ECOLES DE MANAGEMENT

« A Paris l’EM Normandie aura un campus de classe mondiale ! »: entretien avec Elian Pilvin, son directeur général

Un bâtiment tout neuf dessiné par l’architecte Jean-Michel Wilmotte aux portes de Paris

L’EM Normandie déménage à Paris pour s’installer sur un nouveau campus. Et ne fait pas les choses à moitié : de 3700 m2 elle passe à 14 000 m2 avec un bâtiment flambant neuf dessiné par Jean-Michel Wilmotte. Rencontre avec un directeur plus que jamais ambitieux pour son école : Elian Pilvin.

Olivier Rollot : L’EM Normandie s’installera en janvier 2022 dans un tout nouveau campus de 14 000 m2 aux portes de Paris, à Clichy. Un bâtiment tout neuf conçu par le célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte. C’est un formidable bond en avant pour l’EM Normandie qui ne disposait jusqu’ici que de 3 700 m2 à Paris !

Elian Pilvin : Notre premier projet pour le campus de Paris était de déménager en plusieurs phases en conservant deux sites jusqu’en 2025. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à un accord avec le propriétaire de notre nouveau bâtiment, le Groupe GDG, pour directement nous implanter sur un seul campus. Nous avons la chance de pouvoir y bénéficier d’une architecture conçue à la base pour des bureaux mais pensée comme un campus. En janvier 2022 nous allons investir d’abord 5 600 m2 puis les autres 8 000 m2 en septembre 2022. Les étudiants des deux premières années de notre programme Grande école (U1 et U2) seront les premiers à s’y installer. A terme, ce campus proposera une large offre de formations, du postbac à l’Executive Education.

O. R : Pourquoi avoir choisi de vous installer à Clichy, qui n’est pas une ville universitaire ?

E. P : Clichy est au cœur du développement du Grand Paris, tout près de la nouvelle cité judiciaire. Le Campus EM Normandie sera voisin des sièges de l’Oréal, Amazon, G7 ou encore Etam. Il sera également très bien desservi en transports. Autant nous avions envisagé au départ nous installer à La Défense par défaut, autant Clichy est aujourd’hui un site adapté au développement d’un campus. Nous avons eu un vrai coup de cœur pour ce quartier plus humain, plus chaleureux. Nous allons nous impliquer avec la mairie qui a de grands projets pour la ville et est ravie de voir arriver 3 000 étudiants, qui contribueront à dessiner le futur.

O. R : A Paris l’EM Normandie va donc passer de 3 700 à 14 000 m2. Comment allez-vous vous y développer ?

E. P : Nous allons faire progresser notre nous campus de manière graduelle avec de nouveaux programmes qui naitront dans les quatre années à venir. En septembre prochain nous y recevrons déjà 2 050 étudiants sur les 5 500 que compte l’école. A terme, en 2025, nous visons les 6 500 étudiants. Nous ne faisons pas partie de ceux qui pensent que les arbres montent au ciel. Notre croissance sera raisonnable avec de l’ordre de 100 à 150 étudiants de plus par an pour nos trois campus français.

Notre croissance nous la voyons plutôt à l’international en attirant plus d’étudiants venus du monde entier. Pour cela être à Paris est un accélérateur d’attractivité. A Paris nous aurons un campus de classe mondiale ! Bien sûr c’est un risque à prendre mais mieux vaut le prendre aujourd’hui et non lorsque nos économies mondiales sortiront de la crise. Nous devons être ambitieux, ce projet nous fait gagner 4 ans sur nos orientations stratégiques et nous permet d’être prêts pour dessiner l’enseignement post-Covid.

Elian Pilvin

O. R : Comment allez-vous articuler votre stratégie entre vos différents campus ?

E. P : Nous voulons thématiser nos campus. La force d’une école globale c’est de se projeter dans différentes directions, pas de proposer exactement la même chose sur chaque campus. Nous allons donc donner des colorations locales à chacun et y amener des équipements spécifiques. Au Havre par exemple la dimension portuaire, la supply chain, s’imposent naturellement. Et nos étudiants pourront ainsi construire leur parcours sur nos campus en fonction de leurs spécialisations.

O. R : On imagine que ce nouveau campus répond à toutes les exigences environnementales ?

E. P : Il respecte effectivement toutes les normes environnementales pour être neutre en carbone, voire même positif, ce qui constitue aujourd’hui un objectif majeur pour les Grandes écoles. Nous y travaillons pour tous nos campus.

O. R : Pourriez-vous accueillir d’autres écoles dans vos locaux ?

E. P : Tout est possible dans le cadre d’un modèle partenarial.

O. R : A la base ce sont des bureaux qui devaient être accueillis dans vos nouveaux locaux. Comment les transformez-vous en campus ?

E. P : Le cabinet Wilmotte nous accompagne dans la conception. Dès le départ le bâtiment était conçu avec des espaces très ouverts, des plateaux qu’on peut cloisonner et décloisonner très facilement. Nous allons ainsi être en capacité de poser les bases du campus du XXIème siècle.

O. R : Covid ou pas, digital ou pas, les campus restent essentiels ?

E. P : La crise sanitaire nous aura montré que plus on fait du digital dans de grands groupes, plus il est nécessaire de faire du présentiel en petits groupes. La salle de classe sera de plus en plus un espace d’apprentissage en mode projet ou de prototypage. Sur 10 étages -dont sept dédiés aux salles de cours – nous pourrons faire évoluer nos modalités d’apprentissage en fonction de l’évolution des modes de formation. Notre campus sera tout sauf figé avec un space planning très évolutif. Et nous voulons également qu’il constitue un continuum avec la ville, un trait d’union vers la cité.

Le prochain terrain de bataille de l’enseignement supérieur ne sera pas seulement la qualité des formations. Quelle différence y a-t-il à ce niveau entre une école accréditée, classée 7ème ,12ème ou 18ème ? La course à l’excellence ne concernera que les quatre ou cinq les plus réputées. Ensuite la différence se fera de plus en plus sur l’expérience étudiante. Et les campus en sont la donnée essentielle.

  • Pouvant accueillir 3000 personnes en simultané, le nouveau campus parisien de l’EM Normandie disposera sur 10 niveaux de superstructure, de salles de cours équipées des dernières technologies (présentiel/distanciel/mode hybride), d’amphithéâtres modernes (un auditorium en gradins s’ouvrant sur l’un de ses deux jardins intérieurs, un amphi au 8ème étage avec une « vue imprenable » sur Paris), de 2000 m² de jardins intérieurs et de terrasses végétalisées, d’espaces de détente et de bien-être, de co-working, de flex-office, d’incentive, de restauration et d’afterwork, d’équipements sportifs, d’un showroom des technologies éducatives, de salles EdTech, d’un Learning Center, d’une gaming zone pour la vie associative, d’une Maison des Alumni, et d’un incubateur.
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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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