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Programme Erasmus : l’Agence Education Formation fait le point

L’Agence Europe Éducation Formation France vient de publier une passionnante étude sur la mobilité étudiante Erasmus. L’occasion de revenir sur un programme créé en 1987 par un homme visionnaire, l’Italien Domenico Lenarduzzi (lire cet entretien qu’il a donné en 2011), et qui aura permis à 3 millions d’étudiants de partir en mobilité d’ici à la fin 2012-2013.

4 % des étudiants européens bénéficient du programme Erasmus

Ce sont très exactement 213 266 étudiants européens qui ont participé au programme Erasmus au cours de l’année académique 2009-2010. Une année qui marque une forte progression (+ 7,4 %) par rapport à l’année précédente grâce essentiellement à la possibilité d’effectuer des stages pour 35 500 étudiants. Le budget annuel du programme dépasse les 415,25 millions d’euros et bénéficie à 2 982 établissements d’enseignement supérieur dans 33 pays.

Cette même année, la France a envoyé plus de 30 000 étudiants étudier ou travailler en Europe tandis qu’elle en accueillait plus de 26 000. Cela en fait le deuxième pays d’expatriation derrière l’Espagne (31 500 étudiants) et devant l’Allemagne (28 854). En moyenne, la proportion d’étudiants qui partent en mobilité dans le cadre d’Erasmus s’élève à 0,94%. Avec 1,39 %, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne, derrière par exemple l’Espagne (1,73%) mais devant l’Allemagne (1,18 %) ou l’Italie (1,05%). « Si l’on projette ces données sur l’ensemble de la population étudiante en partant du postulat que la durée moyenne des études dans l’enseignement supérieur est de 4 à 5 ans en moyenne, on peut estimer que sur l’ensemble de la population étudiante, 4 % des étudiants européens auront bénéficié du programme Erasmus », soulignent les promoteurs de l’étude.

Si les étudiants espagnols voyagent beaucoup, l’Espagne reçoit également beaucoup d’étudiants et se place à la première place des destinations privilégiées par les étudiants européens avec 35 389 étudiants, soit 16, 6 % du total des étudiants Erasmus. La France se classe également là à la deuxième place avec 26 141 étudiants, devant le Royaume-Uni (22 650 étudiants) et l’Allemagne (22 509). Au total, France, Allemagne et Italie sont « exportateurs nets » d’étudiants quand l’Espagne et surtout le Royaume Uni sont « importateurs » (voir le tableau ci-dessous). Dans le cas de ce dernier, ce sont même deux fois plus d’étudiants de toute l’Europe qui viennent de l’autre côté de la Manche (22 650 étudiants) qui n’en partent (11 723).

Quel profil pour les étudiants Erasmus ?

Selon plusieurs études européennes compilées dans l’étude, le profil type de l’étudiant Erasmus est « une étudiante en troisième année de Licence de droit ou sciences sociales ou humaines, dont l’un des parents au moins a étudié dans le supérieur et dont la famille est plutôt aisée ». Pour l’année académique 2009-2010, l’âge moyen des étudiants Erasmus était en effet de 23,5 ans avec 62 % de femmes, soit une part légèrement supérieure à celle des femmes dans la population étudiante globale (55.2 %). Ils sont d’abord issus des filières « Sciences sociales, droit, économie » (35 %), « Lettres et Sciences Humaines » (33 %), et « Ingénierie, production et construction » (12 %). 58 % avait au moins un de leurs parents qui avait étudié dans l’enseignement supérieur.

Pour 82 %, Erasmus était le premier séjour d’études à l’étranger. Mais pas le dernier ! Comme le souligne le sondage Generation Mobility publié en 2007 sur les étudiants « migrateurs », un quart des étudiants Erasmus a ainsi fait plus de deux séjours d’études à l’étranger et a visité 5 pays dans les deux dernières années. 35 % des étudiants préféraient travailler à l’étranger et plus de la moitié des répondants déclarent parler 3 ou 4 langues (langue maternelle incluse). Une vraie Génération Erasmus !

Olivier Rollot (pour me suivre sur Twitter : @O_Rollot)

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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