ECOLES DE MANAGEMENT

« Nous voulons digitaliser 20% des cours du Réseau Idrac en 3 ans »

Implanté sur neuf campus en France, le Réseau IDRAC regroupe six écoles présentes ou pas dans chaque ville. Président du Réseau Idrac, Laurent Espine, nous explique comment il se développe en permettant notamment à la moitié de ses étudiants de suivre leur cursus en alternance.

Olivier Rollot : Comment s’organise le Réseau Idrac ?

Laurent Espine : Le Réseau IDRAC, implanté sur 9 campus en France (Amiens, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nantes, Nice, Paris et Toulouse), regroupe les écoles IDRAC Business School, SUP’DE COM, IET (métiers de l’environnement), ESAIL (architecture d’intérieur) et IEFT (métiers du tourisme), toutes présentes à Lyon et selon les cas sur les autres campus. L’un des campus les plus importants, à Lyon, accueille 3 000 étudiants dont 500 dans le Programme grande école délivrant le grade de master, dispensé exclusivement sur ce site. Nous dispensons des formations bac+2 à bac+5, dont un bachelor visé à bac+3 souvent classé dans les cinq premiers français. Hormis les deux diplômes visés, tous nos titres sont certifiés et enregistrés au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

 O.R : Votre particularité c’est de permettre à une large partie de vos étudiants de suivre leur cursus en contrat de professionnalisation, c’est à dire en étant rémunérés. Quelle est exactement leur proportion ?

L. E : La moitié de nos étudiants – soit environ 3 000 – suivent leur cursus sous le statut d’alternant. C’est le cas de quasiment tous nos étudiants en 4ème et 5ème année ainis que de nos élèves inscrits en BTS Up. Pour l’année post bac c’est plus difficile car les entreprises préfèrent des profils plus murs ayant déjà validés des compétences. Dans la grande distribution, dans l’industrie, la banque ou encore les assurances la demande est considérable.

 O.R : Comment sont recrutés vos étudiants ? Êtes-vous présents sur Parcoursup ?

L. E : Nous sommes présents sur Parcoursup pour l’admission en 1ère année de notre Bachelor visé. C’est un choix que nous avons fait avec une importante augmentation des candidatures cette année par rapport à APB : 4200 contre 3100 en 2017 alors même que les candidats ne peuvent déposer que 10 vœux contre 24 avec APB. L’ensemble de notre recrutement s’effectue par des tests 100% en ligne et des entretiens dans nos campus . Seule l’admission dans le Programme grande école nécessite encore des écrits en centre d’examen via la banque de concours Team.

O.R : L’Idrac est-elle également implantée à l’étranger ?

L. E : Grâce à des accords avec des établissements nous avons implanté des classes préparatoires dans trois pays : Cameroun, Maroc et Sénégal. Après deux années les étudiants peuvent intégrer notre Bachelor en France ou poursuivre leur cursus sur place. Nous envisageons maintenant d’autres implantations en Afrique. Nous proposons également un e-MBA « Rethinkig business model » à Shenzhen.

Dans notre programme bachelor, les étudiants peuvent passer une année entière (deux fois six mois) sur l’un de nos six campus associés en Irlande, Espagne, République Tchèque ou encore à New York. La force de notre bachelor est de pouvoir bénéficier d’un parcours sur mesure, à la carte, le parcours international n’est donc pas obligatoire.

 O.R : Vous avez évoqué les examens que vous faites passer en ligne. Le chantier de la digitalisation des enseignements est-il aujourd’hui prioritaire pour vous ?

L. E : Nous voulons digitaliser 20% de nos cours en 3 ans. D’ici à la prochaine rentrée ce sera déjà le cas de 30 modules de 20 heures chacun, essentiellement en 4ème année de notre programme mais également en Bachelor 3 avec un des cycles d’approfondissement proposé 100% on-line. Nous faisons le choix de digitaliser nos modules d’expertise. Nous avons cette année réalisé un POC (test) avec plus de 400 étudiants en Bachelor 1ère qui ont pu suivre le module « grands principes économiques » en modèle digitalisé. A la rentrée 2019 nous ouvrirons un nouveau cycle d’approfondissement en troisième année du Bachelor en plus des parcours existants : international, entreprise (alternance), marketing digital (un parcours 100% sur mesure avec un choix de 5 modules parmi 9, 100% digitalisé).

