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+ 50% d’étudiants dans le monde en dix ans

chiffres clés campus france 2019

Campus France vient de révéler l’édition 2019 de ses Chiffres clés qui révèle que les étudiants sont désormais 5,1 millions à avoir traversé des frontières pour obtenir un diplôme. Si la France reste le 4ème pays d’accueil dans le monde – et premier pays non anglophone –, elle ne progresse pas aussi vite que ses concurrents.

+ 50% d’étudiants dans le monde en dix ans. Entre 2006 et 2016, la population étudiante mondiale a crû de près de 50%, passant de 146 millions à 218 millions d’étudiants, soit une croissance de 4,1% par an. Cette augmentation est portée majoritairement par les pays d’Asie et d’Océanie (69%), et en particulier par la Chine (29%) et l’Inde (27%). La population étudiante mondiale devrait continuer à croître dans les prochaines années – à une moindre allure cependant – et atteindre 265 millions d’étudiants d’ici 2030.

5,1 millions d’étudiants en mobilité. En 2016, près de 5,1 millions d’étudiants étaient en mobilité dans le monde (sur 218 millions) contre seulement 2,9 millions en 2006 (+77%). À ce rythme, le nombre d’étudiants en mobilité devrait dépasser les 10 millions d’ici 2030 – soit 3,9% des étudiants du monde entier (2,3% en 2016). L’Europe et l’Amérique du Nord accueillent 66% des étudiants en mobilité en 2016, soit 3,4 millions d’étudiants. Entre 2006 et 2016, les effectifs ont augmenté de 63% en Europe et de 78% en Amérique du Nord.

42% des étudiants en mobilité internationale sont originaires d’Asie-Océanie (1,9 million) et 28% d’Europe (1,3 million). Le nombre d’étudiants en mobilité originaires de ces régions croît rapidement : entre 2006 et 2016, il a augmenté de 87% pour l’Asie-Océanie et de 68% pour l’Europe.

Si sur cinq ans, la mobilité internationale est en nette augmentation (+28%, soit +5% par an), le classement des neuf premiers pays d’accueil reste inchangé. Les Etats-Unis conservent une croissance des effectifs accueillis supérieure à la progression mondiale des étudiants en mobilité internationale. L’Allemagne et la Russie talonnent désormais la France qui conserve sa quatrième place. Un peu plus bas dans le classement, la Chine connaît sur cinq ans une hausse des effectifs accueillis bien supérieure à la croissance mondiale. La plus forte progression en Asie est celle de la Malaisie, qui devient le 10ème pays d’accueil. La Turquie, la Pologne, les Pays- Bas et l’Arabie saoudite connaissent les augmentations les plus importantes d’effectifs accueillis. L’Argentine, dont les données sont publiées pour la première fois par l’UNESCO, intègre la 16e place. L’Ukraine, la Nouvelle- Zélande et l’Espagne quittent toutes trois le top 20 dans lequel elles figuraient l’année dernière.

 

La France se maintient mais… Sur 10 ans la mobilité étudiante mondiale a progressé de 77% alors que le nombre d’étudiants accueillis en France n’a augmenté que de 23% sur cette même période, faisant chuter la part d’étudiants internationaux choisissant la France de 9% à 5%. « Comparée à celle des autres grands pays de mobilité, l’attractivité de la France s’affaiblit relativement. La croissance du nombre d’étudiants accueillis en France a ainsi progressé moins vite que celle de la mobilité étudiante mondiale au cours des cinq dernières années : 19% contre +28% », regrette la directeur général de Campus France, Béatrice Khaiat. En particulier les effectifs des étudiants chinois stagnent alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à étudier à l’étranger (+32% sur cinq ans). A l’inverse l’Inde fait une percée remarquable : avec une croissance de 90% sur cinq ans, elle est désormais le 21ème pays d’origine des étudiants étrangers en France. Au contraire, la Chine stagne et le Vietnam recule à la 14ème place.

Plus préoccupant, la France accueille moins d’étudiants en échange dans le cadre du programme Erasmus+ en 2016 qu’en 2011 (-4%), alors que tous les autres pays européens du top 10 progressent.

46% des étudiants étrangers en France sont Africains : l’Algérie a rejoint le Maroc en tête du classement et les étudiants ivoiriens et congolais sont respectivement 80% et 45% de plus qu’en 2012. Le Congo (RD) a même vu le nombre de ses étudiants mobiles vers la France progresser de 99% en cinq ans, soit 2 071 étudiants en 2017. À l’inverse, le Cameroun et la Mauritanie envoient moins d’étudiants qu’il y a cinq ans (respectivement -7% et -12%).

Sixième pays d’origine des étudiants en mobilité, la France connait une augmentation régulière du nombre d’étudiants qui s’expatrient (+70% entre 2006 et 2016). En Europe, les étudiants français sont les deuxièmes à s’expatrier le plus derrière les Allemands et devant les Ukrainiens. La France reçoit ainsi 155 000 étudiants en mobilité diplômante de plus qu’elle n’en envoie, un nombre stable depuis 2013.

13% de l’ensemble des inscrits de l’enseignement supérieur. Les 343 386 étudiantes et étudiants étrangers inscrits en France en 2017-2018 représentent 13% de l’ensemble des inscrits de l’enseignement supérieur. Le nombre d’étudiants étrangers a augmenté plus vite depuis un an que le nombre total d’inscrits (4,5% contre 1,4%). Ils privilégient l’université : 70% d’entre eux y sont inscrits. Ils représentent ainsi 15% de l’ensemble des étudiants à l’université. La proportion d’étudiants étrangers est encore plus importante dans les écoles de commerce (17%) et les écoles d’ingénieurs (16%).

Les étudiants d’Afrique et du Moyen-Orient sont proportionnellement plus nombreux à l’université que l’ensemble des étudiants étrangers. En écoles de commerce, ce sont les étudiants d’Asie-Océanie (18%) qui sont les plus représentés (39% des étudiants indiens et 22% des étudiants chinois suivent un cursus en école de commerce). Les écoles d’ingénieurs attirent proportionnellement plus d’étudiants d’Amérique latine (12%) et d’Asie-Océanie (11%) : 23% des étudiants brésiliens et 16% des étudiants indiens sont inscrits en écoles d’ingénieurs. Enfin, les étudiants d’Afrique subsaharienne et d’Europe hors UE (6%) sont particulièrement présents dans les formations supérieures des lycées.

C’est également préoccupant : la France attire moins de doctorants étrangers qu’il y a cinq ans (-8% entre 2012 et 2017). En 2018, 29 5001 doctorants étrangers étaient inscrits dans les 267 écoles doctorales dans un contexte de baisse du nombre total de doctorants en France ces dix dernières années. Avec 1981 doctorants les Chinois sont les plus représentés (stables depuis 2012) devant les Italiens (+20% en cinq ans) et les Tunisiens (ces derniers en forte baisse, 33%, en cinq ans).

 

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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

1 Comment

  1. Merci pour les informations illustrées.
    J’aimerais avoir la liste des institutions connues au monde dans le but de leur offrir de la matière académique pour tous et chacun. Tableau(x) littéraire(s) et artistique(s) & programme(s) d’exploitation(s). Plus, une collection de tableaux artistiques.
    Merci de votre aide. Richard Paquette Tél 1-514-241-1269

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