UNIVERSITES

Quand IAE et écoles de management se ressemblent de plus en plus…

Preuve s’il en fallait qu’institut d’administration des entreprises (IAE) et écoles de management partagent de plus en plus de points communs, l’IAE Toulouse est le premier à avoir choisi de prendre une marque similaire en devenant tout récemment la Toulouse School of Management (TSM). Son directeur, Hervé Penan, nous explique comment cela reflète mieux ce qu’est devenu son IAE.

Olivier Rollot : Pourquoi avoir rebaptisé l’IAE Toulouse en Toulouse School of Management (TSM) ?

Hervé Penan : Une marque doit traduire la réalité d’une organisation et de sa stratégie. Depuis les sept dernières années, l’IAE Toulouse a changé. Nous avons internationalisé notre corps d’enseignants-chercheurs en recrutant des collègues étrangers ou des collègues français possédant une expérience internationale significative. Nous avons également recruté des personnels administratifs ayant réalisé une partie de leur carrière à l’étranger. Nous avons internationalisé notre offre de formation : dans chacun de nos départements, nous proposons au moins un master dispensé intégralement en langue anglaise. Dans certaines filières comme en finance, tous nos diplômes sont proposés en anglais. Il fallait que la marque traduise de manière claire cette réalité, c’est la raison pour laquelle que nous avons créé Toulouse School of Management, une marque ombrelle pour toutes nos activités d’enseignements et de recherche.

O. R : Cette nouvelle marque vous différencie fortement de l’ensemble des autres IAE, réseau que vous avez d’ailleurs contribué à promouvoir en le présidant au début des années 2000 !

H. P : L’enseignement supérieur français a changé dans une période récente. L’autonomie des universités a modifié les rapports des institutions à leurs tutelles, le rôle des différents réseaux, les sites universitaires se sont également transformés en profondeur. La question de la marque se détermine d’abord par rapport aux caractéristiques d’une institution et à sa stratégie et non par son appartenance à un réseau, quel qu’il soit.

Nous avons la chance d’être une composante d’une université homogène, d’une grande stabilité en matière de gouvernance, d’une grande cohérence dans les objectifs poursuivis. L’Université Toulouse Capitole est une université de recherche résolument ouverte à l’international, notre marque est d’abord et avant tout en cohérence avec celle de notre université.

O. R : Votre réputation à l’international tient aussi à la qualité de votre école doctorale.

H. P : Là encore, notre école doctorale, dont nous avons fêté les dix ans d’existence l’année dernière, est organisée selon les normes internationales. Tous les enseignements, du master recherche aux séminaires de spécialités, sont proposés en langue anglaise. TSM Doctoral Programme accueille 70 doctorants, tous financés, qui préparent leur thèse sur une durée moyenne de 4 ans, un tiers d’entre eux sont étrangers. Tous nos docteurs sont en poste dans des institutions d’enseignement supérieur et de recherche en France ou à l’étranger. Notre réputation internationale en matière de formation à et par la recherche vient également de la performance de notre laboratoire de recherche (TSM Research), l’une des rares UMR (unité mixte de recherche) CNRS de gestion en France avec Paris-Dauphine, HEC, et I3.

O. R : Il y avait déjà la Toulouse School of Economics (TSE), la Toulouse business school (TBS), maintenant TSM c’est aussi important de mettre en avant la « marque » Toulouse aujourd’hui…

H. P : Nous avons la chance de disposer d’un environnement économique et scientifique très favorable dans notre ville et notre région. Toulouse est une ville perçue positivement, comme une ville d’énergie, d’innovation dans laquelle il fait bon vivre. Il est donc naturel que nous valorisions cette marque, certains de nos étudiants ont relevé avec beaucoup d’à propos que TSM pouvait aussi vouloir dire Toulouse State of Mind. Pour le reste et comme je l’ai indiqué précédemment, composantes de la même université, il y a une grande logique à établir TSM à côté de TSE. Nous partageons les mêmes objectifs et collaborons à de nombreux projets pédagogiques et scientifiques.

O. R : TSM et TSE partagent des enseignements ?

H. P : Bien sûr, les deux premières de la licence économie-gestion sont communes aux deux écoles, les étudiants choisissent ensuite leur voie et se dirigent soit en licence d’économie à TSE soit en licence de gestion à TSM. Les Masters de TSM sont naturellement ouverts aux étudiants de TSE comme en particulier le Master de Finance.

O. R : Votre nom est maintenant proche. Qu’est-ce qui vous différencie des écoles de management ?

H. P : Nous partageons de nombreuses préoccupations avec les écoles de commerce, et en particulier la qualité de la pédagogie et la performance en matière d’insertion professionnelle. Je ne pense pas que l’on puisse comparer globalement les écoles de commerce et les IAE, les différences doivent s’apprécier au niveau de chaque institution, entre celles qui, quels que soient leurs statuts, ont une vocation régionale, nationale, et internationale. Pour notre institution, l’élément le plus différentiateur vis-à-vis de nos concurrents demeure notre organisation et notre performance en matière de recherche. Nous avons la volonté de faire de Toulouse une place forte de la recherche en gestion.

O. R : Vous n’en êtes pas moins concurrents !

H. P : Il est vrai que nous sommes en concurrence avec différentes institutions d’enseignement supérieur au niveau régional, national et européen. Elle est frontale en formation initiale, nos statistiques d’insertion et de niveau de premier salaire sont tout à fait comparables avec celles que l’on trouve dans les meilleures écoles de commerce. Sur les 750 diplômés de Master chaque année, 25 à 30% sont en emploi dans les trois mois, 60% dans les six mois et 85% un an après. Plus qu’en concurrence, nous sommes en réalité dans une situation de coopétition : en concurrence frontale sur l’offre de formation, en partenariat sur des activités comme l’executive education ou la recherche. C’est par exemple le sens de notre partenariat au sein de l’école doctorale avec TBS, une école qui montre une véritable volonté de produire une recherche du meilleur niveau.

O. R : Vous êtes concurrents mais, étant public, TSM est forcément beaucoup moins cher !

H. P : Nous proposons des formations au prix du service public mais notre différenciation repose d’abord sur l’ensemble des éléments que nous avons évoqués précédemment, la qualité de service, la professionnalisation, l’accompagnement des étudiants, les relations avec les entreprises. Plus d’un tiers de nos étudiants sont boursiers, c’est bien sûr une des statistiques dont nous sommes le plus fiers.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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