CLASSES PREPAS, ORIENTATION / CONCOURS

Quelle réforme des concours des écoles de management post-prépas ?

C’est le sujet de l’année dans les écoles de management et les classes préparatoires EC : après la réforme du bac, après la réforme des classes préparatoires comment réformer les concours d’entrée dans les écoles de management ? Régulièrement des réunions ont lieu entre les responsables des concours BCE et Ecricome, les écoles et les représentants de Aphec (Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales). Tous espèrent trouver des axes de transformation pour les concours. Notamment pour les rendre plus attrayants et dynamiser une filière tout juste réformée dans ses deux premières années.  « Il y a une intention partagée des écoles et de l’Aphec de voir le concours se rajeunir, de revoir peut-être le nombre d’écrits, de créer des oraux collectifs. Nous devons évoluer avec la société. Sans tabou. Plusieurs écoles travaillent à des propositions que nous recevrons avant la fin de l’hiver », dévoile la présidente du Chapitre des écoles de management et directrice générale de Skema, Alice Guilhon dans Challenges, tout en insistant : « Si changement il y a, il se fera main dans la main avec les classes prépas et l’Aphec ».

 Aujourd’hui deux points cristallisent une certaine opposition entre les écoles et les professeurs de classes préparatoires. Le premier : la volonté d’HEC de ne plus organiser d’épreuve de contraction de texte. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle disparait : d’autres écoles peuvent prendre le relais et Ecricome la conserve.

L’autre point d’achoppement est beaucoup plus structurel. La banque de langues Elvi et ses écoles conceptrices (emlyon BS, ESCP, ESSEC et HEC Paris) considèrent en effet que l’épreuve de traduction ne convient plus pour leurs écoles. « Au contraire nos professeurs de langue la considèrent comme essentielle. Leurs réactions sont donc vives alors qu’on nous assure qu’il ne s’agit que de pistes de travail », explique Alain Joyeux, le président de l’Aphec. Aujourd’hui un groupe de travail s’est constitué avec notamment l’inspection générale de langues et des représentants de l’APHEC. Il va auditionner tous les acteurs pour prendre une décision au plus tard en septembre prochain. « Certaines écoles nous disent qu’elles veulent valider d’autres compétences que celles que donne la traduction. Mais les concours post prépas doivent-ils valider ce qu’on apprend en classe préparatoire ou ce qu’on apprend après. Pour nous les concours sont là pour évaluer l’enseignement de prépa », rappelle Alain Joyeux.

Faire vivre les quatre parcours. D’autant que bien d’autres propositions sont sur la table. Notamment pour favoriser l’entrée des élèves dans les classes préparatoires ECG « mathématiques approfondies ». Celles-ci pourraient en effet souffrir de la concurrence des ECG « mathématiques appliquées » si les écoles ne prouvent pas leur intérêt pour leurs élèves. Avec des quotas comme les écoles du concours Ecricome en ont pour les classes préparatoires littéraires et les écoles d’ingénieurs pour les MP-SI, PC-SI, PT-SI etc. ? « Les épreuves des concours 2023 s’adapteront à leur tour aux évolutions des programmes et de l’organisation des CPGE, sans que cela représente une révolution. Comme aujourd’hui, chaque discipline enseignée en CPGE aura au moins une épreuve à l’écrit du concours BCE et l’esprit général des épreuves actuelles sera préservé », précise justement dans un communiqué la BCE qui ajoute que « les coefficients des différentes épreuves évolueront en fonction des choix de chacune des écoles, qui mettent pour certaines davantage l’accent sur les langues, sur l’économie ou la géopolitique, ou encore sur les mathématiques (avec pour certaines écoles un écart de coefficient significatif entre maths approfondies et maths appliquées), mais le total des coefficients sera toujours de 30 ».

  • Le 26 mars 2021 la troisième édition de la journée « Continuum CPGE/GE » organisée par l’APHEC, l’Edhec et HEADway, sera largement consacrée aux évolutions des concours.
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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