et soutenable ».

Nos étudiants sont eux-mêmes très engagés. Etre société à mission les amène d’ailleurs à nous demander des comptes ! Par exemple sur notre politique de déplacements ou d’approvisionnement. Nous n’imprimons plus rien !

O. R : Notamment pour vos relations internationales quel bilan tireriez-vous de la crise Covid ?

S. L : Que la mobilité à distance ne fonctionne finalement pas si mal. Cela nous pousse à réfléchir à des modalités de déplacements différentes pour certains programmes en Executive Education. Nous proposons par exemple un mastère spécialisé en management de la santé dans le cadre duquel nous pourrions proposer un catalogue de cours d’universités étrangères très réputées.

Par ailleurs nous avons réaffecté beaucoup de nos accords d’échanges en Europe.

O. R : Comment développez-vous la recherche ?

S. L : Nous venons même de nommer le troisième plus grand « publiant » de France, Samuel Fosso-Wamba, à la direction de la recherche. C’est un symbole fort pour emmener tout le corps professoral dans cette voie. Nous recrutons d’ailleurs très bien avec un corps professoral engagé qui est aussi une vitrine pour l’école. Nous avons aujourd’hui 125 professeurs, dont 52% d’étrangers, et en recrutons cinq nouveaux par an pour atteindre le 145 en 2026.

Les trois centres d’excellence de l’école sont, tout naturellement à Toulouse, Aeronautics & Space, mais aussi Artificial Intelligence & Business Analytics et enfin CSR Sustenable Development.

O. R : TBS Education est l’école la mieux classée dans le « Classement Pénicaud » de l’égalité hommes-femmes. Comment avez-vous procédé pour obtenir ce résultat ?

S. L : Nous sommes effectivement à 0% de différence entre les hommes et les femmes en termes de salaire ou de responsabilités. C’est le fruit d’un travail de cinq ans qui a été grandement facilité par de nombreux départs à la retraite.

O. R : Les financements de TBS Education sont bien assurés ?

S. L : Nous avons la chance d’avoir un actionnaire stable avec notre chambre de commerce et d’industrie qui accompagne très bien l’école. Ce qui compte ensuite pour assurer notre pérennité c’est le retour sur l’expérience de nos diplômés. L’avis de ceux qui les recrutent et notamment les grands cabinets de conseil.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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