CLASSES PREPAS

Pourquoi s’inscrit-on en classe prépa?

Cela infirme totalement la réflexion qui sous-entendait la volonté d’anonymiser le nom des lycées dans Parcoursup : à niveau scolaire identique, un élève scolarisé dans un lycée à « niveau faible » aura plus de chances d’être admis en CPGE que celui inscrits dans un « bon » lycée selon la note sur Les déterminants de la poursuite d’études en classe préparatoire aux grandes écoles : les enseignements de la procédure APB 2016. La DEPP détermine également qu’à « niveau scolaire égal, l’académie d’origine, la présence d’une CPGE dans le lycée mais aussi le sexe et l’origine sociale influencent sensiblement la décision des élèves de choisir une CPGE en premier vœu sur APB ».

Le premier choix des bons élèves. Si près de 18 % des élèves de terminale S demandent une CPGE en premier vœu, seuls 8 % des élèves de terminales ES et L classent la CPGE en premier. Toute série confondue, 10 % des élèves dont la moyenne au bac se situe entre 10 et 12 avaient placé une CPGE en premier vœu sur APB. Cette proportion est quatre fois plus élevée pour les élèves ayant obtenu une moyenne comprise entre 14 et 16 (mention bien) au baccalauréat. Parmi les lycéens titulaires d’une mention bien au baccalauréat, 27 % des élèves de série S ont demandé une CPGE en premier vœu contre respectivement 16 % et 17 % pour les élèves de série ES et L.

La CPGE devient même la formation la plus demandée en premier vœu chez les élèves dont la moyenne au baccalauréat est supérieure à 18. Parmi eux, ce sont ceux de série L qui ont le plus souvent placé une CPGE en premier vœu (60 %), contre respectivement 57 % et 52 % pour les élèves des séries S et ES.

Des choix géographiques. À caractéristiques sociales (catégorie socio-professionnelle des parents) et scolaires égales (série et résultats au bac), un lycéen inscrit dans l’académie d’une grande ville a davantage de chances de placer une CPGE. Un élève de terminale S de l’académie de Clermont-Ferrand ou de Rouen a par exemple une probabilité de demander une CPGE en premier vœu qui est inférieure de 7 points en moyenne à celle d’un élève de la même série dans l’académie de Paris.

Ces différences peuvent notamment s’expliquer par l’offre de CPGE disponible dans l’académie d’origine des élèves. En effet, si les CPGE recrutent des candidats en provenance d’autres académies, deux-tiers des élèves ayant placé une CPGE en premier vœu ont postulé pour un établissement de l’académie de leur lycée d’origine.

L’offre de CPGE n’est pas identique sur tout le territoire. Dans l’académie de Poitiers, on compte ainsi environ 17 élèves de terminale générale pour une place en CPGE. C’est deux fois moins dans l’académie de Toulouse (8 élèves pour 1 place), et plus de huit fois moins dans l’académie de Paris (2 élèves pour une place). A Paris, 23 % des terminales font leur premier vœu en CPGE. Ils sont 17 % à Versailles et 16 % à Nice. A l’opposé, seuls 10 % des élèves scolarisés à Poitiers, à Rouen ou à Amiens font ce choix.

La présence d’une CPGE dans l’établissement du candidat incite fortement les élèves à poursuivre en classe préparatoire. Les élèves étudiant dans les lycées qui proposent des classes préparatoires ont une probabilité plus grande de 4,5 points de demander une CPGE en premier vœu pour les lycéens en terminale scientifique. L’écart est de 3 points en terminales ES et de 2,2 points en série L.

Garçons et CSP+. Les garçons ont plus de chances de demander une CPGE en premier vœu : en terminale S, un garçon a 7 points de probabilité de plus qu’une fille – plus attirée par la PACES – de demander une CPGE en premier vœu. On retrouve le même effet pour les garçons en terminale L et ES. Ils ont une probabilité de demander une CPGE en premier vœu qui est supérieure de 1,5 et 2,4 points par rapport aux filles de la même série.

Quelle que soit la série du bac, les élèves d’origine sociale favorisée ont une probabilité supérieure de 2 points de demander une CPGE en premier vœu que ceux issues d’une famille d’origine sociale modeste

Selon le lycée… Les chances d’admission en CPGE dès le premier vœu sont beaucoup plus fortes pour les élèves inscrits en terminale dans le lycée accueillant la CPGE. Ainsi à niveau scolaire égal, un élève de terminale S fréquentant un lycée accueillant une CPGE a une probabilité d’admission dans cette CPGE supérieure de 7,8 points d’être admis dans cette CPGE. Les lycéens issus d’un lycée privé ont moins de chances ont également moins de chance de voir leur candidature en CPGE retenue.

Surtout à niveau scolaire identique, un élève scolarisé dans un lycée à « niveau faible » aura plus de chances d’être admis en CPGE que celui inscrits dans un « bon » lycée. Les élèves de terminale S inscrits dans un lycée dont la moyenne au baccalauréat est inférieure à 12 ont une probabilité supérieure de 4,5 points d’être admis à leur premier vœu en CPGE que les élèves évoluant dans un lycée dont la moyenne au bac se situe entre 12 et 13. Selon la DEPP « ce résultat, à première vue étonnant, s’explique sans doute par le fait que si les notes sont importantes dans le choix des jurys, les appréciations portées sur les bulletins le sont également ». Ainsi un élève avec une moyenne de 12 peut avoir un dossier élogieux dans un lycée de niveau faible alors que ce même élève peut être mal classé et avec des avis moins favorables dans un lycée de bon niveau.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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