Le futur campus du Pôle Léonard de Vinci à Nanterre où sera implantée l’EMLV
« En 2030 l’EMLV ambitionne d’être présente sur quatre campus européens, de recevoir 600 étudiants de plus pour atteindre les 4 400 – dont 30% d’internationaux – avec 85 enseignants-chercheurs – 60 aujourd’hui – tout en développant sa formation continue. » Directrice générale de l’EMLV, Valérie Fernandes résume ainsi son nouveau plan stratégique « EMLV 2030 Beyond Boundaries ».
Changement d’échelle. Depuis 2023, l’EMLV a accéléré sa mutation. L’école a d’abord diversifié son offre avec huit Masters of Science en plus du Programme Grande École, tout en poursuivant son développement territorial. Historiquement implantée à Paris-La Défense, elle ouvrira prochainement un nouveau campus à La Défense et s’est déjà déployée à Montpellier avant une arrivée à Nantes.
Cette montée en puissance s’accompagne d’un repositionnement assumé. L’école revendique désormais une identité « hybridée entre le management, la technologie et la société », héritée de son appartenance au pôle Léonard De Vinci aux côtés d’une école d’ingénieurs, l’Esilv, et d’une école de création digitale, l’IIM.
Les chiffres traduisent cette dynamique : effectifs en hausse de 15 % en trois ans, 22 % d’étudiants internationaux, plus de 150 partenaires académiques dans le monde et une recherche en progression avec « plus de 62 % des publications dans des journaux classés ». « L’intégration au groupe AD Education fin 2024 renforce encore cette stratégie internationale, avec un réseau européen présent dans neuf pays et plus de 42 000 étudiants », commente la directrice.
Beyond Boundaries, une réponse à un monde fragmenté. Intitulée « Beyond Boundaries » (« au-delà des frontières ») la nouvelle plateforme stratégique de l’école entend répondre aux bouleversements contemporains : intelligence artificielle, accélération des usages, fragmentation sociale, instabilité géopolitique ou surcharge informationnelle.
Face à ce constat, l’EMLV veut construire « un modèle éducationnel qui permette effectivement de relier ces mondes ». Quatre frontières sont identifiées : disciplinaires, pédagogiques, géographiques et intellectuelles. Toute la stratégie 2030 repose sur cette logique de décloisonnement.
L’IA au cœur de la formation. Premier axe stratégique : renforcer l’hybridation des compétences. L’école veut former des profils capables d’évoluer à « l’intersection du management, de la technologie et des enjeux sociétaux ».
L’intelligence artificielle occupe une place centrale dans cette transformation. Avec le projet « AI Shift », l’objectif est de faire passer les étudiants « d’une IA de consommation à une IA de production ». Selon une enquête menée par l’école, « 95 % des étudiants utilisent l’IA au quotidien », mais pas toujours de manière maîtrisée.
Tous les programmes intégreront désormais des contenus liés à l’IA générative, au machine learning ou aux usages décisionnels. L’école prévoit plus de 50 modules dédiés et un investissement annuel d’un million d’euros dans les projets technologiques et l’innovation pédagogique.
Les certifications professionnelles deviennent également un pilier du cursus. Chaque étudiant devra obtenir au moins une certification reconnue sur le marché du travail afin de rendre les compétences « visibles et valorisables ».
Construire une pédagogie « engagée et engageante ». L’EMLV veut valoriser les compétences acquises hors des salles de cours grâce à un « skills portfolio », supplément au diplôme retraçant expériences associatives, stages, engagements ou certifications.
L’établissement entend aussi renforcer sa politique d’égalité des chances. Depuis 2023, la Cordée Mona Lisa accompagne des collégiens et lycéens de Nanterre afin de faciliter leur orientation vers l’enseignement supérieur. L’école consacre également 1,3 million d’euros par an aux aides sociales et bourses complémentaires.
Autre initiative emblématique : le concours « Facts First », destiné à développer l’esprit critique. Dans un contexte de désinformation et de surcharge informationnelle, les étudiants devront analyser des situations complexes à partir de faits vérifiés.
« La rigueur du raisonnement sera évaluée, pas seulement la réponse », précise Valérie Fernandes. Le dispositif repose sur une méthode en quatre étapes : focus sur la question, audit des faits, détection des biais et prise de décision argumentée.
Accroître le rayonnement académique et scientifique. L’EMLV mise notamment sur son centre de recherche interdisciplinaire commun avec l’ESILV, qui rassemble 120 enseignants-chercheurs. L’objectif est de croiser management et ingénierie sur des problématiques complexes : agriculture connectée, santé, finance durable ou énergies renouvelables. « Nous travaillons dans des secteurs fortement impactés par les évolutions environnementales et sociétales », explique la directrice de la recherche, Pascale Bueno Merino.
L’école souhaite également renforcer ses instituts d’expertise, notamment autour des crypto-actifs et des technologies futures, afin d’accroître sa visibilité scientifique et médiatique.
Cap sur l’Europe et spécialisations des campus français. Dernier pilier du plan stratégique : l’ancrage européen. L’EMLV prévoit quatre campus européens d’ici 2030. Deux sites associés ouvriront dès la rentrée à Madrid et Berlin, avant d’autres implantations dans de grandes métropoles européennes. « Nous sommes profondément européens », revendique Valérie Fernandes qui insiste aussi sur les « synergies offertes par le réseau d’AD Education ».
L’internationalisation ne se limite toutefois pas aux mobilités : « L’international, ce n’est pas seulement un lieu, c’est un état d’esprit ». L’école vise 30 % d’étudiants internationaux et 80 % d’étudiants ayant vécu une expérience académique à l’étranger.
En parallèle, les campus français de Paris, Montpellier et Nantes devront devenir de véritables plateformes d’innovation connectées aux besoins économiques locaux. Montpellier pourrait ainsi développer des spécialisations autour de la medtech, tandis que Nantes pourrait renforcer les formations liées au maritime.