ECOLES DE MANAGEMENT, ORIENTATION / CONCOURS

«Mon objectif de présidente d’Ecricome a été d’élargir le nombre d’écoles pour assurer la pérennité du concours»

Réduit à deux écoles en 2018 le Concours Ecricome s’interrogeait sur son avenir même. En trois ans sa présidente et directrice générale de Neoma BS, Delphine Manceau, aura su convaincre trois nouvelles écoles de le rejoindre. Le bilan de son action alors qu’approche la fin de son mandat à la présidence du concours.

Olivier Rollot : Vous allez bientôt passer à la main à la présidence d’ECRICOME. Quand vous y êtes arrivée en 2018 le concours ne comprenait plus que deux écoles, NEOMA que vous dirigez et Kedge, et beaucoup se demandaient si le concours avait encore un avenir. Quel bilan tirez-vous de votre présidence ?

Delphine Manceau : Effectivement en 2017, après le départ de l’ICN, nous n’étions plus que deux écoles et la question de maintenir le concours pouvait se poser. Notre analyse était qu’il fallait le maintenir avec ses atouts. Ce sont aussi bien sa très bonne image générale, une excellente réputation et un fort capital sympathie auprès des professeurs de classes préparatoires, mais aussi ses spécificités de proposer un contingent de places réservées aux élèves issus de classes préparatoires littéraires et le fait d’allier un concours prépa et un concours admission sur titre (AST).

Dès lors, mon objectif de présidente a été d’élargir le nombre d’écoles participantes pour assurer la pérennité du concours. En 2018, ce sont d’abord l’EM Strasbourg et Rennes SB qui nous ont rejoint et ont recruté pour la première fois en 2020 avec ECRICOME. Et cette année, en prévision du concours 2022, c’est Montpellier BS qui se joint à nous. Ce qui est une excellente nouvelle !

O. R : Qu’est-ce que ces écoles viennent chercher chez ECRICOME ?

D. M : Je vous le disais, cette image, ce capital sympathie mais aussi un « esprit club » comme nous l’appelons, avec une culture commune où les décisions sont prises à l’unanimité et dans laquelle le président joue un rôle d’animateur. J’ajoute que le processus ECRICOME est que chaque candidat postule à toutes les écoles de la banque, ce qui crée une certaine solidarité entre les écoles.

O. R : Les résultats suivent ?

D. M : Ce sont très précisément 7 808 candidats issus des classes préparatoires de la filière économique et commerciale qui se sont portés candidats au concours PRÉPA 2021 d’ECRICOME. Soit une hausse de 0,7 % cette année et de 2% sur les trois dernières années. Autrement dit, nous augmentons notre attractivité avec davantage d’étudiants de prépas qui candidatent à ECRICOME.

Parmi les autres tendances, on note chez les candidats une stabilité du taux de boursier à 28 %, de la répartition femme (52%)/homme (48%), et du taux de cubes (12%). Sur les candidats issus de khâgnes, nous observons une hausse de +18% entre 2019 et 2021 ! Enfin, sur le concours AST Tremplin, l’évolution sur cette période de deux ans est une hausse des candidatures de +21% pour les Tremplin 1 (AST pour une entrée en 1ère année des PGE) et +30% cette fois pour les Tremplin 2 (entrée en 2ème année après une licence ou un bac +3).

O. R : Les oraux se présentent bien ? Vous ne serez pas trop gênés par la pandémie ? Des dispositifs spécifiques sont-ils prévus pour les malades ou cas contacts ?

D. M : C’est un vrai plaisir d’accueillir les candidats sur nos campus pour les oraux ! Cela se passe très bien, et nos étudiants admisseurs, comme les candidats, sont ravis d’être sur place, de se voir et de se parler « en vrai ». Les oraux sont toujours un moment de fête et cette année ils prennent une saveur particulière. Nous respectons bien-sûr scrupuleusement les consignes sanitaires, pas de soirée ou de gens trop nombreux en amphi ensemble, mais quelle joie de se retrouver !

 O. R : La question de l’évolution des concours est plus que jamais d’actualité. Notamment pour accroitre la diversité sociale dans les écoles. Que pensez-vous de l’idée de bonifier les candidats « carrés » ou de mettre des barres d’admissibilité différentes pour les boursiers ou non boursiers ?

D. M : Il faut distinguer deux sujets : la bonification des carrés vs les cubes et ce quelle que soit leur origine sociale, sujet qui est sur la table depuis des années puisque les écoles d’ingénieurs ont ce système ; et des dispositifs de « discrimination positive » avec soit une bonification différenciée soit une barre différenciée pour les boursiers. Nous réfléchissons sur ces deux sujets au sein du Concours ECRICOME pour définir une position commune dans les prochains mois.

Sur le plan de la diversité, nous avons intégré près de 30% d’étudiants boursiers dans les quetre écoles ECRICOME. Le concours ne génère donc pas de discrimination car le nombre de boursiers est le même parmi les candidats et les reçus, et même un peu supérieur chez les reçus. Le vrai sujet est donc « le vivier », c’est-à-dire encourager les boursiers à faire une prépa et à postuler dans les Grandes Ecoles. Cela se joue bien en amont, au sein du système scolaire.

 O. R : Les concours restent le meilleur moyen de recruter des candidats ?

 D. M : J’en suis convaincue. Sur le post bac, par exemple, des épreuves nationales communes à tous les candidats, au cours desquelles ils sont seuls face à leur copie, permettent d’avoir des notes comparables qui ne soient pas biaisées par des habitudes différentes de notation entre établissements.

On cite souvent les pratiques internationales pour expliquer les notes sur dossiers, mais gardons en tête qu’aux Etats-Unis par exemple, il y a des tests du type SAT ou GMAT qui permettent d’étalonner les candidats entre eux.

En outre, le fait que, dans les concours, le détail des notes soient publiés permet à chaque candidat de comprendre pourquoi il est admis ou non. Cela permet de faire du dispositif de sélection une expérience apprenante, de savoir où on a été bon et moins bon.

Previous ArticleNext Article
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Send this to a friend