UNIVERSITES

Les universités de Toulouse se cherchent toujours un destin…

Une vue du site de la Manufacture des tabacs de l’université Toulouse 1

Si les conflits autour de l’université de Nantes ont pu alimenter la chronique, ceux autour de l’université de Toulouse mériteraient un ouvrage entier. A peine l’ancien président de l’université Grenoble-Alpes a-t-il remis un document fin 2021 présentant les contours d’une future université expérimentale qu’un projet concurrent a vu le jour le 8 janvier. Sous l’impulsion du président de l’Université Toulouse 3, Jean-Marc Broto, son université, la Toulouse School of Economics (TSE) et l’ISAE-SUPAERO proposent en effet de créer la Toulouse Tech University. Celle-ci a vocation à « rejoindre le top-100 du classement de Shanghai, en assemblant les meilleures pépites scientifiques du site et plus de 80% des chercheurs du CNRS de Toulouse » selon le directeur de TSE, Christian Gollier, dont le président, Jean Tirole, serait à la manœuvre notamment pour extraire TSE d’une université Toulouse 1 avec laquelle les relations sont pour le moins compliquées. Le projet induit en effet le démantèlement de l’université Toulouse Capitole contre la volonté de cette dernière. « TSE ne peut pas s’autodéterminer indépendamment de son université de rattachement. Ce scenario est dès lors impossible à mettre en œuvre en l’état du droit », proteste-t-on du côté de Toulouse 1.

Plus largement  « à trois semaines de l’échéance de l’appel à projets Excellence sous toutes ses formes du Plan d’Investissements d’Avenir 4, l’incompréhension est grande à la découverte d’une initiative isolée », écrivent les autres établissements impliqués dans le projet initial : les universités Toulouse 1 Capitole et Jean-Jaurès, Toulouse INP (en voie de devenir Centrale Toulouse sans qu’on sache bien s’il y a un rapport avec le projet de nouvelle université), l’Insa Toulouse et bien sûr l’université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées. Ils appellent les dissidents à
« revenir au sein du projet collectif qu’ils accompagnent depuis des mois et à s’y impliquer pleinement ».

Missionné pour réfléchir comment faire enfin de l’université de Toulouse une réalité, au même titre que l’université Grenoble-Alpes qu’il présidait, Patrick Lévy en avait lui dessiné les « contours souhaitables ».« Une fois écartée l’hypothèse d’une pleine intégration des établissements, l’option retenue, consistera à affirmer que le site de Toulouse se situe dans la perspective de décrocher le label Grande Université de Recherche et que la structuration en Comue expérimentale, sous une forme fidèle aux principes fondateurs votés à l’été 2021, favorisera cette labellisation », écrivait-il finn 2021 avant d’affirmer : « Une telle structuration permettra aux établissements de conserver leur personnalité morale et juridique et d’adopter des positionnements différenciés selon les domaines de compétences ».

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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