ECOLE D’INGÉNIEURS

« L’ECE est une école généraliste fortement positionnée sur l’ingénierie numérique »

Depuis janvier dernier il assure la direction de l’ECE. François Stephan revient avec nous sur l’identité de son école et son positionnement au sein du groupe Inseec U.

Olivier Rollot : L’ECE n’est pas à une « société à mission ». Pour autant comment définiriez-vous la « mission » de l’ECE aujourd’hui s’il fallait l’écrire ?

François Stephan : L’ECE est une belle école d’ingénieurs aux fondamentaux solides, créée en 1919 pour former les experts de la télégraphie sans fil, technologie de pointe à l’époque, l’ancêtre de nos téléphones mobiles en quelque sorte. Aujourd’hui, nous sommes une école généraliste fortement positionnée sur l’ingénierie numérique formant aux trois grandes disciplines que l’ingénieur du 21ème siècle doit maîtriser:

  • l’ingénierie système, pour concevoir des systèmes de plus en plus complexes (transport, énergie, santé, finance, industrie 4.0, etc.) ;
  • les sciences informatiques, comprenant aussi bien le génie logiciel que les infrastructures numériques, la cybersécurité ou encore la blockchain ;
  • et enfin, la science des données et l’Intelligence artificielle (IA).

Tout l’enjeu pour nos étudiants est d’apprendre à combiner ces trois disciplines afin de répondre aux grands défis du monde tels que l’ONU les a résumés avec les 17 objectifs de développement durable (ODD), qui vont de « prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions » à « permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge » en passant par « garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable » ou encore « garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable».

Nous formons des ingénieurs et des techniciens capables de répondre à la double transition que nous vivons tous : numérique et environnementale. Par exemple, aujourd’hui, on parle moins d’automobiles mais plus de systèmes de mobilité qui mêlent usages et systèmes. Nos automobiles sont devenues de véritables smartphones sur roues qui emmagasinent des quantités considérables de données, bardés de capteurs et de calculateurs, grâce auxquels on peut par exemple effectuer des simulations et des optimisations sur la consommation énergétique.

O. R : Comment l’ECE recrute-t-elle ses étudiants issus pour la première fois cette année du nouveau bac général ? Quelles spécialités faut-il mieux choisir ?

F. S : Le recrutement postbac de notre programme grande école d’ingénieurs s’effectue sur Parcoursup par le Concours Avenir, que nous partageons avec nos écoles partenaires. Nous n’avons pas eu de difficulté particulière pour organiser nos épreuves écrites qui se sont très bien déroulées, dans le strict respect des consignes sanitaires. Ensuite, nous examinons les dossiers des candidats. Nous avons également un recrutement ouvert par concours en 3ème année pour les élèves des classes préparatoires, ainsi que des admissions parallèles sur dossier pour les titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

Quant aux choix des spécialités du nouveau bac, il reste ouvert en ce qui nous concerne: il n’est pas obligatoire d’avoir conservé la spécialité « mathématiques » en terminale pour postuler à l’ECE.  Nous faisons évoluer notre pédagogie pour recevoir des profils différents, plus diversifiés, sachant que les matières scientifiques restent fondamentales pour entrer à l’école.

O. R : Les filles sont-elles nombreuses à l’ECE ?

F. S : L’ECE accueille environ 25% d’étudiantes et jusqu’à la moitié des effectifs dans la majeure « santé et technologie », dont beaucoup viennent d’études de médecine. Nous voulons en recevoir plus et accueillons avec beaucoup d’intérêt les étudiantes, ainsi que les étudiants, qui ont opté au lycée pour une spécialité en sciences de la vie et de la Terre (SVT). Nous sommes persuadés que le nouveau bac peut être une opportunité pour que les écoles d’ingénieurs comme l’ECE accueillent une plus grande proportion d’étudiantes, auxquelles tous les métiers de l’ingénierie numérique ouvrent grand leurs portes.

O. R : L’ECE propose également un bachelor. Quelles sont ses finalités ?

F. S : Là aussi nous recrutons des profils différents, qui ne souhaitent pas rejoindre les classes préparatoires, intégrées ou pas, et qui vont suivre un parcours axé sur les technologies numériques pour rejoindre les très nombreux métiers de l’ingénierie en informatique et en science des données. Nous leur apportons une très forte professionnalisation dans le développement web & mobile, la cybersécurité et les réseaux, le digital ou encore les data. Certains peuvent ensuite se spécialiser davantage en poursuivant leurs études à l’ECE dans nos MSc, ou même rejoindre notre cycle ingénieur pour certains.

Mais attention : la finalité de ce programme n’est pas de proposer une autre voie d’accès à notre cycle ingénieur mais bien d’offrir un autre moyen de rejoindre l’excellence pédagogique de l’ECE, sa dimension internationale, son réseau d’entreprises partenaires, et la qualité de sa vie étudiante, via des programmes spécialisés très professionnalisants, formant à des compétences très demandées aujourd’hui. L’accès à notre bachelor se fait en dehors de Parcoursup, ce qui apporte une grande flexibilité aux candidats.

