Qui sont les managers d’aujourd’hui ?

Une étude d'Excelia BS fait le point

by Olivier Rollot

À l’heure où le manager est la fonction pivot pour conduire les transformations dans les entreprises, aurait-il le blues ? s’interroge le Lab des Futurs d’Excelia qui dresse avec Ipsos un état des lieux du vécu des managers en France en s’appuyant sur 1 200 d’entre eux : Être manager en 2026.

Premier enseignement : le management reste une fonction attractive, reconnue et investie :

  • 80%des managers interrogés recommanderaient cette fonction à leurs proches ;
  • 78%estiment qu’elleest essentielle à l’entreprise ;
  • 64%se disent confiants dans l’avenir de leur métier.

Mais le malaise des managers reste un signal faible à surveiller pour 45% des interrogés et une tendance forte pour 22%.

L’étude du Lab des Futurs révèle également un déplacement du centre de gravité de la fonction. L’image du manager idéal « chef d’orchestre » reste bien ancrée dans les représentations : 65% des répondants (70% pour les managers de proximité) l’associent à la figure de celui qui sait faire et fait faire. Mais la réalité quotidienne est toute autre et la fonction managériale est de plus en plus absorbée par des tâches relationnelles :

  • prendre soin de leur équipe et gérer les conflitspour 42% des managers ;
  • coacher l’évolution des collaborateurs(33%) ;
  • animer un collectif autour d’un sens commun et de valeurs partagées(30%).

Derrière la figure du manager organisateur s’impose ainsi celle d’un manager de la relation, sollicité pour réguler, accompagner et maintenir le collectif. En miroir de ce rôle, les qualités du manager idéal relèvent désormais du sens du dialogue, de la pédagogie (36%), de l’empathie (33%) et du pouvoir fédérateur (27%).

Oui mais qui prend soin des managers ? :

  • 51% se disent fatigués ;
  • 40%se sentent utilisés plus que valorisés ;
  • 40%se disent stressés ;
  • 34%se sentent seuls ;
  • 27% se disent vulnérables.

Quant à la place accordée à l’IA par les managers, c’est celle d’un outil d’appoint :

  • pourse décharger de tâches à moindre valeur ajoutée (41%) ;
  • pouraller plus vite (31%) ;
  • pourmieux gérer la complexité (18%) ;
  • pourêtre aidés dans leurs choix (15%).

L’étude montre ainsi une recomposition des rôles: à l’IA l’organisationnel, au manager le lien à l’autre. « En réunissant Excelia et ses partenaires — IFCAM, Safran et Onepoint — autour d’un même terrain d’observation et de travail, le Lab des Futurs éclaire concrètement les entreprises sur les mutations à l’œuvre et ambitionne de transformer avec ses enseignants-chercheurs, ce diagnostic en pistes d’action pour les entreprises et les managers. En lançant cette initiative, l’objectif est de renouveler la création de valeur à destination de notre écosystème sur nos territoires d’implantation », explique Onélia Lamarre, directrice générale adjointe marché entreprises, déléguée générale de la Fondation Excelia.

  • L’étude consacre également un focus aux moins de 35 ans. Pour cette génération, le management n’a pas tout à fait le même visage. Moins « manager coach », plus compétitrice, plus tournée vers le « Quick Win », elle apparaît aussi comme plus engagée dans la transformation. Leur rapport au management se situe entre ambition et déception, quant à l’IA, ils l’envisagent davantage comme un levier d’efficience… et de délégation du management !

Related Posts

Laisser un commentaire