Jérôme Méric
Ne dites plus la Cefdg (Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion) mais le Cefdg pour Conseil des établissements des formations et des diplômes en gestion au sein du tout nouveau département de l’enseignement supérieur privé du Hcéres. Ce conseil aura pour mission de produire des recommandations sur la doctrine d’évaluation et les guides d’évaluation du Hcéres. « Les écoles de management ne seront « pas fondues » ni « noyées dans une masse. Elles conserveront un pôle propre, un conseil d’orientation spécifique et une doctrine d’évaluation adaptée à leurs enjeux », établit Jérôme Méric, directeur du département enseignement supérieur privé du Hcéres.
Dans la ligne droite de la Cefdg. Les groupes de travail actuel de la Cefdg resteront au cœur du fonctionnement de cette nouvelle architecture et « deviendront le mode de travail principal du conseil d’orientation, en complément de deux à trois réunions plénières par an ».
Le passage d’un cadre à l’autre ne doit pas signifier une rupture brutale. Pour les formations évaluées dès la prochaine rentrée, la consigne est claire : se conformer au référentiel de la Cefdg. « Nous n’allons pas partir de rien », précise Jérôme Méric, qui souligne que la future doctrine d’évaluation s’appuiera sur l’existant, avec « quelques ajustements et quelques aménagements ».
La future campagne d’évaluation reposera sur des comités d’experts. Pour que ce modèle fonctionne, une exigence est placée au centre : l’équité : « L’équité des évaluations » doit devenir une valeur cardinale du dispositif ». La vigilance porte notamment sur les biais d’experts. La coordination des évaluations et la relecture des rapports auront donc une importance déterminante. L’enjeu dépasse la seule procédure administrative : si les évaluations ne sont pas équitables, « le jeu concurrentiel est faussé » et, par ricochet, « c’est la liberté d’entreprendre qui souffre ».
Un calendrier resserré. Le calendrier des évaluations s’annonce particulièrement concentré au début de l’année universitaire. Les établissements concernés seront évalués en septembre et début octobre, en raison de contraintes liées à Parcoursup. Désormais, la plateforme souhaite également publier uniquement les offres déjà visées ou gradées par arrêté. « Cela impose une chaîne administrative très resserrée : évaluations réalisées, arrêtés rédigés, passage devant le CNESER, puis publication sur Parcoursup. Les dérogations précédentes, qui permettaient d’étaler certaines auditions jusqu’en décembre, ne sont plus possibles », signifie Jérôme Méric.
Cette situation devrait toutefois évoluer si le projet de loi est adopté. Les évaluations des formations et des établissements pourraient alors devenir conjointes et mieux réparties dans le temps. Les campagnes concentrées du début d’année concerneraient surtout les formations post-bac en création, les extensions de sites et les demandes comparables.
Un projet de loi « équilibré ». « Nous sommes parvenus à un texte équilibré qui allège les évaluations», explique Jérôme Méric. S’il insiste sur l’objectif de simplification, notamment à travers l’allègement des procédures et les évaluations conjointes, Jérôme Méric rappelle que cette simplification ne « doit pas être comprise comme un relâchement des exigences. Il n’est pas question d’ouvrir le robinet de l’agrément ni de créer une inflation d’écoles agréées »
Le futur agrément, appelé à se substituer à la reconnaissance, est décrit comme plus exigeant et régulièrement réévalué. Là où la reconnaissance pouvait apparaître comme accordée durablement, l’agrément devra s’inscrire dans une logique de contrôle renouvelé. Un établissement pourra l’obtenir, mais aussi le perdre. Le texte porte ainsi l’idée d’une « progression » et d’une « amélioration continue » inscrites dans les nouveaux dispositifs.