ECOLES DE MANAGEMENT

« L’Esdes est devenue une école multi-programmes »: entretien avec son directeur, Olivier Maillard

Soumise à une dure compétition au sein de l’éco-système lyonnais l’Esdes entend plus que jamais être fidèle à ses atouts, que ce soit sa situation privilégiée au sein dans l’Université catholique de Lyon ou sa forte implication dans la RSE qui fait écho aux préoccupations des jeunes, mais aussi se développer sur de nouveaux territoires. Rencontre avec son directeur, Olivier Maillard.

Olivier Rollot : Il y a bientôt quatre ans que vous avez pris la direction de l’Esdes. Quel bilan tireriez-vous de votre action ?

Olivier Maillard : Il y a quatre ans, à mon arrivée, je vous avais parlé de l’Esdes comme d’une « belle endormie ». Pendant ces quatre ans nous l’avons fait évoluer. D’une école mono-programme l’Esdes est ainsi devenue une école multi-programmes avec deux bachelors : Bachelor in Business et Bachelor Droit et Management. Nous avons également développé la formation continue et créé une version Executive du Programme Grande Ecole. L’Esdes n’est plus seulement aujourd’hui une école centrée sur le seul Programme Grande Ecole.

L’Esdes n’est également plus seulement une école lyonnaise. Nous avons ouvert à la rentrée 2020 un second campus à Annecy pour y dispenser nos deux bachelors.

Nous nous sommes également fortement internationalisés avec aujourd’hui 12% d’étudiants étrangers. Un première étape même si ce n’est pas suffisant. Pour accroitre encore notre caractère international nous avons recruté 18 professeurs internationaux parmi les 20 derniers recrutés.

L’Esdes s’est également féminisée avec un corps professoral à 60% féminin de même que notre comité de direction qui s’est également rajeuni.

Enfin nous avons fortement développé l’apprentissage en passant de 80 à près de 500 apprentis ces quatre dernières années.

O. R : Qu’est-ce qui manque encore à l’Esdes ?

O. M : Des accréditations internationales pour toute l’école. Nous recevrons la visite des experts de l’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) à l’automne 2021. Déjà en mars 2020 nous avons été accrédités Epas (EFMD Accredited) pour notre Programme Grande Ecole.

O. R : Que prévoit d’autre votre plan stratégique 2025 ?

O. M : Il y a encore beaucoup à faire pour nous développer, continuer la transformation engagée et atteindre 2500 étudiants en 2025 – contre 1500 aujourd’hui – dont 500 sur notre nouveau campus d’Annecy. Un développement qui sera international pour les deux tiers avec un portefeuille de programmes qui restera assez stable. C’est une croissance assez raisonnable que nous prévoyons après être passés de 1200 à 1500 étudiants ces quatre dernières années.

De même nous allons recruter 25 nouveaux enseignants-chercheurs dans les cinq prochaines années. Après un doublement en quatre ans ce sera encore une augmentation de 50% en cinq ans.

O. R : Quels sont vos grands axes pédagogiques ?

O. M : Nous voulons d’abord consolider notre place dans le management responsable pour en devenir un acteur majeur. Tant dans la pédagogie que dans la recherche nous voulons faire de l’Esdes une école engagée et citoyenne qui prépare ses étudiants à toutes les transitions. Nous nous appuyons pour cela sur une très belle production de recherche dans la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) au sens large : 50% aujourd’hui et bientôt 60% de notre production. Le tout avec un financement par des entreprises partenaires qui nous sollicitent.

Nous voulons également que nos étudiants vivent une expérience unique avec une hybridation des formations avec les facultés de l’UCLy (Université catholique de Lyon). En sciences, droit et en philosophie nous proposons déjà ensemble trois doubles diplômes. Nous allons continuer à innover avec l’UCLy. Parce que faire un pas de côté, ce que permet la pluridisciplinarité, voir les phénomènes un peu différemment, c’est aussi comme cela qu’on forme des managers responsables. La prochaine étape sera pour nous de nous rapprocher d’une école d’ingénieurs lyonnaise. A terme nous souhaitons passer de 10% à 25% d’étudiants faisant le choix de suivre un cursus hybridé.

O. R : Vous évoquiez de nouveaux campus. Vous pensez également implanter l’Esdes en dehors de France ?

O. M : Avec l’UCLY nous réfléchissons à l’implantation d’un troisième campus dans l’une des zones où l’ancrage de la tradition catholique est fort, que ce soit en Amérique latine ou en Afrique noire.

O. R : On imagine que les mois qui viennent de se passer n’ont pas dû être simples pour vous avec la pandémie. Où en est l’Esdes de son développement numérique ?

O. M : Nous créons un environnement numérique et responsable après avoir adhéré à l’enseignement à distance avec plus ou moins de bonheur et d’enthousiasme. Même si ce n’est pas dans l’ADN de l’école nous avons maintenant acquis les moyens nécessaires. Et parce que nous nous sommes à la fois interrogés sur la qualité de vie au travail et sur l’empreinte écologique du numérique nous allons créer un centre d’expertise dédié à la pédagogie digitale et numérique responsable.

O. R : Comment se déroulent les examens cette année ? En présentiel ou à distance ? Et les concours ?

O. M : Après un retour de nos étudiants sur les campus à la rentrée puis un reconfinement nous avons tenu à tenir les partiels en présentiel pour les étudiants primo-accédants mais aussi pour les étudiants de 2ème année. C’est important pour éviter les décrochages. D’ailleurs nous n’avons déploré que deux absents, les deux pour maladie.

Quant à notre concours d’entrée 2021, les écrits seront digitalisés en avril prochain avec une solution éprouvée qui permet d’assurer transparence et fiabilité aux candidats à distance. Une solution comparable avait d’ailleurs été testée, avec succès, au printemps dernier. Seuls les oraux auront lieu en présentiel, si la situation sanitaire le permet, en mai prochain.

O. R : Quelles spécialités conseillez-vous aux lycéens de choisir s’ils veulent intégrer l’Esdes ?

O. M : Dans le cadre du concours Accès notre épreuve de mathématiques est assez exigeante. Il ne faut donc pas abandonner totalement les mathématiques pour présenter notre concours. Mais de toute façon notre concours n’a jamais été calqué sur une série précise du bac. J’ajoute que l’épreuve de synthèse est bien plus piégeuse que celle de mathématiques. Après nous suggérons de travailler avec des annales. Nous ne voulons pas que les candidats passent par des préparations.

O. R : Prévoyez-vous des remises à niveau pour certains étudiants qui n’auraient pas forcément le niveau en mathématiques ?

O. M : Nous avons déjà proposé cette année une remise à niveau en mathématiques au début de la première année, soit en distanciel soit avec une rentrée avancée. Nous proposerons un dispositif similaire à la rentrée prochaine.

O. R : L’Esdes veut se développer, se développe, mais de nombreux concurrents sont venus challenger l’acteur historique lyonnais qu’est l’Esdes ces dernières années. Comment considérez-vous cette concurrence ?

O. M : De bons acteurs sont effectivement arrivés à Lyon ces dernières années. Nous avons notre partition à jouer et nous le faisons en progressant plus vite que le marché : + 25% en quatre ans. Etre accrédité par l’AACSB nous aiderait à faire valoir l’excellence de notre modèle au sein de ce marché très compétitif. Et nous attendons également une réponse pour l’obtention du grade de licence pour notre bachelor in Business.

 

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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