Selon les cas de 20% à 80% du contenu de chaque module sera digitalisé. Chaque module est composé de vidéos – pas plus de 3 minutes chacune -, tests de positionnement, éléments écrits. Les étudiants pourront les suivre à distance puis se retrouver en groupes dans des cours virtuels où il est possible d’interagir avec le professeur comme entre étudiants.

Pour revenir aux examens à distance leur bon déroulement est garanti par plusieurs dispositifs : des photos du candidat prises à intervalles réguliers comme la vérification de son « style » de frappe sur le clavier. Il n’y a pas deux personnes au monde qui utilisent leurs claviers de la même façon. Quand tous les concours passeront par Parcoursup les examens se dérouleront sur un laps de temps de plus en plus court et il faudra que toutes les écoles s’adaptent.

O.R : Au-delà du digital comment préparez-vous vos étudiants à aborder les nouvelles dimensions des métiers qui éclosent avec les Big Data et demain l’intelligence artificielle (IA) ?

L. E : Laisser penser que l’intelligence artificielle est une menace pour l’homme est un faux problème. Depuis toujours l’homme a voulu remplacer son travail par des machines, cela n’a jamais posé de problème mais juste une nécessité d’adaptation. Les nouvelles machines assisteront l’homme dans le traitement immédiat des données, le laissant ainsi se concentrer sur les analyses à plus forte valeur ajoutée.

Les révolutions digitales, écologiques et managériales seront génératrices de nouveaux métiers (nous ne connaissons pas aujourd’hui 80% des métiers de 2030), nous sommes certains qu’il y aura de grands bouleversements et notre objectif est de préparer les futurs professionnels à pleinement participer à ces projets de transformation de fond dans les organisations.

Nous accompagnerons les élèves à l’acquisition des compétences nécessaires afin de les rendre autonomes et en capacité de réinventer les business model en continu. Nous prenons l’orientation non pas de dénoncer la contradiction technologie et humanisme mais de préparer nos étudiants, futurs acteurs de la transformation IA à aborder un monde « hybride ». IDRAC Business School s’est d’ailleurs engagé pleinement dans la démarche HEP (« Humanisme Entrepreneuriat et Professionnalisme ») comme une trentaine d’écoles ou centre de formation, notre objectif au travers de modules abordant les soft skills.

Enfin nos enseignants alimentent de leurs travaux de recherches « rethinking bussiness model » nos réflexions et notre intégration des sujets de management avec des IA dans nos cursus de formation.

O.R : Vos étudiants sont-ils des créateurs d’entreprise ? Possédez-vous des incubateurs ou accélérateurs ?

L. E : Nous accompagnons chaque élève à prendre en main son avenir, cette démarche entrepreneuriale fait partie de nos valeurs partagées avec la collective HEP. Nous intégrons pleinement dans notre pédagogie les accélérateurs IDRAC Business School comme un lieu de rencontre entre entreprises, étudiants et enseignants chercheurs autour de l’approche « rethinking business model ». Notre approche d’accompagnement se concentre sur la partie pratique du développement et la croissance des entreprises : trouver/tester un business model, cibler ses clients, de nouveaux investisseurs, s’adapter au marché, développer sa force commerciale, modéliser son parcours client, design de son Mix marketing… La durée d’accompagnement est généralement courte.

La démarche « accélérateur IDRAC Business School » est centrée sur le crash test des projets start-up et le « rethinking business model » des entreprises. Il vient en complément ou dans la suite des incubateurs présents dans nos campus.

O.R : Au-delà de la formation initiale quelle importance représente la formation continue au sein du groupe Idrac ? Êtes-vous confiant dans son développement à quelques semaines de la mise en œuvre d’une réforme ?

L. E : Notre structuration et agilité académique, nos titres et diplômes, découpés en blocs de compétences, eux même découpés en modules de formation, notre savoir-faire dans l’accompagnement individualisé de nos étudiants et notre savoir-faire en ingénierie de la formation continue, notre positionnement en proximité des tissus économiques en France ou International par nos campus, nous permet d’envisager la réforme avec sérénité.

IDRAC Business School répond ainsi aux besoins des individus et entreprises en matière de compétences professionnelles et managériales tout en anticipant les tendances et les évolutions des marchés.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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