O. R : Vous pensez demander le grade de licence pour votre bachelor ?

F. S : Ce n’est pas un objectif pour nous. Les étudiants de notre bachelor viennent d’abord y chercher la professionnalisation, associée à une spécialisation sur des métiers en forte demande, que son titre RNCP atteste.

O. R : L’ECE propose cette année de nouveaux MSc. Lesquels ?

F. S : Nous ouvrons effectivement en septembre prochain nos trois premiers MSc dont l’un, en Data Engineering et Intelligence artificielle, en partenariat avec Microsoft et OnePoint. Les deux autres s’intitulent « Manager de la cybersécurité » et « Sustainable Energy Futures », ce dernier enseigné entièrement en anglais. Ces programmes sont accessibles après un bac+3 ou bac+4 et ouverts aux étudiants internationaux. Des titulaires d’un bachelor en management peuvent notamment les rejoindre pour se spécialiser sur les technologies du numérique, après une mise à niveau que nos programmes proposent.

O. R : L’ECE s’est également implantée à Lyon en 2018. Là, comme à Paris, vous insistez sur l’hybridation des savoirs ?

F. S : Nous tenons à nous implanter en centre-ville de grandes métropoles ; c’est un aspect important de l’expérience étudiante que nous proposons, au même titre que la qualité des locaux. A Lyon, nous partageons avec d’autres écoles du groupe INSEEC U. un très beau bâtiment, le premier grand garage qu’André Citroën a construit il y a presque cent ans. Avec les écoles du groupe, nous favorisons l’hybridation des cours et les projets entre étudiants. Par exemple, nous faisons travailler ensemble des étudiants de l’une des écoles de management du groupe, l’ESCE, d’une école de design, Sup de Pub, et de l’ECE, au sein du programme « Start up Factory » : plusieurs semaines passées à San Francisco. De même, notre programme « Art & Tech », également à San Francisco, réunit nos étudiants et ceux de Sup de Pub et Sup de Créa autour d’une création associant l’art et la technologie, dont le point d’orgue est la tenue d’une exposition artistique ouverte au public.

L’ingénieur et le technicien supérieur en ingénierie doivent aujourd’hui être capables de parler avec tous les métiers, en développant des compétences en ingénierie comme en management et en créativité. Les autres écoles du groupe INSEEC U. forment à ces compétences et nous permettent de réaliser de nombreuses combinaisons.

O. R : Quel bilan tireriez-vous aujourd’hui de la pandémie pour l’ECE ?

F. S : Je n’étais pas encore en poste en mars 2020 mais j’ai bien vu comment l’école était passée du jour au lendemain à plus de 90% des cours en ligne à distance avec le maintien des devoirs sur table sur site. Nous savions déjà donner des cours à distance en asynchrone, par exemple dans la majeure « véhicule connecté et autonome » en collaboration avec Stellantis. Cela avait donc été très bien anticipé. De plus, nous avons su accompagner étudiants et collaborateurs avec une cellule psychologique propre à tout le groupe INSEEC U. Depuis janvier dernier, nos étudiants ont pu revenir sur nos campus à raison d’une journée par semaine en moyenne.

A la rentrée de septembre prochain, les cours devraient tous être donnés sur site, si les conditions sanitaires le permettent. Nous travaillons également sur la digitalisation progressive de certains contenus, qu’ils soient techniques mais aussi sur la formation humaine ou bien le développement durable, par exemple.

O. R : Parlons un peu de vous. Qu’est-ce qui vous a amené à venir de l’Ecole polytechnique où, je le rappelle, vous dirigiez le pôle Nouvelles technologies et numérique de l’Executive Education, au groupe INSEEC U. ?

F. S : Je suis d’abord venu prendre la direction du pôle Ingénierie numérique du groupe en décembre dernier, puis, après le départ du directeur de l’ECE, Christophe Baujault, prendre tout naturellement la direction de cette école en février dernier. J’exerce d’ailleurs toujours la direction du pôle Ingénierie numérique du groupe INSEEC U. au sein duquel le rôle de l’ECE est de diffuser, par son expertise, les compétences dans les technologies du numérique à l’ensemble des étudiants du groupe, en formation initiale et continue. Aujourd’hui, les entreprises ont en effet plus que jamais besoin de conjuguer management et innovation par le digital avec des profils combinant des expertises technologiques fortes sur le digital avec des compétences métiers et managériales.

Cela s’inscrit bien dans la lignée de mon parcours professionnel, au cours duquel, après ma sortie de l’Ecole polytechnique puis de Télécom Paris, qui a été mon école d’application, j’ai travaillé pendant 20 ans dans les technologies de l’information au sein de différentes entreprises. Il y a près de 10 ans, j’ai rejoint le monde académique avec d’abord l’Institut de Recherche Technologique SystemX sur le plateau de Saclay, puis l’Ecole polytechnique. Rejoindre le premier groupe privé Français d’enseignement supérieur qu’est INSEEC U., avec sa dynamique de développement, les synergies qu’il permet entre ses écoles, et ses directions métiers et support efficaces, constituait pour moi une opportunité passionnante et pleine de défis, très en phase avec mon expérience et mes aspirations. En arrivant à l’ECE, j’ai trouvé des étudiants pleins de projets, dont la vitalité et la créativité ouvrent à tous de grandes perspectives.

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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