PERSONNALITES, POLITIQUE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Enseignement supérieur, recherche : que va faire Geneviève Fioraso ?

La « passionaria de l’innovation ». C’est en ces termes que le journal « Les Echos » dressait le portrait de Geneviève Fioraso quelques jours avant qu’elle n’accède au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Adjointe à l’économie à l’université et à la recherche de Grenoble, elle est également chargée du développement économique de la communauté d’agglomération. C’est dire si la nomination de cette ancienne professeure d’anglais de 57 ans, mère de six enfants, est logique.

Geneviève Fioraso, une ministre passionnée par l'innovation (© Bruno Moyen)

Prof puis élue PS

Beaucoup moins connue que son collègue de l’Education, Vincent Peillon, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est elle aussi une enseignante du secondaire. Née en 1954 dans la Somme – dont Vincent Peillon fut député -, elle possède deux maîtrises en économie et en anglais. C’est dans cette dernière discipline qu’elle a enseigné pendant 3 ans dans un collège de sa région avant de rejoindre Grenoble en 1979. Quatre ans plus tard, elle devient attachée parlementaire du député-maire de la ville, Hubert Dubedout, puis directrice de cabinet du maire de Grenoble, Michel Destot, en 1995. Elle a été élue députée en 2007 et se représente devant ses électeurs dans quelques semaines.

Pendant sa carrière politique, elle fonde et dirigea l’Agence régionale du numérique mise en place par le réseau des villes Rhône-Alpes pour assurer la diffusion du numérique dans les PME. Mais elle fut aussi cadre de direction d’une start-up du CEA, Corys, en charge des projets européens et de recherche et développement pour améliorer la sûreté des centrales nucléaires et thermiques, et cadre marketing à France Télécom Grenoble, en charge des marchés émergents dans le secteur social-santé. Depuis 2003, elle est PDG de la Sem Minatec Entreprises, une plateforme de valorisation industrielle du campus d’innovation Minatec, dédié aux micro et nanotechnologies.

Un parcours donc tout orienté vers la recherche dans une des villes les plus dynamiques en la matière qui soient avec aujourd’hui la construction d’un nouveau et immense campus appelé Giant aux portes de la ville.

Quelle politique mener ?

La communauté scientifique s’est émue ces dernières années de devoir rendre des comptes et justifier constamment ses crédits en remplissant des objectifs à court terme. Une politique à laquelle la nouvelle ministre compte bien mettre un terme. « Le travail des chercheurs mérite le calme, en particulier ceux de la recherche fondamentale, déclarait-elle ainsi dès sa prise de fonction sur RTL Mettons à l’abri les chercheurs de la recherche fondamentale de la recherche effrénée des crédits, de la compétition frénétique entre territoires. » Dès hier, elle est allée visiter le conseil scientifique du CNRS pour manifester son soutien aux chercheurs. Mais que fera-t-elle de l’Agence nationale de la Recherche, très contestée ?

Et que deviendra l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres) ? Très critiquée par l’ensemble des enseignants-chercheurs, l’institution créée par Valérie Pécresse était ainsi brocardée en avril par Vincent Peillon dans un entretien à l’Aef : « Nombreux sont les chercheurs – y compris parmi les meilleurs – pour qui l’évaluation, telle qu’elle est faite par l’Aeres, pose problème ». Il estimait donc qu’il n’était « pas possible de faire progresser les chercheurs et les unités de recherche avec un système d’évaluation qui n’est pas reconnu par la communauté ». Alors va-t-on vers une suppression pure et simple de l’Aeres ou une rénovation à la matière d’une Haute autorité de l’audiovisuel devenue CSA ?

Au-delà de l’Aeres c’est toute la politique d’autonomie des universités (LRU) qui est remise en cause par beaucoup au sein du PS. C’est dire si la nomination comme directeur de cabinet de Lionel Collet, qui a travaillé en tant que président de la Conférence des présidents d’université (CPU) à la montée en puissance de la LRU, semble être un signe de continuité plutôt que de rupture. Ce que certains proches du PS dénoncent. Déjà la présence de Lionel Collet aux côtés de Vincent Peillon pendant la campagne les hérissait. Présidente de l’université Montpellier 3 et parmi les adversaires les plus farouches de la LRU, Anne Fraïsse s’étonnait ainsi dans une lettre écrite à François Hollande début 2012 qu’un « candidat socialiste recrute ses conseillers parmi ceux qui ont aidé à mettre en place la LRU, ceux qui « dialoguent » aimablement avec Mme Pécresse sur l’avenir de la recherche en France et ont eu la naïveté de croire au marketing de « l’excellence » et de « l’autonomie ». » Débats houleux en vue…

Olivier Rollot (@O_Rollot)

Pour en savoir plus :

  • Le blog de la ministre
  • Son portrait sur Wikipedia
  • Un excellent article du blog de Libération Sciences2

 

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

2 Comments

  1. Bonjour,
    Si je suis totalement néophyte dans les Tweets, je suis à la recherche d’information concernant le cursus universitaire ou grandes écoles pour des études d’économie et d’anglais, comme notre Ministre, Mme FIORASO. En effet, mon fils souhaiterait être Economiste ou faire des études d’économie. Préparant un BAC international, pourriez-vous me dire dans quelles branches, écoles, universités, écoles étrangères où il pourrait se documenter pour décider de son avenir….. Vous me direz sans doute que vous ne gérez pas ce genre d’informations, mais si vous connaissez quelqu’un à qui je pourrais expliquer cette situation, je permettrais à mon fils de continuer dans sa voie. Merci pour votre compréhension. Cordialement. CL

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