CLASSES PREPAS, ECOLES DE MANAGEMENT

Prépas ECG : l’APHEC ne veut pas précipiter une « réforme de la réforme »

Suite à un sondage auprès de ses adhérents concernant une éventuelle nouvelle réforme de la filière ECG, 60% des 817 professeurs qui se sont prononcés s’opposent à une nouvelle réforme de la filière générale. 40% sont ouverts à une éventuelle réforme sous certaines conditions. L’Association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC) appelle donc le gouvernement à ne pas « imposer une nouvelle réforme des CPGE ECG contre l’avis de la majorité des professeurs ».

Rappelons le contexte. La baisse de 13% des inscriptions en classes préparatoires ECG en 2021 a profondément inquiété l’ensemble de la filière. S’ils semblent se stabiliser en 2022, les effectifs restent significativement en deçà des effectifs que souhaitent recruter les écoles de management. Les premiers chiffres d’inscription dans les concours des écoles post prépas semblent marquer une baisse d’autant plus prononcée que les écoles sont moins renommées.

Dans ce contexte, la plupart des écoles de management demandent que la filière soit une nouvelle fois réformée. En cause notamment sa trop grande complexité – quatre filières au choix -, et un poids trop important donné aux mathématiques alors que le nombre de lycéens formés est en forte baisse. Les experts de l’IGESR envisageraient donc, à l’image du nouveau bac, de proposer des prépas « à la carte ». Les élèves pourraient ainsi choisir de suivre plus ou moins d’heures de mathématiques ou de culture générale. Mais, à l’image de la réaction des professeurs de lycée face à la réforme du lycée, les professeurs de classes préparatoires craignent de perdre des heures de cours. De plus, arguent-ils « alors même que la CPGE ECG a besoin de lisibilité, la modularité envisagée va créer encore plus de complexité, au détriment de l’attractivité ».

Donner du temps à la réforme. L’APHEC établit également que « la précédente réforme n’a que deux ans et les premiers étudiants de la voie ECG réformée n’ont pas encore passé leurs concours ». Le gouvernement lance donc sa réflexion pouvant conduire à une nouvelle réforme « sans réelle évaluation de la précédente ni même attendre les effets des ajustements du lycée qui entreront en vigueur en 2023 ». Deux réformes successives en deux ans ne pourraient que « fragiliser un peu plus la filière ».

Qu’ils refusent le principe d’une réforme ou qu’ils soient prêts à la discussion, les professeurs de CPGE sont de tout façon opposés à ce que soient remis en cause :

– l’équilibre entre les quatre piliers de cette formation pluridisciplinaire que sont les langues vivantes, la culture générale, les mathématiques et les sciences humaines (économie, sociologie, géopolitique et histoire du monde contemporain) ;

– les postes des professeurs en CPGE : ils refusent en particulier les sous-services qui auraient notamment pour conséquence une forte diminution de leurs revenus et une précarisation de leur statut ;

– l’égalité entre les lycées comportant des classes préparatoires : la modularité ne « pourrait conduire qu’à creuser les inégalités entre les établissements, donc entre les territoires ».

Un malaise plus profond. Aujourd’hui les lycéens et leur famille s’interrogent sur l’intérêt de passer par une classe préparatoire pour accéder aux grandes écoles qui ont multiplié les autres voies d’accès. Pour relancer l’attractivité de la filière es professeurs appellent à :

– l’attribution par les écoles du grade de licence en fin d’année pré-master, de manière à rétablir un équilibre avec les bachelors qui, eux, bénéficient de ce grade ;

– une meilleure identification de la valeur ajoutée des CPGE et de leur reconnaissance dans les parcours des étudiants issus de CPGE dans les grandes écoles;

– la diversification des débouchés à l’issue d’une CPGE ECG à l’instar d’autres filières.

  • L’APHEC demande enfin que le gouvernement d’une part et les écoles d’autre part mettent en oeuvre une véritable campagne de promotion des CPGE à travers tout le pays.
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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

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