UNIVERSITES

Le nouveau bureau de la CPU a fait sa rentrée

Le bureau de la Conférence des présidents d’université, fraichement élu, a présenté ce mercredi 23 janvier les grandes orientations et les bonnes résolutions de ce nouveau mandat. Bien que l’international soit un enjeu majeur, avec l’objectif de représentation de la recherche publique française à l’échelle européenne et mondiale, c’est l’autonomie des établissements qui va animer l’année 2019. En témoigne son prochain colloque, les 21 et 22 mars 2019, qui aura pour thème « Autonomie des universités ? ».

Parcoursup et transparence. Alors que le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a rendu public lundi 21 deux avis qui militent pour plus de transparence de la plateforme Parcoursup sur ses critères de tri – il souhaite par exemple que « les chefs des établissements de l’enseignement supérieur définissent de manière suffisamment précise les attendus locaux » – la vice-présidente de la CPU et présidente de l’Université de Haute-Alsace, Christine Gangloff-Ziegler, insiste pour que « le jury reste souverain et que son rôle ne soit pas remis en cause ». Les décisions d’admission sont en effet multifactorielles et intègrent une grande partie d’« humain qu’il est difficile de théoriser ».

Un sujet sur lequel le président de la CPU et de l’université Marne-La-Vallée, Gilles Roussel ajoute que « désormais, grâce à un effet d’apprentissage, les attendus généraux des établissements sont plus complets et sont donnés en amont de la formulation des vœux » mais qu’il « faudra quelques années supplémentaires pour que le système se stabilise et enclenche un cercle vertueux (orientation, réussite en licence, etc.) ». Quelques signes concrets d’amélioration sont d’ailleurs émergents selon lui comme, par exemple, un processus d’orientation qui commence de plus en plus tôt (dès la seconde) ou encore le constat que, l’année dernière, plus d’élèves de bacs généraux se sont orientés vers des licences et plus d’élèves de bacs technologiques vers des BTS.

De plus, selon l’autre vice-président de la CPU, le président de l’Université de Nantes Olivier Laboux, les établissements ayant du recul cette année quant au nombre de vœux réalisés par rapport aux places disponibles dans chaque filière, « ne vont pas avoir besoin de classer les dossiers et donc d’utiliser des critères de tri car la demande sera inférieure à l’offre ».

Parcoursup et l’anonymisation. Souhaitant « plus de mobilité et de mixité sociale », le Défenseur des droits est également « favorable à l’idée d’anonymiser les candidatures déposées dans Parcoursup afin que le lieu de résidence ne soit pas visible ». La CPU n’a pas d’avis officiel sur la question et « souligne les divergences de points de vue au sein de ses membres ». Christine Gangloff-Ziegler n’en considère pas moins que « l’anonymisation n’est pas un souci en soi si l’on pense qu’il existe des biais inconscients. Cela pourrait être un test, notamment pour voir si certaines populations seraient mieux représentées dans les effectifs étudiants » et qu’à sa connaissance, les « noms, prénoms, sexes, lieus de résidence et nationalités » pourraient ainsi être anonymisés.

Frais de scolarité & étudiants internationaux : une décision précipitée. Depuis l’annonce de l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiants extra-Européens, la CPU demande sa suspension. Les membres de la CPU sont dans « l’incapacité de mettre en œuvre la mesure et de répondre aux besoins des étudiants. D’autant plus que le recrutement des étudiants internationaux se fait en ce moment », insiste Gilles Roussel. Il y aurait ainsi une impossibilité technique liée au timing précipité et la suspension de la mesure serait la solution la plus simple pour « tout remettre à plat ». Incisif, le président souligne également les incohérences dans le discours de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui souhaite « mieux accueillir les étudiants étrangers et en plus grand nombre » alors même qu’elle propose une hausse des frais de scolarité qui pourrait freiner l’arrivée de ces étudiants en France.

Politique de sites et COMUE. L’ordonnance de décembre 2018 offre aujourd’hui un cadre assoupli qui donne notamment la possibilité aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche de conserver ou non leur personnalité morale. Une approche plus souple qui permet, selon Olivier Laboux, de « respecter les cultures et les marques des institutions et ainsi de créer des constructions qui paraissent intelligentes et créent des dynamiques intéressantes ». L’essentiel étant d’avoir un objectif commun et partagé entre les différents établissements.

Dialogue de gestion et généralisation ? Le « cadre expérimental du dialogue de gestion », réalisé avec quatre universités, deux COMUE et un grand établissement en 2018, a pour but de donner plus de libertés aux établissements dans leur gestion des allocations budgétaires. Généraliser ce dialogue de gestion « peut avoir du sens si on retrouve des conditions du même ordre avec un dialogue mené avec les instances nationales [ …] et que l’on reste dans un cadre d’accompagnement qui n’est pas coercitif », analyse Christine Gangloff-Ziegler. Mais étendre ce dialogue de gestion à tous les acteurs soulève des questions de réalisation technique et de moyens : comment réunir tout le monde autour d’une même table ? Et autour de qui : le ministère ? les recteurs ?

Un grade bachelor pour la licence ? Dans le cadre de la lettre de mission sur la création d’un grade de licence pour les bachelors, dont les résultats devraient être dévoilés fin février, la CPU a affirmé son souhait de clarifier l’ambiguïté actuelle concernant ces deux dénominations, en particulier pour les étudiants anglophones. Pour le bureau de la CPU, les bachelor devraient être réglementés, au même titre que les licences en étant, par exemple, évalués par l’HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur).

La réforme du bac et la sélection. Avec la fin des filières du bac général, un réel travail va devoir maintenant se faire sur les parcours et les attendus à l’entrée des universités. Christine Gangloff-Ziegler cite l’exemple des IUT qui « prennent leurs spécialités, les comparent avec les parcours du bac et émettent des avis : très adaptés, adaptés ou complémentaires ». Ainsi, des matières pourraient plus convenir à certains cursus que d’autres. « Mais il faut être vigilent à ne pas recréer des parcours qui ouvrent toutes les portes par rapport à d’autres », conclut-elle.

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