UNIVERSITES

Paris 1 peut-elle se réformer ?

« J’ai été nommé avec trois missions : classiquement les affaires courantes, l’organisation des élections et l’identification des foyers de blocages prenantes dans ses universités. » Sans langue de bois l’administrateur provisoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le professeur de droit Thomas Clay, est venu présenter la rentrée de son université.

Résoudre des blocages structurels. Thomas Clay établit un constat assez clair de l’état de son université : « Nous sommes une université qui connait des blocages structurels avec des examens qui n’ont pas pu être organisés depuis un certain temps. Le recteur a pensé qu’il fallait utiliser cette périodes de transition, avec la limite d’âge du président Haddad et le report des élections, pour avancer ». Et d’insister : « Il y a des forces d’inertie dans cette université qui n’en reste pas moins la plus attractive en Ile-de-France avec par exemple 17 000 candidats pour 600 places en droit. Mais il faut aussi noter un climat politique souvent difficile avec comme acmé cette année l’obligation votée au printemps par Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) de mettre la moyenne à tous les étudiants. Une mesure contre laquelle je me suis positionné ».  Il regrette donc que le président sortant, Georges Haddad ait demandé à la CFVU de se prononcer, ce qui est certes la norme mais n’était pas « forcément nécessaire en période de crise ». Et de rappeler qu’une « très grande majorité d’étudiants souhaite être évaluée dans les règles ».

Il aura donc fallu à Thomas Clay reprendre en main la gestion de services entiers de l’université pour qu’ils « respectent les règles » afin que la prochaine présidente – deux femmes le sont mais Thomas Clay ne le sera pas – puisse « travailler dans de bonnes conditions ».

  • Thomas Clay ne se prononce pas sur le principe dit « du tourniquet » – c’est aux « candidats de le mettre éventuellement dans leur programme » dit-il  – selon lequel la présidence de Paris 1 doit être assumée tour à tour par un représentant d’un des deux grands champs disciplinaires.

Face au Covid-19. Thomas Clay lui a d’abord dû gérer une rentrée en présentiel pour laquelle il constate que « les mesures sont strictement respectées sur les 25 sites en dépit de quelques erreurs maintenant dépassées ». Un système de caméras installé dans les 25 amphithéâtres permet aujourd’hui de basculer en partie en distanciel alors que les cas de Covid-19 sont limités à 57 chez les étudiants et 6 chez les personnels. Des mesures qui ont aussi un coût très important : 1,6 millions d’euros en 2020 pour l’université dont un peu plus de 320 000 pour les équipements vidéo. Et là encore rien n’est décidément simple à mettre en œuvre : au nom de leur droit patrimonial un petit nombre de professeurs s’y est opposé. La solution : leur proposer de ne pas se placer dans le champ de la caméra. Certains refusent. Nouvelle solution en cours : permettre de couper la captation pour les réfractaires.

Pour que les élections aient enfin lieu le principe du recours au vote électronique a été adopté une fois que le décret le permettant ait été publié fin septembre. Le prestataire retenu, Neovote, a fait ses preuves en assurant déjà la régularité des élections à Paris-Saclay. Un coup de 35 000€ mais aussi « l’espoir d’une plus large participation, notamment chez les étudiants, pour donner une plus grande légitimité au nouveau président » selon les mots de Thomas Clay.

  • Fin novembre l’élection du nouveau président se fera par voie électronique. L’élection aura lieu le 17 décembre. En 2021 l’université fêtera ses 50 ans.

Deux autres crises à résoudre. A son arrivée à la tête de l’université le premier geste de Thomas Clay a été de porter plainte au pénal dans l’affaire de la thèse plagiée Arash Derambarsh. De plus il en a informé la présidente du conseil des barreaux et le bâtonnier de l’ordre des avocats. Il n’a à ce jour reçu de réponse « ni de ces deux responsables, ni du parquet ». Pour autant l’université est en passe – et elle avait déjà commencé à le faire avant l’affaire – de transformer totalement ses procédures pour « garantir la bonne composition des jurys de thèse ».

Autre crise : les propos d’un professeur d’histoire de droit qui affirmait que le mariage pour tous est un prélude au mariage entre hommes et animaux. Alors que le Garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti, a dit vouloir diligenter une enquête l’université « n’a pas de nouvelles ».

  • Ce sera une révolution dans les pratiques : dès novembre la paye des vacataires de Paris 1 devrait être mensualisée.
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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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